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Until Dawn

La mort aux trousses

Sur le terrain des expérimentations vidéoludiques produites par Sony, Until Dawn s’inscrit dans une continuité en toute somme logique. Non seulement parce que des titres comme Heavy Rain ou Beyond Two Souls ont déjà miné le sol, mais aussi parce que la déferlante de jeux narratifs à choix cruciaux propagés par Telltale a plus que jamais le vent en poupe. Disons que la prise de risque est minimale et qu’elle n’engage pas forcément l’exaltation. Until Dawn, c’est cette question qui n’a cessé de prendre de l’ampleur à mesure que les technologies grandissent, c’est cette expérience qui tente de vous faire avaler que le cinéma et le jeu vidéo peuvent s’accoupler pour ne faire qu’un, alors que les deux entités ne sont jamais plus efficaces que lorsqu’elles s’inspirent l’une de l’autre, en évitant soigneusement de se vautrer dans la vulgaire copie. Au fond, ce qu’il y vraiment de pire dans tout ça : c’est que ça fonctionne.

Plus un genre cinématographique est codifié, plus il est susceptible d’être malmené. Prenez les slashers. L’existence du genre est continuellement bafouée par des productions minables qui insultent l’intelligence du spectateur, quand celui-ci n’a pas la bouche grande ouverte prêt à ingurgiter tout ce qu’on lui propose. L’apparente facilité du concept populaire de Until Dawn traine donc un double boulet : celui d’être un jeu vidéo qui prétend être un film qui prétend être un slasher. Sur le papier, encore une fois, le jeu peine à convaincre, d’autant plus qu’il s’appuie sur des éléments qui n’étonneront pas grand monde. Une bande d’amis, bien trop vieux pour être des adolescents soit dit en passant, se réunissent dans le chalet familial de Josh, un an après la tragique disparition de ses deux sœurs. L’habitation est perdue en plein milieu d’une montagne qui était autrefois habitée par des Amérindiens. Les contours étant dessinés, il ne vous reste plus qu’à les remplir avec toutes les idées qui vous viennent à l’esprit. Puisque le jeu se prend pour un film en misant sur une histoire qui a la juste prétention d’être captivante, autant s’y attarder un minimum. Quelques coupures d’électricité par-ci, quelques bruits stridents par-là, des jump-scares à foison, soit le cancer du genre. Je fous un tueur en série en plein milieu, ce personnage secondaire sera un pion, celui-là aussi. Lui sera moins con qu’il en a l’air. Elle sera aussi séduisante que débrouillarde. Une tête à claques, un tocard, une chieuse, une prétentieuse, c’est une bonne excuse pour placer quelques exécutions sanglantes. Voilà : mon slasher est paré, abreuvez-vous de sa substantifique moelle. Présentée de cette manière, la côte d’attraction tutoie l’une des œuvres les plus populaires de Bret Easton Ellis : moins que zéro.

Fort heureusement pour lui, le titre de Supermassive Games n’a aucune prétention. Il se contente de faire les choses correctement, ce qui est un bon point en soi. Il est même surprenant, puisqu’il parvient à tirer son épingle du jeu en proposant une histoire rythmée, bien souvent prévisible, ce qui n’entache en rien ses qualités. Oui, c’est étonnant puisque depuis le début je m’attache à démontrer qu’Until Dawn n’est que facilité. Il faut dire que ce n’est pas dans ses mécaniques de jeu multipliant les actions rapides que le titre se démarque. Au lieu de ça, il propose quelques idées ingénieuses, comme la possibilité de cumuler des indices sur les événements à venir ou l’obligation de rester complètement immobile avec la manette en main sous peine de voir l’un des personnages se faire faucher dans la fleur de l’âge. L’ensemble n’est en rien innovant, ne vous méprenez pas. Mais cet assemblage bâtard révèle après quelques heures laborieuses son agréable saveur. Si ce n’était pas pour sa maniabilité exécrable qui oblige les différents personnages à marcher lentement, Until Dawn se révèlerait être agréable de bout en bout. Il faut souligner que sa principale affiliation au cinéma ne réside pas dans ses nombreuses cinématiques quelconques, ni même dans son casting d’acteurs plus ou moins connus, mais dans ces placements de caméra qui rappellent les plus belles heures de Resident Evil. Le choix est en grande partie dicté par une certaine limitation technique, c’est toujours plus facile à gérer qu’une caméra libre. Et comme dans la majorité des cas, c’est un mal pour un bien qui permet d’admirer des décors qui n’ont franchement rien à envier aux grands noms du genre. Un beau moyen pour cette nouvelle licence de se payer une personnalité, à défaut d’être véritablement effrayante.

Until Dawn - VERDICT

Par Sholid le

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