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Il y a des rendez-vous qui ne se manquent pas. Il y a encore quelques années, tous les dimanches matin, les premières notes d’un générique culte retentissaient. Des silhouettes menaçantes se dressaient dans l’ombre vertigineuse des gratte-ciels de Gotham. Une explosion, les feux de la Batmobile, une course poursuite, et l’ombre du chevalier noir debout, prêt à affronter la nuit orageuse.

Nombreuses ont été les adaptations animées qui retracent les aventures du gardien de Gotham City, mais une seule est parvenue à réellement rendre justice aux comics de DC. La série animée Batman de 1992 n’a pas seulement sublimé l’univers complexe de Bruce Wayne, elle l’a véritablement transcendé. Créée par Bruce Tim (qui bosse actuellement sur l’adaptation animée de The Killing Joke), la série Batman n’est pas devenue culte par la force du hasard. Contrairement à ce que sa programmation pouvait laisser entendre, l’animé Batman n’est pas un océan de niaiseries édulcorées, qui n’existent que dans le but de brosser nos têtes blondes dans le sens du poil. Dès 1992, la Fox démontrait qu’il était possible de s’adresser aux plus jeunes, sans forcément les prendre pour des êtres extra-sensibles, idiots, et vivants dans un monde de guimauve. L’animé Batman est sombre. Et on ne dit pas seulement ça pour la direction artistique perdue entre le gothique Burtonnien, et le mouvement art-déco. Les histoires qui peuplent les rues de Gotham sont souvent difficiles, matures, voire purement tragiques. Mis à part le Joker, qui reste (et restera) une ode à l’anarchie la plus gratuite, chaque vilain va bien au-delà de l’archétype du super-criminel bête et méchant. Le travail scénaristique effectué autour des antagonistes de Batman est souvent aussi profond que le passé de Bruce Wayne lui-même. Il y a de l’empathie dans les deux camps, à l’image de l’épisode sur Gueule d’Argile, comédien déchu qui ne connaîtra jamais les joies d’un happy ending. L’épisode Amour on Ice avec Mr.Freeze est aussi un exemple souvent cité, tant les scénaristes ont réussi à prouver que la barrière entre le bien et le mal est effroyablement fine, et qu’il ne suffisait souvent que d’une poussière pour basculer du mauvais côté de la loi. Cet épisode relève d’ailleurs plus d’une histoire d’amour shakespearienne que de la mécanique habituelle héros / antagoniste / résolution. L’ambiance est souvent à couper au couteau, et emprunte énormément à Scorsese et aux grands films de gangsters, notamment avec le personnage de la poupée Scarface, et du Ventriloque. Les grands méchants de Gotham sont tous présents : Poison Ivy, l’Épouvantail, Killer Croc, le Pingouin, Catwoman, l’Homme Mystère, le Joker, et même Harley Quinn, qui faisait partie des créations originales de la série animée, et qui fait aujourd’hui figure d’incontournable dans l’univers DC Comics. Sa représentation est d’ailleurs à l’image de l’attention qui est portée au passé de chaque antagoniste. Il y a toujours quelque chose de plus. Une humanité déchue, un espoir brisé, un rêve anéanti, un amour broyé. Autant d’accidents plus ou moins traumatiques qui ont planté la graine du mal dans ces âmes au bord de la désintégration. Difficile de ne pas citer le double épisode sur Harvey Dent / Double Face, qui prend véritablement aux tripes. On pourrait aussi parler du casting voix irréprochable (avec le duo Kevin Conroy / Mark Hamill en VO), mais c’est bien la complexité de l’animé à laquelle il faut rendre hommage. Plus de deux décennies plus tard, la série reste passionnante. C’est une lettre d’amour au héros de Bob Kane, et à tout l’univers qui l’entoure. On ne s’en lasse pas :

Batman TAS 02

Batman TAS 03

Par Yox le

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