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On ne demande pas aux Fu de se réinventer entre chaque release, bien au contraire. Après 5 ans de hiatus, on n’attendait des métalleux californiens natifs de Orange County rien de moins qu’une bonne grosse dose de ce qu’ils savent faire de mieux : à savoir du stoner bien gras. Le genre de truc qui fuzz dans tous les sens en flirtant avec le psychédélique. Et dans un sens, c’est exactement ce que Gigantoid a à nous proposer. 20 ans d’activité et 10 galettes plus tard, les Fu Manchu font résolument la musique qu’ils veulent nous faire. On aurait simplement aimé y trouver un peu plus de tripes.

C’est en réécoutant No one rides for free sorti il y a 20 ans, The Action is Go, ou même un Start the machine parut il y a tout juste une décennie que l’on se rend compte de la chose. Oui, les Fu sont moins vénères. Mais ils sont surtout moins entreprenants, moins dans l’excitation. Forcément. On aurait pourtant pu croire que cette pause créative depuis 2009 sur l’album Signs of Infinite Power, soit synonyme d’un retour en force. Que l’on s’entende bien, l’adresse reste bonne, et le job reste fait. Plié dans les règles de l’art. Mais ou est passé ce petit plus qui donne envie de poncer la galette jour et nuit comme les types déraisonnables que nous sommes ? L’intro Dimention Shifter annonce pourtant quelque chose de joli, alternant sans cesse les montées à grands coups de riffs d’une tonne, et les descentes de stase mid-tempo, teintées de petites douceurs psychés.

Entre ces phases de heavy pêchues que le peuple continue de réclamer, on retrouve toujours un certain groove, une rythmique parfois discrète qui ne dénature jamais le propos. Pas d’autotune de la honte, juste quatre mecs qui jam dans la plus pure tradition. Pas de mensonge, pas de too much, juste un desert rock organique qui ne s’embarrasse d’aucun artifice, et qui persiste et signe dans des lyrics bourrés d’autodérision. Anxiety Reducer incarne parfaitement ce que l’on a envie de retrouver après 5 ans sans album de Fu Manchu : du très bon headbangers, un Scott Hill au chant en pleine maitrise de son sujet, et des guitares bien glitchées assez crades. Pas de finitions clean, rien n’est lisse, et c’est aussi ça qu’on aime. Evolution Machine offre elle aussi une belle montée en puissance sinistre tout en retenue, comme on aimerait en voir plus souvent.

Autre temps fort dans la catégorie downtempo, la très bonne The Last Question étale son univers pensant sur 7 minutes d’excellente facture. Néanmoins, ce 11e album de la formation marque un essoufflement qu’il est difficile d’ignorer. À croire que les mecs n’ont plus la rage, ni l’envie. On pourrait même dire que ça patauge un peu dans la semoule, mais ce serait déshonorer deux décennies de légende. Prises dans le tourbillon de l’album, les différentes tracks ont bien du mal à s’imprimer dans le cerveau. Et ce, même après une bonne dizaine d’écoutes. Tout s’enchaine comme une grosse bouffée de 40 minutes, à tel point qu’on pourrait confondre le nouveau Fu Manchu avec une musique d’ambiance pour Skateshop qu’on écoute pas trop fort. Ce n’est d’ailleurs pas la partition drums de Scott Reeder qui ira réveiller les morts. Reste ce plaisir immuable de céder à ces riffs de géants, marque de fabrique d’un rock and roll tout droit venu de l’espace.

Fu Manchu Gigatoid - VERDICT

Par Random Hero le

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