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Le ciel serait-il si sombre que ça pour Big Sean ? Révélé au grand public grâce à son premier album Finally Famous, le rappeur de Detroit a toujours été très bien entouré, soutenu par des producteurs de renom comme Kanye West ou encore No I.D. S’il est parvenu à s’imposer dans le paysage musical, il n’a jamais eu la régularité et la consistance des plus grands. Avec Dark Sky Paradise, son troisième album, Big Sean livre enfin le projet qu’on attendait de lui. Celui qui permet de confirmer qu’il ne sera pas simplement un rappeur éphémère, condamné à vivre dans l’ombre de ses collègues.

Dire que Big Sean revient de loin n’est pas un doux euphémisme. Dire que Hall Of Fame, son second album, s’est planté en beauté ne l’est pas non plus. Plombé par une communication hasardeuse et un manque évident de titres fédérateurs, l’album n’a convaincu ni le public, ni la critique. Seul l’excellent Control (sur lequel Kendrick Lamar s’amusait à déglinguer l’intégralité de son carnet d’adresses) est parvenu à marquer les esprits, alors même que le titre n’a jamais intégré la tracklist finale. Une bonne année de repos et de réflexion, c’est ce qu’il a fallu pour que Big Sean revienne sur les devants de la scène avec I Don’t Fuck With You, quatrième titre de Dark Sky Paradise, produit par l’omniprésent Dj Mustard, Kanye West, DJ Dahi et Key Wane. Si le succès de ce titre n’est plus à démontrer, il n’en demeure pas moins l’un des sons les plus prévisibles de Dark Sky Paradise, parce qu’il se repose sur un gimmick mainte fois utilisé et sur une production mainte fois entendue.

Disons qu’il fallait à Big Sean un titre porteur qui assurerait le succès de son nouvel album, histoire d’éviter un nouveau four qui lui aurait sûrement couté sa place au sein du label G.O.O.D Music. Voilà une dimension qu’il est facile d’oublier en écoutant ce troisième album : Big Sean joue très gros. Et puisqu’il joue très gros, il était nécessaire de revoir sa copie, d’embrasser à nouveau le succès avec un album aussi sombre que lumineux. Sur Dark Sky (Skyscrapers), Big Sean joue la carte de l’honnêteté, coincé entre la franchise et une dimension égocentrique propre au hip-hop. Il ne s’agit pas seulement de regarder son nombril et d’affirmer qu’il est le meilleur parce qu’il le pense. Il s’agit avant tout de le prouver, à travers plusieurs couplets mémorables. L’album donne la sensation que Big Sean s’est enfin libéré du carcan de ses idoles et que son écriture ne se résume plus à un mélange bâtard de Jay-Z et Kanye West. Son flow a gagné en rapidité et en efficacité, même si le contenu fera toujours grincer quelques dents.

Que ce soit sur Blessings, Paradise ou I Know, le rappeur s’enflamme très souvent sur des productions globalement satisfaisantes. Il parvient même à sublimer l’instru de Mike Will Made It sur Paradise. Et ce n’était pas gagné d’avance, compte tenu du récent travail de ce dernier. À l’image du titre de l’album, Big Sean propose un dualisme loin d’être indigeste, en enchaînant des légèretés comme Stay Down avec des ambiances beaucoup plus sombres comme sur le très bon I Know. Une cohérence musicale, voilà ce qu’il manquait à son précédent album et ce qui faisait défaut à Finally Famous. Un fil conducteur, l’hommage constant à sa défunte grand-mère, tutrice de surcroit, voila la dimension lyrique sur laquelle Big Sean s’appuie. Son travail fait mouche, puisqu’on en vient à facilement oublier les ratages que sont Deep et Play No Games, pour se concentrer sur des réussites comme One Man Can Change The World. Le ciel a peut-être été sombre pour Big Sean et si les portes du paradis ne lui sont pas encore ouvertes, on peut désormais affirmer qu’il a toutes ses chances pour y résider.

Big Sean - VERDICT

Par Sholid le

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