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Crosses, de Crosses

Chemin de Croix

Putain de Chino Moreno. Sérieusement, ce mec pourrait devenir cracheur de feu du jour au lendemain et ont serait toujours client. Si son offrande artistique et vocale dans Deftones l’a plus ou moins rendu intouchable, cela n’a jamais empêché personne de gentiment tailler le métalleux de Sacramento sur certains projets annexes plus douteux, que l’on a choisi de taire dans ces lignes. Crosses ne joue cependant pas dans cette catégorie. Toujours accompagnée de Shaun Lopez et du producteur Chuck Doom, cette troisième itération du groupe compte bien faire valoir la voix d’un projet qui ne plaira définitivement pas à tout le monde.

Et c’est justement l’un des trucs que l’on apprécie d’emblée avec Crosses. Chino Moreno étant Chino Moreno, le mec n’a clairement plus rien à prouver. De Team Sleep jusqu’au récent opus de Palms sorti l’an dernier, les différents side-projets du chanteur sont autant de pages blanches qui lui permettent d’explorer de nouvelles contrées. Il faut se rendre à l’évidence, si Chino Moreno avait voulu faire du Deftones, il ne serait pas allez se casser le cul à former 3 autres groupes sur la décennie passée, perdu entre des tournées mondiales dévastatrices. Difficile pourtant de se détacher de l’ombre colossale des cinq de Sacramento, qui brillaient encore il y a même pas deux ans avec un Koi No Yokan, que l’on écoute encore volontiers au terme d’une soirée bien chargée.

Il suffit que Crosses monte un tant soit peu le ton pour nous ramener à l’époque des White Pony et consorts. This is a Trick, Thholyghst ou encore Bitches Brew sont autant de prétextes où le monsieur laisse se déchainer ses cordes vocales que l’on aime tant. La voix est plus clarifiée, épurée, moins perdue dans la foule d’arrangements des albums Deftoniens. La construction qui en résulte est plus simple, mais pas simpliste pour autant. Si on se délecte toujours de ces montées en puissance caractéristiques, de ces moments de transes soniques et de ces explosions assourdissantes épisodiques, Crosses y appose ce voile ambiant un tant soit peu inquiétant, qui leur avait valu la grossière étiquette de Witch House dans les lignes de Pitchfork.

La comparaison avec un certain Trent Reznor de NIN n’est pourtant pas tirée par les cheveux, plus particulièrement dans les recoins sombres les plus hantés de l’album. On parle d’un Option, d’un Death Bell, ou encore un Nineteen Ninety Four qui déballe les acoustiques de papa au service d’une lente valse électro/rock fantomatique, à la tension palpable. Même constat pour Trophy et sa métastase qui vide instantanément le cerveau. Voilà le genre de sensation que Crosses est capable de procurer chez un type lambda. On pourrait dire qu’il tourne en boucle sur la fin, qu’il est infiniment trop long, que les lyrics sont clairement légers ou encore que les deux premiers EP du trio sont allègrement recyclés. Mais au final que reste-t-il vraiment ? Un projet honnête à la fois unique en son genre, et plutôt personnel. Et ça, ça force un minimum le respect.

Crosses - VERDICT

Par Random Hero le

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