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Il y a vraiment un je-ne-sais quoi qui rend fou dans le premier album de Perturbator. Découvert sur la soundtrack électrique de l’excellent jeu Hotline Miami, le jeune franco-américain de 21 ans semble résolu à squatter les entrailles de ce titre ultra violent perdu dans les années 80. Un peu à l’image d’un Ryan Gosling sous stéroïdes dans Drive, ou bien d’un Kavinsky en excès de vitesse, Dangerous Days est un voyage dans le temps d’une rare violence. Jamais avare en grosses montées de BPM, c’est non sans une once de soulagement que l’on peut affirmer qu’il ne s’agit pas un énième album électro générique, bloqué à l’époque de Top Gun et des chemises à fleurs.

On ne pourra certainement pas reprocher au nouvel album de Perturbator de manquer de cohésion. Tout, absolument tout transpire ce côté eighties teinté d’hémoglobine dépeint sur la cover. Un véritable effet de mode, qui pourrait dans un premier temps jouer du tort au jeune James Kent. Il serait en effet facile d’enfermer Perturbator dans le registre Kavinsky-bis. Ce qui disons-le franchement, ne serait pas vraiment un cadeau compte tenu de la déferlante Outrun de l’an passé, qui a principalement eu pour effet de drainer à sec l’envie des foules de se replonger dans un énième délire proto-eighties. Malgré les mots Hotline Miami inscrits noir sur blanc sur son CV, Perturbator ne partait en ce sens pas vraiment gagnant. L’effet de surprise n’en est que plus grand, allant même jusqu’à filer un gros coup de vieux à notre Vincent Belorgey national. L’introduction Welcome Back / Perturbator’s Theme est à ce titre une bonne petite claque. Le genre de tracks qui montrent de suite à qui on a affaire : le garçon n’est pas là pour faire de cadeau, et ce, jusqu’à son final de 12 minutes.

Entre temps, c’est un peu l’orage sonique. Les synthés sont bien évidemment de sorties, mais ils ne sont pas seuls. Perturbator met en effet un point d’honneur à créer une musique avec les moyens actuels, imbibés de sonorités 80’s. On ne sera donc pas surpris de retrouver toute une palette de procédés bien de notre décennie, qui contribuent grandement à restituer cette ambiance noire, poisseuse qui bash dans tous les sens. La bonne nouvelle, c’est que rien de ce qu’il se passe sur cet album n’a sa place dans le mainstream. Et il s’en passe beaucoup de belles choses sur Dangerous Days, un peu à l’image d’un Future Club, Complete Domination, ou bien d’un She’s Young, She’s Beautiful, She’s Next. Des titres frénétiques qui rappellent que la musique du garçon ne tient pas en place. Elle est turbulente, frontale et part dans tous les sens. Mieux, elle se révèle être ultra référencées, distribuant sans compter des citations de films cultes comme Terminator dans la surhumaine Humans are such easy prey.

Sa jeune personnalité, Perturbator l’a avant tout construite sur des références solides de la pop culture. Un peu comme s’il avait aspiré une tonne de films et séries cultes, de Miami Vice à The Warriors, en passant par Blade Runner, avant de tout recracher dans une tempête d’électricité délectable. Au milieu de tout ça, l’ancien métalleux n’en oublie pas de défendre l’art de la mélodie avant celui du drop gratuit. La vague cyberpunk ensorcelante d’un War Against the Machine reste à ce titre une des plus grosses réussites de l’album. Même constat pour Minuit, un retour au calme qui s’offre tout de même une montée en puissance digne du Summer Madness de Kool and the Gang revisité. Un break bien mérité de ces riffs électroniques sans retenues, qui exercent une pression constante sur l’auditeur. C’est peut-être le résultat d’une fougue de la jeunesse, ou bien d’une volonté exacerbée de se faire entendre, quoi qu’il en soit : Dangerous Days fait preuve d’une générosité comme on n’en voit pas souvent. Un album loin d’être parfait, mais qui fait tout de même un putain de bon job.

Perturbator DD - VERDICT

Par Random Hero le

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