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Club, de Para One

Une Passion Ravivée

Il y a 2 ans, Jean-Baptiste de Laubier faisait quelque chose de très beau. L’album Passion n’est pas vraiment un disque qualifiable. Il est difficile à caser sous une seule étiquette. Mais si on devait le résumer, on dirait que c’est avant tout le fruit d’une sincérité et d’une spontanéité rare. Le testament plus domestique de celui que tout le monde connait pour avoir bossé avec TTC avant de co-fonder le label Marble, aux côtés de Surkin et Bobmo. À la fois excessif et introverti, le troisième album de Para One pourrait facilement profiter du statut d’intouchable. Rien ne reste pourtant figé bien longtemps dans l’univers multi-référencé du français. Voilà pourquoi l’annonce de l’album Club avait tout de la vraie bonne idée. Pour raviver son fameux Passion, Para One ne pouvait pas se contenter d’un album de remix lambda. Club est une toute nouvelle interprétation. Rien ne se perd, tout se transforme.

La simple pensée de relancer Passion à la conquête des Dancefloor a de quoi insuffler les doux prémices d’un mouvement érectile. Il est vrai que malgré sa qualité qui n’est plus à prouver, Passion était mine de rien une expérience plus solitaire que collective. Un album qui cristallisait en onze tracks aussi éclectiques qu’inattendues, les multiples facettes de son géniteur. De sa casquette de beatmaker hip-hop, au cinéaste dans l’âme, qui a accouché de la bande-son du très beau film La Naissance des Pieuvres. Ici, c’est pourtant le marionnettiste du dancefloor que l’on plébiscite allègrement. En ingurgitant l’air saturé des clubs bondés, Passion se débarrasse de nombre de ses barrières émotionnelles. Allant même jusqu’à sacrifier sans le moindre état d’âme son aura de mélancolie dansante diablement prenante, sur l’autel de la fulgurance et de l’orgie collective.

Un pari risqué qui ne paye que par la force de cette cohésion bienvenue, broyant systématiquement les onze tracks originelles à la moulinette 90’s. Si on retrouve bien entendu ce côté ultra chiadé cher à Jean-Baptiste de Laubier, Club se veut résolument plus séducteur, à des années lumières du début de pathos de Passion. L’un des exemples les plus marquants doit très certainement venir de Lean on Me. Le morceau à fleur de peau, que l’on écoutait la tête appuyé contre une fenêtre un jour de pluie, les flashs d’un souvenir ému d’adolescence encore imprimés sur la rétine, cède aujourd’hui aux sirènes de l’envoutement électronique aux touches UK Garage. Sans tomber dans le piège de l’EDM lambda, le morceau exhibe désormais des courbes entrainantes, qui laissent un tout autre feeling non moins agréable. Encore plus flagrante : la transformation de l’excellente Vibrations en une transe des plus furax fait vraiment plaisir à voir.

Comme désireux de ne pas laisser son œuvre gravée dans une statue de pierre, Para One travestit ses morceaux avec la juste dose de subtilité pour les emmener ailleurs. You Too n’est à ce titre pas bien différente de You. Mais elle est plus directe. Aux résonances plus efficaces, plus rapides et forcément plus dansantes. Même constat pour la très fraiche Wake me Up, ou encore la frénétique réécriture de Compute avec l’éternel camarade de jeu Surkin. Sans aller jusqu’à parler de cure de jouvence, Club s’impose au fil des écoutes comme une subtile réincarnation. On y découvre une nouvelle manière de décrocher, fantasmant le monde de la nuit comme Passion nous avait fait fantasmer sur celui du jour. Toujours sur une autre planète, la conclusion When the Night se paye un remix acid qui donne tout de A à Z. L’énième preuve que l’élargissement d’une audience ne passe pas pour autant par un sacrifice du facteur qualitatif.

Para One Club - VERDICT

Par Random Hero le

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