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Le vent qui souffle, des cris de mouettes faisant écho aux froides côtes anglaises en guise d’intro, ça sent le mal du pays pour les mecs de Kaiser Chiefs. Désistés de la présence du compositeur / batteur Nick Hodgson, l’échec cuisant de l’album précédant à peine essuyé, les Anglais de Leeds sont aujourd’hui sur le retour. Plus précisément le retour aux sources, d’après leurs dires. Mais ça veut dire quoi au juste ? Les sources du genre ? Pas vraiment. Les sources de leurs succès ? C’est plus probable. C’est bien connu, la meilleure défense c’est l’attaque. Pas de détours, ni d’entourloupes : ce cinquième album affiche un côté stadium ready à peine dissimulé. Un truc qui braille pour se faire remarquer. Pas d’originalité dans ce Education Education Education & War. Simplement la recherche du job fait, et accessoirement du hold-up de charts UK.

À bien y regarder, les Kaisers n’ont jamais vraiment rien sorti de bien transcendant. Le peuple se rappelle surtout du premier album Employment avec la puissante I Predict a Riot. Il y avait aussi Yours Truly, Angry Mob et son lead single Ruby qui avait violenté l’année 2007. Mais depuis plus grand-chose. Et déjà à l’époque, il y avait ce sentiment de dépassé chez les Kaisers, voir complètement fake. On ne parle pas de ces mélodies qui collent au cerveau, ni même de ces refrains tapageurs dont Ricky Wilson a le secret. C’est plus dans les thèmes abordés, le côté pseudo-engagé blindé de réverbérations vénères de la classe travailleuse anglaise. Les lyrics ne manquaient pas de substances, mais le propos était un peu daté, déjà poncé par toute une génération de légendes qui se suffisent à elles-mêmes. Les Kaisers n’ont jamais rien fait de plus qu’en rajouter une couche, enfoncer des portes ouvertes. Mais c’était fait avec le sourire, et surtout ce côté furieusement entrainant qui donnait quand même envie d’adhérer au truc. Les choses n’ont pas beaucoup changé depuis. La ferveur est là, mais le message inexistant. Les Working Class ne sont plus qu’un simple gimmick inhérent au genre, sensés faire écho aux Blur et autres Pulp, sans ne jamais constituer une tribune réelle sur l’état de l’Angleterre moderne.

À croire qu’il n’y aurait plus rien à dire, et qu’il ne se passe plus rien politiquement dans le pays. Je veux dire, on est pas forcément obligé de parler politique quand on fait du rock anglais, mais lorsque le titre de l’album fait directement référence à un discours de Tony Blair et que la formation se veut résolument engagée, on est en droit de s’attendre à autre chose que des « Politicians and Children first » qui prêtent simplement à sourire, ou bien que le discours poussif de la fin de Cannons. Un truc d’un peu plus concret quand on gratte sous la surface, au-delà des boucles catchy qui sont par ailleurs d’excellentes factures, pas d’arguments là-dessus. On tenait peut-être là une solution alternative pour vendre des disques. Peut-être même mieux que la promo The Voice du leader, qui reconnait volontiers s’être inscrit dans le jury de l’émission pour vendre son prochain album. Je sais ce que vous pensez : une bien triste époque. Et vous avez raison. Reconnaissons tout de même que c’est toujours mieux que l’opus The Future is Medieval, qui donnait à l’acheteur le droit de choisir 10 sons parmi 20 compos, et de créer ainsi son propre album. Ce qui en soit doit réellement être l’idée la plus merdique que j’ai entendue de toute ma vie.

Education Education Education & War a au moins le mérite de se recentrer, et d’offrir toute une flopée de titres qui font effectivement le job de manière plus que respectable. Ça commence par The Factory Gates, qui compense son côté caricatural par une construction en béton armée qui aspire l’auditeur dans une spirale d’énergie. Coming Home et Roses remplissent à merveille leur rôle de break dans l’album. Mysery Company et son rire de maniaque fonctionne à merveille, Ruffian on a Parade satisfait à tous les niveaux avec sa rafale de kicks ravageurs, et la très sympathique Bows and Arrows constitue quoi qu’on en dise un single en puissance. Il est vrai que ça fait pas mal de prêt-à-écouter à la Muse, mais on parle tout de même d’un groupe qui a squatté la première partie de U2. Donc tout est dit. Si il y a vraiment des gens qui écoutent encore du rock anglais par ici, je veux dire mis à part Arctic Monkeys, on se tournera plus probablement vers le dernier album de Maximo Park.

Kaiser Chiefs EEEW - VERDICT

Par Random Hero le

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