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Court-Circuit, de Taipan

A crever les taipan !

Chaque première fois est importante. La première fois que tu prends une cuite. La première fois que tu entres dans la chatte du diable. La première fois que tu te rends compte que ton corps vieillit. La première fois que tu écoutes Taipan, tu t’en souviendras. Court-Circuit s’ouvre sur cette punchline qui décrit tout l’univers du rappeur du label de Youssoupha : « Y’a que deux choses qui m’intéressent : l’univers et la chatte. J’aime le premier bien large, la deuxième bien étroite ». Si t’as pas souri, t’es pas un vrai.

L’avantage avec Taïpan, c’est que t’as plus besoin de te taper les lyrics de ses sons sur le net pour comprendre le quart de ce qu’il dit. L’avantage avec Taïpan, c’est que contrairement au 3/4 du rap français, celui-ci dispose d’un univers atypique. Il faut faire un effort pour y entrer, mais une fois dans le trip, la récompense est ultime. Ainsi, il ne se passe pas un seul morceau sans qu’il y ait des rimes de dingue, qui te font réfléchir, qui te font sourire, mais qui te mettent aussi face à la connerie humaine. C’est aussi ça le talent de Taipan, taper là où ça fait mal !

« J’taffe mon son en scred comme Dewie, J’aime les trucs mongoles comme Emile Louis ». On pourrait passer des heures à vous citer des pépites dans ce genre. Des pépites qui nous font dire que Taïpan est actuellement l’un des meilleurs lyricistes français. Le MC nous enfonce au fur et à mesure dans son univers décalé. Les morceaux sont inégaux, mais la puissance de certaines tueries permet d’oublier ces quelques faiblesses. On pourra aussi se plaindre des productions, loin d’être aussi atypiques que l’univers du rappeur, mais c’est vraiment rien face au contenu lyrical de l’album.

On s’étonne même que des sons comme « Le monde est flingué » n’aient pas percé du tout à la radio. Peut-être que le pessimisme de Taïpan l’empêche d’enfoncer à coup de pied de biche les tympans de millions d’auditeurs. La dépression, l’artiste en revend à pleine dose avec des morceaux comme « 22/12 », « C’est beau de rêver » et « Bonne année ». A vrai dire, ce dernier morceau fait partie des meilleurs morceaux de rap de l’année.  Autrement dit, si tu ne l’écoute pas, tu loupes quelque chose. T’attends quoi. Un petit avant goût ? Okay : « A ton avis Walter, elle est con cette voix qui me dit de pas l’faire ? Hein on s’fait un doigt de fer. SI je gagne, je perds. Un click, un petit coup à vide, pour voir comme ça va vite. »

Mais Taïpan est avant tout un rappeur au second degré plus décapant que du White Spirit. Un humour corrosif qui se déguste avec des titres comme « Bas les pattes », « Il fallait que ça sorte », « T’es parfait » et le sulfureux « Plus rien à foutre ». Bref, la nouvelle école du rap français, celle qui s’est balancé des mandales lyricales à Rap Contenders, en a dans le ventre. Et Taïpan en fait partie. La preuve : « Dans vingt ans t’auras du mal de voir ta grand-mère avec un tatouage tribal au dessus du trou d’balle. Voir grand-mère en ville, voir grand-mère en string, voir grand-mère en streaming, les gars déconnez pas ! »

La révélation 2012 du rap français est là. Taïpan, un premier double album avec des morceaux originaux, un flow unique, des lyrics qui remballent tous tes rappeurs préférés, c’est l’album à ne pas louper. La surprise est telle qu’on lui pardonne aisément ses productions mollassonnes et des morceaux bouche-trou. C’est un petit pas pour l’homme, et un grand pour le rap français.

Taipan - VERDICT

Par Sholid le

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