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Free the Universe, de Major Lazer

Melting-pot enfiévré

Sacrilège sans nom pour une bonne partie des Jamaïcains, hybride décomplexé reggaeton savoureusement Dancehall pour le reste du monde, le Guns don’t kill people, Lazer’s do… de Major Lazer (aka Diplo x Switch) sorti en 2009 reste un de ces projets musicaux complètement fou comme on en a rarement vu. Quatre ans plus tard, de Major il ne reste que le producteur Diplo, accompagné des deux nouveaux compères Jillionaire et Walshy Fire. Un trio de feu qui s’est entouré d’influences musicales du monde entier pour réitérer l’exploit de 2009: créer un LP qui fait tomber les frontière aussi vite que les maillots. Gente dame et damoiseaux, préparer vous à jumper comme jamais.

Toujours sous les traits cartoonesque d’un commando cyborg jamaïcain, le DJ de Philly a une nouvelle fois su s’entourer des plus grands pour blaster la bonne parole aux 4 coins du globe. Le leid-motiv de Lazer? S’affranchir de toute notion de frontières en créant un projet qui n’a de constant que son inconstance sidérale, son insolence obsessionnelle, en clair son grand bordel assumé. Santigold, Bruno Mars, Flux Pavillion, Elephan Man, Vampire Weekend, le commando de featuring de Free the Universe nous fait dans un premier temps écarquiller les yeux, pour mieux propulser vos bras vers le ciel quelques secondes plus tard. Qu’on se le dise, cette inconstance souvent déstabilisante est à la fois la grande force et le talon d’Achille de Major. A des années lumières de la notion de musique cérébrale, Free the Universe se contente de balancer une sauce souvent brutale, bien grasse, et sans arrière pensées. C’est de l’immédiat. Du zéro prise de tête.

Sans sommations, on passe du classique reggae-posé de Jessica, où la voix saturée d’Ezra Koenig (Vampire Weekend) susurre en acoustique des lyrics humainement authentique, à Watch out for This, une hymne bruleuse de dancefloor tout droit venue des caraïbes, où trompettes, percussions et cie bombardent un beat 90’s enflammé qui avale deux décennies en 4 minutes 29. Tout ça avant de revenir à un Reach for the Stars mélodieux et délicieusement positif. Normal. Jet Blue Jet se charge de prendre la relève d’un certain Pon the Floor en martelant une rythmique diabolique, certes peu inspirée mais dont l’efficacité en live risque bien d’en mettre plus d’un (ou une) sur les rotules. Get free, la track suivante, nous fait redescendre en beauté avec la voix onirique d’Amber Coffman, chant d’oiseau au milieu d’une instrumentale planante à la construction aussi lente que savoureuse.

Bubble Butt avec Bruno Mars, Tyga & Mystic frôle la fausse note. Si la ligne de basse épurée et droit-au-but laissait augurer le meilleur des influences hiphop du titre, les lyrics franchement honteux flinguent carrément le plaisir d’une piste qui s’apprécie à la grosse limite en plein trip LSD, tout seul, en loosdé devant une enceinte au fond de la salle. Même constat pour Sweat avec Laidback Luke, qui balance un beat lobotomisateur qui fait littéralement mal au crâne. Jah No Partial reprend heureusement les hostilités avec classe, en servant une nouvelle preuve de l’efficacité redoutable du combo Dubstep / Reggae. Du gros stadium-ready, que seul les éternels allergiques dubstep continueront à bouder. Enfin Wind Up avec Elephant Man referme le voyage en beauté avec un titre gorgé de soleil qui s’apprécie réellement au dessus de 30 degrés ! Dancehall, Reggae, Rap, Electro, Dubstep, Diplo joue et nous éclate sur tous les terrains, quitte à faire une musique qui sera loin de faire l’unanimité. Et si certaines track restent clairement en dessous, Free the Universe remplit largement le contrat: faire un album décomplexé, sans limites ni frontières, qui s’écoute jusqu’au petit matin.

Major Lazer FTU - VERDICT

Par Yox le

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