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Dans La Légende, de PNL

Dans l’ère du temps

Pour entrer dans la légende, il en faut beaucoup. Du talent, un peu de chance, pas mal de détermination, ce qui reviendrait à dire qu’il suffit d’être présent au bon moment, au bon endroit. Une concordance des temps qui négligerait ce qui fait la différence entre l’éphémère et le persistant : le génie. Vous venez de lire le mot « génie » dans un article consacré à PNL. Vos pulsations augmentent, vos nerfs se crispent, l’envie de tourner la page est de plus en plus pressante : la marque des grands, c’est de diviser pour mieux régner. S’ils sont définitivement dans l’histoire et que vous y êtes toujours hermétique, PNL n’aura rien de plus à vous offrir qu’un troisième album qui synthétise tout le travail accompli depuis QLF.

Dans les couloirs du hip-hop, il se murmure que l’autotune est au rap ce que la guitare électrique est au rock : un instrument décrié dans un premier temps, qui révolutionne pourtant tout un genre. De l’autre côté de l’atlantique, la tendance n’est plus à prouver depuis bien longtemps. Quand il sert à corriger les fausses notes émises par Britney Spears, d’autres s’en servent comme moyen de pousser les tonalités vocales dans leurs derniers retranchements. Lil Wayne, T-Pain, Kanye West, tous sont passés par là avec la réussite qu’on leur connaît. Plus récemment, Lil Durk et surtout Future ont marqué au fer rouge le genre, comme un soufflet infligé aux plus réfractaires, désormais bien obligé d’admettre qu’un style peut se construire sur l’utilisation de l’autotune. La fierté est de mise : le cas de PNL dépasse nos frontières parce que le groupe transcende un genre entier, aussi naturellement que vous métriez un pied devant l’autre. C’est difficile à accepter pour les oreilles qui baignent encore dans le traditionnel rap consciencieux de NTM et de IAM. C’est d’autant plus difficile à ingérer que la musique de NOS et Ademos, les deux frères du groupe, paraît aussi futile que vulgaire, aussi redondante que facile, aussi médiocre que les millions de vues de leurs vidéos.

Dans La Légende comme Le Monde Chico demande un investissement de taille : saboter ses a priori, ses attentes et surtout comprendre. Comprendre que derrière la vulgarité se cache la mélancolie, la tristesse, la détermination et l’envie d’un ailleurs. La musique de PNL est paradoxale, car c’est dans l’absence d’originalité que se construit tout son intérêt. Les productions sont génériques (des types beats payés quelques dizaines d’euros) et copient les plus grands succès de Drake et consorts. Le BPM est lent, les syntagmes inachevés, le langage est réduit à néant, teinté de culture populaire, les onomatopées sont légions et achèvent le réfractaire qui baigne encore dans les seize mesures, les allitérations et les textes de grande envergure. Album après album, les craintes sont les mêmes : si pour le moment PNL provoque autant la fascination que la division virulente, rien ne garantit que la lassitude ne se pointera pas d’ici quelques mois. Dans la légende, dans l’air du temps, ils le sont définitivement. La marque des grands, c’est de traverser son époque. Si le renouvellement est aux abonnés absents, la forme et le fond de l’univers musical de PNL atteignent, avec ce nouveau projet, une perfection qui leur est propre et qu’ils seront seuls à pouvoir faire évoluer. Récemment, les deux membres du Palmashow ont parodié PNL. Vous savez ce qu’on dit de l’imitation ? Elle est la plus belle forme de flatterie.

pnl-note

Par Sholid le

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