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Apparemment il s’est passé un truc avec Lacuna Coil il y a 8 ans. Lorsque les métalleux de Milano, emmenée par la charismatique Cristina Abbia, ont amorcé ce que l’on pourrait qualifier d’un énorme revirement de bord. Pour mieux coller au marché ricain nous dit-on. L’objet du délit s’appelait Karmacode, et c’est l’opus qui a pour certains définitivement transformé un groupe de Goth métal au potentiel plus que conséquent, en une machine à tube pour ados californiens. Ce qui en soit est effectivement assez sale quand on y pense. Trois albums plus tard, le virage est plus que jamais assumé avec Broken Crown Halo. Mieux, il est revendiqué. Et force est de constater que malgré tout, ce n’est pas si pourri que ça.

Les sourires désabusés sont néanmoins de sortie dès l’incipit de ce nouvel opus. Nothing Stands in our Way est lourd de sens, se targuant d’une métaphore à peine dissimulée sur le groupe lui-même. C’est non sans une once de fierté et une assurance doucement agaçante que la belle déblatère un fabuleux « But we have come too far, To give up who we are ». Ce qui est certes d’une pesanteur ahurissante, mais pas forcément plus absurde que les mecs qui continuent à espérer que Lacuna Coil revienne subitement à leurs premiers amours d’avant l’album Comalies. Basiquement, c’est comme si tu demandais à un groupe de renier délibérément les 8 dernières années de son existence. Autant dire que ce genre de trucs arrivent grand maximum une fois toute les morts de pape, et encore. Le changement brutal de staff n’y changera rien, eux qui n’avaient pas touché à un membre de la formation depuis près de 15 ans. Cris Migliore (à la gratte) et Cristiano Mozzati (derrière les caisses) ne sont plus, mais Lacuna Coil demeure. Inchangé, pour le meilleur et pour le pire.

Et ça implique forcément ce culte de la facilité exercé par le groupe depuis quelque temps. Pour ne rien vous cacher, on a parfois l’impression d’être face à un énième groupe pop maquillé avec du black eye-liner, pour mieux faire passer la pilule. Plus problématiques, les passages instrumentaux sont pratiquement réduits au silence. Ce qui dans le fond n’aurait pas été une telle déconvenue si les lyrics n’avaient pas volé aussi bas. Quitte à balancer des complaintes peu inspirées, autant se la fermer un instant et laisser la bande de musiciens qui vous suivent partout faire son taff. Je veux dire les mecs sont là, ils ont le matos, ils ont du talent à revendre, laisse-les jouer 2 minutes sans fracasser le truc avec un Oooooooooh de 45 secondes. Et qu’on ne me dise pas que c’est pour mieux coller au marché américain. C’est réellement la pire excuse jamais sortie depuis « désolé, je pouvais pas j’avais un tournois de bilboquet ». On taille un peu gratos, car c’est vrai que Cristina est loin d’avoir la voix la plus dégueulasse du métier. C’est même l’atout vocal principal de la formation, dont la touche féminine peut rappeler avec émoi les performances de la belle rouquine Hayley Williams chez Paramore, ou encore l’excellente Lacey Sturm lorsqu’elle officiait encore avec Flyleaf.

Le contraste avec la voix métal de Andrea Ferro (c’est un mec, on précise au cas ou) fait d’ailleurs le plus souvent des étincelles. On ne peut objectivement pas dire qu’un Die & Rise soit complètement plat. Car mis de côté les attentes que certains puissent avoir par rapport au passé du groupe, c’est une track plutôt décente. Voire même carrément efficace. Peut-être bien qu’on pourrait mettre ça sur le dos d’un certain Jay Baumgartner à la prod, qui a notamment officié sur du Three Days Grace, ou bien Papa Roach. Zombie, Hostage to the Light et I Promise savent aussi se donner comme il faut, notamment grâce à de bons arrangements. En parlant de bons arrangements, le final cinématographique One Cold Day n’a pas à rougir du haut de ses 6 minutes. I Burn in you compense également ses lyrics de dépressifs en manque d’inspi par une compo assez solide compte tenu des circonstances. Ce n’est hélas pas le cas de Cybersleep, qui nous plonge dans un sommeil qui dépasse largement le stade de cyber. Bon allez, on va arrêter de faire les putes : ça se laisse écouter sans vomissements chroniques. C’est même presque aussi cool que le nouveau Kyo. Allez quoi. On peut vraiment plus rigoler.

Lacuna Coil BSH - VERDICT

Par Random Hero le

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