Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Zombi

Second Life

Il y a des choses comme ça, comme des espèces de mot clés qui attirent systématiquement l’attention de l’humble joueur que je suis. « Zombie » en fait clairement parti. C’est comme les abeilles et le pistil : personne ne m’enlèvera jamais le plaisir de butiner un jeu de zombie de fond en comble. À ce stade des choses, fendre des crânes en décomposition est pratiquement devenu une nécessité absolue. C’est thérapeutique. Comme le trash-talk et les mails d’insultes sur Call of Duty : ça me purifie de l’intérieur. C’est le défouloir décomplexé dans son plus simple appareil. Oubliez le confessionnal, l’expiation brutale de tous vos péchés, de vos peurs et de vos plus grandes frustrations se trouve au bout d’une batte de criquet ensanglantée. Ici, il n’est pourtant pas question de prôner le zombicide façon Dead Island, à grand coup de machettes électriques et d’énormes Katana enflammés. Dans Zombi, les créatures favorites de Romero sont des prédateurs auxquels le pauvre survivant que vous êtes va devoir résister, traqué dans les rues infestées de Londres. Du moins, en théorie.

Car dans la cruelle dimension de la pratique, le plus dur reste encore à survivre l’ennui le plus mortel. C’est triste à dire, mais j’ai eu un plus gros rush d’adrénaline en jouant à Bass Master Fishing sur Playstation 2, lorsqu’une perche de 1.5 kilos molestait sauvagement la frêle ligne de ma canne à pèche de débutant. Ce jour-là, le monstre du Loch Ness avait regagné les profondeurs, et ma besace était désespérément vide. Mais je peux vous dire que j’en garde un meilleur souvenir que tout ce que j’ai pu faire sur Zombi. Il y a trois ans, tous les regards étaient pourtant braqués sur celui que l’on appelait à l’époque ZombiU, l’un des titres les plus prometteurs du moment dans le domaine du défouraillage de macchabés. Sorti au lancement de la WiiU, le jeu était le premier (et dernier) token du côté « mature » de la console de Nintendo. Malgré une réalisation à la rue et un gameplay un peu lourdaud, le FPS d’Ubisoft avait quelques beaux arguments à défendre. Il reste après tout l’un des jeux (qui à ce jour) utilisent le mieux l’option dual-screen de la manette WiiU. Les deux écrans étaient en effet savamment employés dans un mix qui misait tout sur la survie. Fouiller dans votre sac ne met pas le jeu en pause, tout comme le fait de crocheter une serrure. Sur son pad, le joueur s’acharne à résoudre un petit puzzle pour ouvrir la sacro-sainte porte, alors que sur l’écran du salon, une horde de mordeurs se rapproche de plus en plus dangereusement. La pression se faisait sentir, et ces quelques moments de grâce parvenaient à sauver le jeu du naufrage.

Hélas, comme vous pouvez vous en douter, ce n’est pas du tout le cas sur PS4, Xbox One, PC, ou n’importe quel autre support qui ne propose pas l’option du double écran. Ce qui est assez malheureux à dire, puisqu’à petit prix, Zombi aurait clairement pu être un des incontournables des plateformes dématérialisées. C’est d’ailleurs tout le mal que l’on aurait souhaité au FPS d’Ubisoft. Vous vous en doutez, on est clairement loin du compte. Au-delà du fait que le titre soit visuellement à la ramasse et artistiquement générique au possible, le gameplay lui-même n’est pas bien passionnant, et se résume à errer dans des couloirs tristes à pleurer, en faisant tout le temps la même chose. Ouvrir une porte, frapper un zombi sur le haut du crâne avec votre batte de criquet jusqu’à ce que mort s’ensuive, économiser les balles, trouver des piles, des soins, fouiller inlassablement les décors vides du jeu : la répétitivité est véritablement assommante. Même les moments où tout s’emballe (ceux où vous êtes censé vous lever de votre siège et pousser des cris de fillettes), sont aussi intenses qu’une enquête de Julie Lescaut. Le scénario est anémique, le rythme plombant, quant à l’ambiance sonore : elle est tout simplement inexistante. Dans un registre plus action, le souvenir vivace du monstrueux Dying Light finit d’achever votre intérêt pour ce Zombi : l’adaptation moyenne d’un jeu de survie potable sorti il y a trois ans.

ZOMBI - VERDICT

Source image.

Par Yox le

Plus de lecture