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Codename X, de Excision

Des basses au micro-onde

Il y a deux ou trois ans, je vous aurais probablement dit que ce nouvel album d’Excision n’était pas dégueulasse du tout. Il est vrai que Jeff Abel n’a jamais vraiment été l’élément le plus sage de la scène dubstep. Un courant musical assez éphémère qui partait pourtant d’une bonne intention, mais qui s’est littéralement fait plomber par l’overdose de DJ qui ont voulu s’enfiler une part du gâteau, bien qu’ils savaient pertinemment qu’ils n’apporteraient jamais rien au bordel. Mis à part peut-être une énième salve de basses dégueulasses qui feront sauter 30 secondes des petites pucelles devant un mur d’enceinte. Maintenant que le vent tourne, il est forcément intéressant de constater qui sont les gens qui restent. Les derniers mecs à faire de la dubstep sont des survivants.

Excision en fait indéniablement partie, démontrant au passage qu’il n’a jamais menti sur son amour pour ce genre musical, qui s’est littéralement fait prendre d’assaut au début de l’année 2010. On ne dirait peut-être pas comme ça, mais il est vraiment difficile de faire de bonne la Dubstep. Ce genre existe par définition aux frontières du mauvais gout, et son amour pour l’abus de BPM relève parfois presque de l’autodérision. À tel point que vous pouvez basculer dans la merde insipide en un claquement de doigts, encore plus qu’avec un autre genre musical. Et c’est précisément ce qui a précipité cette scène vers la chute. L’overdose. Aujourd’hui, la majorité des DJ se sont soit reconvertis dans l’EDM de bas étages, soit se sont mis à éviter la Dubstep comme une infection de choléras. Finalement, l’échec de Codename X est plus un problème de contexte, qu’un véritable souci de qualité. Comprenez par là que l’album n’est pas foncièrement à chier. Il arrive simplement trop tard. Ou trop tôt. S’enchainer cet album d’une traite, c’est un petit peu comme vouloir s’enfiler quatre Bloody Mary, alors que vous venez de vous prendre la pire cuite de votre vie à la Vodka.

Même si c’est le meilleur Bloody Mary qu’on vous file de toute votre misérable vie, ça ne vous empêchera pas d’avoir une profonde envie de gerber toutes vos entrailles à la simple odeur de ce cocktail que vous avez pourtant adulé à une période de votre vie où les Bloody Mary n’étaient pas chers, et qu’ils coulaient à flot dans votre petit gosier en manque de jus de tomate et de Tabasco. Tout n’est donc pas à jeter dans cet album, bien que certains titres fassent état d’un taux de niaiseries que l’ont attendait franchement pas de la part d’un mec comme Excision. On pense par exemple à Out of Time, ou encore Night Shine, que l’on pourrait confondre avec l’Anthem d’un festival EDM rempli de petites pouffiasses qui balancent des confettis multicolores au ralenti, en levant les bras au ciel dans leur bikini rose bonbon pour dire au monde à quel point la vie est cool, et à quel point ce festival est génial et qu’elles adorent l’EDM de merde parce que c’est le seul truc qui leur font oublier que c’est la 5e fois de l’année qu’elles se font larguer, et que leur existence toute entière est une succession de putain de désastres.

On évitera également de parler de Robot Kitty, qui devient de plus en plus horripilante au fil des écoutes. Autant dire qu’au bout de la dixième fois, la saturation vous guette tapie dans l’ombre, prête à vous donner envie d’arrêter la dubstep pour de bon. Heureusement, Excision n’en oublie pas son domaine de prédilection. Celui qui l’a fait exploser avec le super groupe Destroid, formé avec Downlink et KJ SAWKA de Pendulum. Ce domaine, c’est la boucherie. Un défouloir pur et simple que l’on retrouve avec plaisir sur Codename X, Shadowflamme ou encore X-Up. Trois décharges de basses assez brutes qui montrent que le garçon en a encore dans le coffre. On pourrait aussi parler de Float Away, qui amène une espèce de légèreté stratosphérique assez rythmée, qui ferait penser à du ShockOne, un autre mec de la scène dubstep qui se fait oublier depuis quelques années. Peut-être pour mieux revenir, une fois que les Bloody Mary recommenceront à vous faire envie.

Excision - VERDICT

Par Random Hero le

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