Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Body Music, de AlunaGeorge

Fraicheur Londonienne

Si vous suivez un peu l’actu musique du moment, vous n’êtes pas sans savoir qu’il se passe vraiment un truc du côté de Londres. Vous avez déjà tapé des mains et remué la tête sur le duo fraternel house / UK-garage Disclosure, place à la nouvelle bombe venue des jardins de Sa Majesté. Elle, c’est Aluna Francis, la fougue, la voix, la sensuelle. Lui, c’est George Reid, le technicien, le marionnettiste. Ensemble, ils forment AlunaGeorge, un duo émergeant qui immerge les masses et noie la blogosphère de leur house aux accents RnB proclamés futuristes. Le terme peu sonner comme une insulte, pourtant leur premier disque Body Music y décroche ses lettres de noblesse. La nouvelle fraicheur de l’été est là.

Ces deux-là, c’est une histoire qui ne remonte pas à bien longtemps. 2009, une rencontre humaine et artistique, puis un single en 2011, des remix, et la gloire deux ans plus tard. Body Music, c’est donc un peu l’album d’une consécration. L’heure du grand dépoussiérage, le nettoyage sous pression, l’ère de la modernité. La parole est donc à la nouvelle génération qui modernise le RnB de maman époque Destiny’s Child « SAY MY NAME » avec une élégance non dissimulée.

L’alchimie est rodée, presque académique: la voix susurrée de l’angélique Aluna s’enveloppe dans les arrangements classieux, rythmés et inspirés de Reid. Cette voix, c’est surement l’instrument principal du duo. Une constante, qui fait défiler l’album comme une vague continue de fraicheur. Ce même timbre qui nous avait inlassablement scandé des « Just Noise / White Noise » sur White Noise, le plus gros tube des frangins de Disclosure. Du sensuel Body Music, au rythmé Lost & Found, la belle joue avec brio de ses charmes vocaux (même si elle en fait vraiment des tonnes au niveau du faciès dans les clips) sur des titres diablement accessibles. Une fois encore n’y voyez pas une insulte, l’accessibilité ne rime pas forcément avec la facilité.

George Reid veille au grain, et ce n’est pas son instrumentale qu’on ira bruler sur la place publique. Des sonorités asiatiques sur Superstar, en passant par les accents rétro omniprésents (mais accentués sur un Kaleidoscope Love), sa contribution tire constamment le duo vers le haut. En bon magicien de l’ombre, il supporte, sublime et n’efface jamais la performance de sa partenaire de scène. Une signature électronique qui parvient à nous évoquer pêle-mêle un Hudson Mohawke époque Butter (avant qu’il ne soit l’autre moitié du duo TNGHT avec Lunice), ou encore un Outkast (très) lointain. On pourra aussi évoquer l’excellente – bien que déjà connue – Bad Idea, qui s’impose vraiment comme un temps fort face à une sélection de tracks qui s’avère plutôt uniforme. C’est d’ailleurs là que le bât pourrait blesser: aucune piste ne se détache vraiment, que ce soit qualitativement comme péjorativement.

Pour ceux qui ont déjà surveillé de près ou de loin les déboires musicaux d’Aluna et George, Body Music sacre le vrai début des hostilités. Un CV de cinquante minutes que l’on parcoure de long en large et en travers, conquis par la fraicheur d’un duo qui a toute sa carrière devant lui. On lui pardonnera aisément le manque de prises de risque. Les bases sont posées, on a désormais les oreilles grandes ouvertes, jusqu’à la vraie explosion.

AlunaGeorge BM - VERDICT

Par Yox le

Plus de lecture