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Born Sinner, de J.Cole

Péché mignon

Lorsqu’on est repéré par une légende vivante du hip-hop (Jay-Z) et que l’on signe sur l’un des labels les plus prestigieux des États-Unis (Roc Nation), il est de son devoir de livrer l’album le plus aboutit possible. Si J. Cole n’a pas convaincu l’ensemble de la communauté musicale avec Cole World : The Sideline Story, son second album devrait rallier bon nombre de personnes à sa cause.  Sombre et maîtrisé, Born Sinner est à l’image de son titre : intriguant et puissant !

Pénétrant dans le lieu de culte du Christ, J. Cole part d’un constat établi depuis la genèse : depuis Adam et Eve, l’homme est un pêcheur.  Plus que toute espèce au monde, le rappeur est un singulier pécheur, qui livre parfois le meilleur dans ce qui se fait de pire. L’Orgueil ? Check ! L’Avarice ? Check ! La Colère, la Luxure, la Paresse et la Gourmandise ? Check, check, check et check ! Et c’est en prenant à contre-pied ces armes de destruction musicale que le rappeur parvient à toucher le plus grand nombre, au travers d’un rap sincère, honnête qui lui confèrerai presque l’absolution totale.

Teintée d’une aura religieuse, Born Sinner propose une décente mystique assurée que Villuminati, l’intro de l’album, ne contredira pas. D’ailleurs, rien ne vaut une première track pour remettre les choses au clair : « This is a message for some rappers trying to steal my spot / You niggas famous on the internet, I’m real life hot » Message reçu !

Les références bibliques se poursuivent dans les convenables Land of the Snakes, Trouble ou encore Chaining Day, ce qui confère une direction plutôt intéressante à ce LP. C’est d’ailleurs l’une des forces de ce projet : une direction artistique que l’artiste respecte à la lettre, avec parfois même une teinte de révolte dans le névrotique Miss America, qui figure exclusivement sur l’édition collector de l’album. Dommage, car cette track comporte les punchlines les plus poignantes de l’album, jugez donc : « Fuck the man, Uncle Sam I won’t sell your crack / I won’t fight your wars, I won’t wear your hat / I’mma pass your classes, I’mma learn your craft / I’mma fuck your daughters, I’mma burn your flag ! ». Bref, du grand art pour un grand Cole qui explose et expose toute sa virtuosité.

On regrette néanmoins que tous les titres de l’album ne soient pas à la hauteur de l’excellent Power Trip, sur lequel J.Cole est accompagné par le désormais célèbre Miguel, l’une des révélations de l’année dernière. Si le rappeur balance ses plus belles lignes, il nous livre aussi l’une des productions les plus profondes et prenantes de l’album et nous prouve par la même occasion qu’il est un beatmaker talentueux.

D’autres promesses n’ont pas été tenues. Dans le confessionnal, même les meilleures volontés ne sont toujours pas gage de qualité. J. Cole et Kendrick Lamar, c’est une association qui fonctionne à double tranchant. Pendant que Jermaine fait le show, Kendrick se contente de poser sa voix presque innocente sur un refrain qu’on oubliera rapidement. On se consolera en se disant que le projet de Mixtape que les deux rappeurs ont en commun devrait vite nous faire oublier cette mésaventure.

Born Sinner s’achève sur une excellente note, au travers d’un featuring avec James Fauntleroy, un autre artiste signé sur le label Roc Nation. Cette note plus positive que le reste de l’album (à l’image de Crooked Smile, en duo avec le groupe TLC) conclut ce second projet de J. Cole qui joue la carte de la sincérité (chose qui lui a toujours réussi). « Born Sinner, was never born to be perfect » déclare le rappeur sur cette track éponyme, et on n’aurait pas trouvé mieux pour résumer cet album sophomore. S’il pèche par quelques négligences, par quelques tracks en déca des gros titres vedettes, Born Sinner mérite le pardon et l’absolution, tant il déborde de bonne volonté.

Est-ce que J. Cole est parvenu à faire mieux que le décevant Cole World ? Définitivement ! Tout ce qui manquait à l’album précédent est compilé dans une quinzaine de titres, qui sont inégaux certes, mais qui brillent par un engagement aussi percutant qu’une révélation de foi. Le résultat ne fera pas toujours l’unanimité, mais permet d’imposer à nouveau Jermaine comme un rappeur de talent, avec un univers qui lui est propre.

JCOLE Born Sinner - VERDICT

Par Sholid le

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