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Flashlight, de Bonobo

Monkey Business

En 2001, Simon Green lâchait ce qui restera comme l’un des meilleurs albums trip-hop de la création. Dial M for Monkey est une bombe ambiante. C’est un album qui vous prend par la main en fin de soirée carabinée, avant de vous entrainer dans les différentes strates de ses mélodies complexes. Chacune des écoutes vous révèle un nouveau secret, une nouvelle subtilité que vous n’aviez pas entendu avant, et qui va complètement transfigurer le morceau dans vos têtes. Cet album représente le chill par excellence. Un bouton pause, qui emporte avec lui tous vos sens. Ça ne saute peut-être pas tout de suite aux yeux, mais c’est ce qui fait de Bonobo un génie dans son domaine. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le Britannique originaire de Brighton est devenu le cheval de course de l’écurie Ninja Tune. Une fois de plus, c’est aux côtés du prestigieux label que Simon Green revient avec un tout nouvel EP, qui s’inscrit dans la droite lignée de son précédent album.

Ce qui en soit, reste un excellent gage de qualité. Sorti il y a déjà presque deux ans, l’album The North Border est ce que l’on appelle un succès critique et commercial, porté par des singles de qualité comme Cirrus, ou encore la très jazzy Heaven for a Sinner. Depuis, le phénomène n’a fait que s’accroitre, notamment grâce à une tournée live phénoménale, qui a propulsé notre cher Simon sur les routes de près de 30 pays, à la rencontre de près de 2 millions de spectateurs. Avec à chaque fois, la promesse d’un show élaboré en live, avec toute une bande de musiciens. La prouesse est donc double. Bien qu’il ne soit pas le premier à fédérer un public live en jouant des sets de trip-hop, l’énorme succès de sa tournée dénote avant tout le talent d’un artiste complet. Bien loin de la sécurité d’un studio d’enregistrement, Bonobo a pris de gros risques. Des risques que l’on ne retrouve hélas pas dans l’ADN de ce nouvel EP.

De retour dans sa bulle, Simon Green renoue avec tous ses automatismes. Comme pris par le défi d’envergure de son live tour, son travail sur ce nouvel EP laisse un arrière-gout déjà entendu. Ce qui est loin d’être une mauvaise chose. Comme dit l’adage : on ne change pas une formule qui marche. Mais n’oublions pas non plus qu’il est parfois bon de malmener un tant soit peu son audience. La prendre à revers, lui donner quelque chose qu’elle n’attendait pas. Comme ce fut le cas avec l’excellente Kiara de l’album Black Sands, qui prenait une escale dépaysante au pays du soleil levant. Cette fraicheur, Flashlight en est dénuée. Pour autant que l’on sache, il pourrait simplement s’agir de morceaux qui n’avaient pas passé le montage du dernier album. Ce qui on le répète, est loin d’être une mauvaise chose pour un EP de transition.

Vous ne serez donc pas surpris de retrouver la fameuse construction en étages sur Flashlight, ou encore Pelican. On prend une boucle de base, et on y incorpore progressivement une bassline, des percussions, quelques sonorités qui viennent décorer le tout, jusqu’à ce que la magie opère enfin sous nos yeux ébahis. Une fois de plus, on garde le même feeling que dans ces restos japonais, où le chef se met à jongler avec des crevettes avant de créer votre plat sous votre nez. On a l’impression d’assister à toutes les étapes, du balbutiement de la piste, jusqu’au produit fini. Cette technique de coupage, montage et collage est une fois de plus maîtrisée à la perfection, et distille la juste dose d’émotions pour décrocher totalement de la réalité. Et ce n’est pas le groove de Return to Air qui nous fera changer d’avis. La bonne nouvelle, c’est que Bonobo n’a pas perdu sa recette. On attend désormais de pied ferme la suite du plat de résistance.

Bonobo Flashlight - VERDICT

Par Random Hero le

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