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Evolution, de Uppermost

Too much, Too soon

On va commencer par dire qu’on adore Uppermost. Réellement, Behdad Nejatbakhshea fait définitivement partie de ces mecs qui te donnent envie de continuer à y croire. Il se donne depuis la fleur de l’âge, il est hyperactif, il est indépendant, mais il est surtout talentueux à en crever. On n’est cependant pas vraiment client de sa Revolution, en marche depuis maintenant deux albums. Lui qui nous avait conquis avec une musicalité démente entrecoupée d’apartés aériens toujours bien amenés, s’est depuis rangé progressivement dans ce qui s’apparenterait à une branche quelque peu générique de notre bonne vielle French Touch. Résultat ce n’est plus aussi percutant, et ça laisse cet arrière-gout de déjà entendu. Où lorsque la démonstration prend le pas sur l’émotion.

Un peu à l’image d’un Surrender, Uppermost n’a pas inventé la sauce, il connait juste bien ses classiques : de Daft Punk à Justice en passant par un certain Burial. Sa force, il l’a puise dans des sons qui mettent un point d’honneur à toujours faire preuve d’une grande fraicheur. Sa musique parle d’elle-même, à la fois easy-to-listen et complexe dans sa forme. L’effet est immédiat : c’est un médicament contre l’ennui, un truc qui rend le monde plus beau et qui donne envie d’avaler chaque seconde comme la dernière. C’est la retransmission d’une véritable passion pour la musique dans sa plus pure expression. Le mec a d’ailleurs tellement fait d’albums et d’EP en 5 ans qu’on a arrêté de compter. Aujourd’hui Uppermost est de manière assez évidente à un point dans sa carrière où les réjouissances des premiers jours ont laissé place à une période de recherche et d’expérimentations. Un changement de cap qu’il partage directement avec son public par le biais de ses deux derniers albums notamment, mais aussi de la flopée de sons que le jeune homme lâche gratuitement un peu partout sur le net.

Chez Uppermost, rien ne reste très longtemps sur un disque dur. Les tracks sont généralement lâchées dans la nature, de manière à pleinement servir leurs propos. Ce qui dans un sens, est toujours mieux que de croupir en attendant une réédition en période d’inspiration creuse. Cette manière de travailler, de partager, c’est clairement ce qu’on aime chez le bonhomme. Mais c’est aussi dans le cas présent, ce qui peut donner à Evolution un gout d’inachevé. Les tracks sont bossées, pas de discussions là-dessus, mais la direction générale de l’album manque de recul, de finitions, et parfois de créativité. Last Codes est un miroir quasi conforme de Blasted, qui servait d’ouverture au très bon album One. C’est du punchy ambiance saturée à la SebastiAn tout ce qu’il y a de plus réglo. Même constat pour Street Flash, qui lorgne du côté d’un Teenage Bad Girl en petite forme. Quant à Format Funk, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un lointain remix de Funk Transition, paru sur l’album précédant. On capte bien évidemment la référence aux robots casqués avec Da Funk, d’autant plus que la track elle-même est emplie d’un parfum EDM rétro. Le tout relève pourtant plus de l’imitation de ce qui se faisait sur la scène électro il y a 15 ans, qu’une vraie track que l’on pourrait apprécier pleinement en se l’injectant dans les oreilles, comme on s’envoyait les trois premiers albums d’une traite.

C’est d’autant plus frustrant, tant on retrouve la patte Uppermost sur bon nombre de tracks de l’album. Side Effect, Left Unsaid et Fly renouent à ce titre avec les cieux. On retrouve cette envie de taper une posture Titanic du haut d’un balcon, ou bien de rouler avec les vitres ouvertes les cheveux dans le vent, comme l’avait entre autres fait Gather ou Differents sur l’album One. Même constat pour Always Begin, qui jouit par ailleurs d’une construction par strates méthodiques des plus plaisantes. Dans le fond, Uppermost appartient à Behdad avant d’appartenir au peuple. Et si l’ont se doit d’accepter le virage artistique entrepris par le garçon, on est en revanche plus perplexe, voire carrément hermétique, quant à certains aspects de la proposition qui nous est faite. On le préférait dans la singularité, aujourd’hui le producteur se fond quelque peu dans la masse. De manière assez contradictoire, Uppermost reste pourtant une valeur sure qui a le pouvoir unique de passer partout, tout le temps. La preuve que Behdad n’a pas encore perdu le Mojo. Car dans un sens, Evolution reste de par ses multiples influences un album plus complet que ses précédentes itérations. Un meilleur album électro dirons-nous, pour un moins bon opus d’Uppermost.

Uppermost Evolution - VERDICT

Par Random Hero le

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