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La grandeur vient des petits débuts. Sic Parvis Magna, la devise de l’explorateur Sir Francis Drake résonne tout au long de la quatrième et dernière aventure de Nathan Drake. Le jeune aventurier intrépide a raccroché d’une vie faite de risque et de découvertes fracassantes. Aujourd’hui, il coule ses jours loin des cités perdues, des artéfacts anciens, et des civilisations oubliées. Drake est un mec comme les autres. Il va au boulot, et jouit du bonheur simple d’une vie tout ce qu’il y a de plus normale. Comme les studios de Naughty Dog, l’homme n’a plus rien à prouver. Plus de deux décennies après Crash Bandicoot, le célèbre studio boucle la boucle, avec ce que l’on retiendra comme étant le plus beau jeu vidéo de tous les temps. Une grande aventure qui surpasse tout ce qui a pu être fait auparavant dans la sphère du divertissement vidéoludique, mais aussi du septième art. En termes d’action, comme en termes d’émotion, Uncharted 4 se fait très vite le testament de l’impressionnant niveau de maîtrise de ses concepteurs. Non content d’être le meilleur élément de la saga, A Thief’s End domine son sujet de la première à la toute dernière seconde. C’est une aventure passionnante, palpitante, et qui cumule plus ou moins tous les adjectifs mélioratifs et superlatifs du dictionnaire. Ce jeu mérite une standing-ovation, mais ça, vous le saviez probablement déjà.

Difficile d’ignorer l’influence du précédent chef-d’œuvre de Naughty Dog sur le quatrième volet d’Uncharted. L’expérience de The Last of us a profondément transformé les équipes de Naughty Dog. Le studio semble avoir pleinement pris conscience de sa capacité à émouvoir, surprendre, et tenir le joueur en haleine, sans pour autant déverser des hectolitres d’action et d’explosions au moindre signe de faiblesse dans le rythme. Bien qu’il ne délaisse pas les fusillades pour autant, A Thief’s End s’octroie des séquences de 15, 30 voire même 45 minutes sans tirer un seul coup de feu. Des séquences d’infiltration bien senties ont fait leur apparition, le tout sans que l’ennui ne vienne jamais pointer le bout de son nez. La plateforme est remise au centre de l’équation, avec notamment l’arrivée d’un grappin des plus jubilatoires, ou bien de glissades plutôt bien senties, qui viennent un peu varier les plaisirs. Comme toujours, les séquences de grimpes sont entrecoupées d’énigmes aux mécanismes vieux de trois siècles, mais qui fonctionnent toujours aussi miraculeusement bien. L’autre nouveauté vient incontestablement de l’ouverture de certains niveaux, que vous allez parcourir à bord d’un 4×4 des plus atypiques, équipé d’un treuil (dieu merci). Néanmoins, chez Naughty Dog, l’agrandissement substantiel de la zone de jeu ne va pas de pair avec la baisse du niveau de détail. Le level design est tout aussi chiadé que les niveaux plus resserrés, ce qui rend la prouesse tout à fait louable. Rien, absolument rien ne vient perturber le sentiment d’immersion. Le souci du détail est obsessionnel, pratiquement poussé au rang pathologique. Les mecs ont pensé à tout, rien n’est laissé au hasard, et même les phases d’explorations deviennent passionnantes, soutenues jusque dans le moindre commentaire de Nathan, ou bien dialogue annexe. La formule Uncharted n’est pas simplement respectée, elle est sublimée, affinée, pour ne pas dire transcendée.

Une fois n’est pas coutume, le dépaysement viendra beaucoup plus des décors que du système de jeu. Dire que les environnements sont visuellement à tomber relève de l’euphémisme pur et dur. Actuellement, il n’y a pas un seul jeu vidéo qui se rapproche de près ou de loin de la claque technique infligée par Uncharted 4. Il faut le voir pour le croire. On pourrait partir très facilement dans une déclaration endiablée sur les effets de lumières, les différentes textures, ou encore le rendu sublime de l’élément aquatique. Mais la masturbation technique a ses limites, et elle ne serait rien sans une narration parfaitement maîtrisée. Le rythme est plus posé, et prend le temps de largement exposer les enjeux. Pour Nathan Drake, cette ultime aventure est plus personnelle que jamais. À la poursuite du vaste trésor du célèbre pirate Henry Avery, elle fera remonter à la surface des blessures enfouies, et ramènera d’entre les morts un frère que notre héros pensait perdu à jamais. Elle pose la question de la passion, de la raison, et mettra en scène un héros tiraillé entre ses valeurs familiales, son envie de tout raccrocher, et sa dévorante passion pour la découverte, le risque, et les cascades suicidaires. Plus que jamais, Nathan Drake est un personnage qui fascine. C’est un Indiana Jones des temps modernes, qui s’adresse à un gène plus ou moins enfoui, mais bien présent en chacun de nous. Il fait directement écho à l’aspect nomade de la nature humaine. À notre curiosité de savoir ce qui se cache de l’autre côté d’une colline, d’une grotte, d’une forêt dense, ou d’une falaise. Drake est l’incarnation de la réalisation d’un fantasme qui habite plus ou moins consciemment chaque être humain qui peuple notre monde. L’intensité atteint son paroxysme au fil des séquences les plus improbables. Des passages presque apocalyptiques où tout s’écroule autour de Nathan, où les balles fusent, et les moteurs grondent. Pour son ultime aventure, Uncharted regorge de moments grand spectacle, à s’en décrocher la mâchoire. C’est pourtant la subtilité de son épilogue que l’on retiendra le plus, tout en finesse. L’apothéose, en bonne et due forme.

UC4 REVIEW 02

Par Yox le

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