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Zakk Wylde est ce que l’on appelle une créature d’habitudes. D’abord, il fait un album, puis une tournée monstre d’un an ou deux. Et une fois que c’est fini, le mec remballe tout, il rentre chez lui tranquille, il sort son petit canevas avec son petit stylo, et il se met à écrire tout un tas de riffs mortels. Puis des solos, des lyrics, et voilà tout le crew de Black Label Society reparti pour un tour. Et c’est comme ça depuis un sacré bail. Quinze piges pour être plus précis. Et durant ce temps, les remises en questions se comptent sur les doigts d’une main de lépreux après un solo de 6 minutes. On ne change pas le flacon, tant que l’ivresse est toujours là. Pour leur neuvième album, les metalheads de Black Label Society ne sont pas vraiment allés chercher bien loin. Ils ont juste remis le couvert.

C’est un peu une tradition ces temps-ci dans le rock. Un peu comme un commandement un peu foireux que pas mal de leaders suivent un peu trop aveuglément. Dès que tu trouves le succès avec une formule, tu t’y tiens. Tu ne changes rien. Que dalle. Bien entendu, la majorité du temps c’est une énorme connerie, car c’est bien là le moyen de progressivement devenir l’ombre de soi-même. Une caricature de ce qui un jour, dans une autre vie, a fait remplir des stades entiers à des légendes déchues. C’est un peu ce qui est arrivé à Tom Scholz avec le groupe cultissime Boston. Seulement contrairement au dernier album de Boston, BLS n’est pas encore arrivé au bout du bout. Car les chansons de Catacombs of the Black Vatican n’ont rien perdu de leurs saveurs. Il faut dire qu’on peu en parti mettre ça sur le compte du heavy métal, qui reste un genre qui ne vieillira surement jamais. Un peu à l’image du dernier Alice in Chains, ou encore du dernier Sabbath Noir, qui n’était pas non plus si dégueulasse compte tenu du nombre d’années au compteur de Ozzy.

Cette non-évolution est ici un parti pris entièrement assumé par la rockstar elle-même, qui évoque les nouvelles offrandes du groupe comme « des chansons que nous avons utilisées sur les neuf autres disques, si ce n’est qu’elles ont maintenant d’autres titres ». Et effectivement, la signature musicale ne tarde pas à être reconnaissable, surtout lorsque Zakk ouvre grand la bouche, et qu’il laisse gentiment se déchainer ses cordes vocales bien graves reconnaissables entre mille. L’homme incarne bel et bien une des voix majeures du rock de cette dernière décennie, et on ne restera pas indifférent à ça. Surtout lors des nombreuses ballades de l’album, qui restent fort bien exécuté, à l’image d’un Nomad, Shades of Grey, ou encore la très bonne Scars. Même chose pour les intrus d’un autre temps, rythmées par ces avancées pachydermiques que l’on aime tant retrouver dans le genre. Ça a beau être du déjà vu, c’est toujours aussi entrainant. Dans le fond rien de mal à perpétuer la tradition, tant qu’on n’épuise pas le filon jusqu’à l’usure pour se remplir un peu plus les poches.

Malgré le départ regrettable de Nick Catalese à la gratte, cette nouvelle itération n’est pas bien éloignée de l’album Order of the Black parut en 2010. Privé de son « Evil Twin », Zakk Wylde maintient tant bien que mal le cap, en blindant cet album d’un nombre considérable d’explosions de stamina. On parle ici des instrus d’un Empty Promises, Beyond the Dawn ou encore Damn the Flood, qui sont là pour rappeler que les BLS sont toujours aussi bien rodés dans l’art ancestral de dégainer un putain de solo. Même chose pour l’énorme bonus track Dark Side of the Sun, qui filera à coups sûrs une sacrée trique à tous ceux qui sont un minimum sensible à l’héritage Hard rock de ces dernières décennies. I’ve Gone Away est grande, puissante, à l’image de cette passion que les mecs nous font partager depuis 98. Alors ouais, ce n’est pas Sonic Brew, ni The Blessed Hellride, et il faut avouer que c’est dans le fond un peu trop réchauffé. Mais on n’est pas encore prêt à tourner le dos à un mec comme Zakk Wylde. Catacombs of the Black Vatican est en ce sens un album classique du groupe, à défaut d’être un classique du rock.

Black Label COTBV - VERDICT

Par Random Hero le

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