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The Last of US

Chef-d’œuvre cataclysmique

C’est lors d’une douce nuit que tout a basculé. D’abord des explosions, puis des émeutes, le chaos, et puis plus rien. 20 ans plus tard la carte postale est tristement familière: des immeubles éventrés, une civilisation pratiquement rayée de la carte, infectée jusqu’à la racine par un champignon mutagène transformant ses hôtes en créatures sanguinaires. L’ambiance The Walking Dead suinte des murs, et pourtant. Sous ses airs de fin du monde, la nouvelle création de Naughty Dog (Crash Bandicoot, Jak & Daxter, Uncharted…) n’est en réalité que l’histoire d’un homme. Un père, qui ne s’est jamais remis d’une terrible perte. Poussé par une narration à fleur de peau, le jeu vidéo montre une fois de plus qu’il peut s’émanciper et repousser ses propres limites en offrant The Last of us, ou l’apogée de la Playstation 3.

SUR LA ROUTE

Parqué dans une zone de quarantaine en plein cœur de Boston, notre anti-héros, Joël – barbe de 8 jours, une bonne quarantaine au compteur – tente de composer dans les décombres vieillissants d’un monde passé. Le sujet est vu et revu, et pourtant le traitement effectué par Naughty Dog décalque une baffe monumentale. Plus loin que Metro Last Light, plus fort que Bioshock Infinite: la transformation cataclysmique de la civilisation prend aux tripes, proposant une immersion sans pareille qui danse impunément sous le nez du septième art. Bien souvent médusé par tant de beauté statique, le joueur progresse dans un tableau fourmillant de détails, miroir d’une Amérique dévastée aussi bien par sa retranscription scénaristique qu‘artistique. D’une ville fantôme en passant par un métro immergé, sans oublier quelques décors plus champêtres: jamais un jeu n’avait visuellement scotché son auditoire de la sorte, dépeignant panoramas naturels et expressions du visage avec la même aisance graphique. Bien vite accompagné d’Ellie (une jeune fille téméraire de 14 ans), notre héros va peu à peu tisser avec elle une relation attachante, sur le fil, et qui prend son temps. Reléguant au rang de simple contexte l’extinction de l’humanité.

L’HOMME EST UN LOUP POUR L’HOMME

Jouant sur le terrain de The Walking Dead, I Am Alive ou encore La Route, The Last of Us fait la part belle à une partie psychologique tout aussi passionnante, s’évertuant à dépeindre avec talent la vraie nature de l’homme une fois mise à l’épreuve de conditions extrêmes de survie. Que ce soit l’armée qui exécute des civils par manque de place dans les zones de quarantaine, ou bien les « Lucioles », une organisation résistante prête à tous les sacrifices… et que dire des chasseurs? Ces groupuscules sans foi ni loi qui seraient prêt à tuer pour une simple paire de chaussures. Et puis il y a les autres, les survivants comme Joël & Ellie, ceux qui tentent désespérément de joindre les deux bouts. Tous ont le point commun de devoir se battre pour leur survie, donnant lieux à des affrontements qui troquent l’exagération hollywoodienne de la très Indiana Jones trilogie Uncharted, pour des conflits plus réalistes, mais surtout bien plus brutaux ! Bien loin de la démesure récurrente au jeu vidéo, The Last of Us renoue avec une intimité au résultat ultra violent. Il ne faudra pas plus de 3 ennemis dans la pièce pour que la tension soit à son comble, chacun d’eux établissant une tactique, pour des réactions toujours plus proches de celles d’un vrai humain. A vous glacer le sang…

CHAMPIGNONS SANGUINAIRES

En parlant de glacer le sang, ce sont bien sûr les passages avec les infectés qui remportent la palme du froc trempé, en offrant des séquences de survival / infiltration horrifiques dans le noir complet qui feraient de l’ombre à un Dead Space ! Un peu à l’image de ces passages avec des ennemis aveugles et défigurés par le champignon, dont l’ouïe ultra développée, couplée à la capacité de tuer instantanément, crée une association dévastatrice… Clairement, on évitera le supplément sauce aux cèpes. Vous avez dit glauque? Attendez de voir la violence avec laquelle notre héros se débarrasse de ces ennemis ! Du moindre coup de poing, en passant par le coup de tuyau métallique, jusqu’à la décharge frontale de chevrotine: les exécutions sont ultra impressionnantes, profitant d’un angle de caméra souvent punitif, mais jamais too much. Dans sa quête pour la survie, la morale disparait, jusque dans ces séquences où certains ennemis – le canon d’un fusil pointé sur la tempe – vous supplient en vain de leur laisser la vie sauve. Seulement gare à vous, les munitions sont comptées et les ressources se font rares, vous obligeant constamment à chercher de quoi fabriquer une trousse de soin, un cocktail Molotov, ou bien améliorer votre arc…

Il aurait pu offrir la moitié de son contenu, The Last of Us aurait déjà été en lice pour être le jeu de l’année. Et pourtant, non content d’offrir une aventure sublime qui prend à la gorge 15H durant, le nouveau bébé de Naughty Dog repousse encore plus les limites. Non pas juste de son genre, comme l’avaient fait Crash Bandicoot, Jak & Uncharted, mais aussi de tout un média. On emploie souvent le mot à tord et à travers, aujourd’hui il retrouve tout son sens: un chef-d’œuvre, tout simplement.

The Last of US - VERDICT

Par Yox le

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