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The Evil Within

Le mal résident

The Evil Within est une œuvre égocentrique, d’un homme tourné vers le passé qui s’amuse à lancer des high five aux créations populaires qu’il a engendrées. Mais à force de regarder en arrière, le créateur en oublie d’observer le présent et de prédire le futur. Du coup, le jeu est daté avant même d’avoir pu s’imposer comme un indispensable du genre. Tout transpire la nostalgie dans ce patchwork de fausses bonnes idées, qui auraient pu nous convaincre définitivement si le titre était sorti il y a cinq ans.

Les propos pourraient paraître exagérés, sévères, voir même radicaux. Au fond, The Evil Within réussit son pari initial en nous offrant un survival-horror old-school dans la pure tradition du genre, pour le meilleur, comme pour le pire. Personne ne niera le talent de Shinji Mikami pour offrir au public des visions horrifiques peu réconfortantes. Claustrophobie et hématophobie sont les peurs maîtresses de cette descente aux enfers de Sebastian Castellanos, un inspecteur de police qui réunit tous les clichés du genre. Prisonnier de l’univers maléfique de Ruvik, un méchant relativement effrayant, le bougre va en voir de toutes les couleurs sans jamais comprendre ce qui lui arrive. À vrai dire, il faut attendre une bonne dizaine d’heures de jeu avant que le héros commence à se poser les bonnes questions ou du moins à se demander tout simplement « C’est quoi ce foutu bordel ? ». Manipulé comme une marionnette, transportée d’un endroit à un autre sans aucune explication, le titre parvient à instaurer une ambiance lugubre, terrible, qui gagne en intensité au fur et à mesure que le scénario prend de l’ampleur. Ce n’est pas d’une finesse absolue, mais c’est suffisamment bien mené du début à la fin pour maintenir le joueur en haleine, voire même horrifié. Difficile de bouder son plaisir quand la sensation de jouer à un véritable survival-horror fait surface. D’autant plus que le jeu bénéficie d’une excellente durée de vie (17 heures en moyenne) et qu’on s’ennuie assez rarement. Pourtant, The Evil Within parvient à déconstruire ce travail fastidieux en moins de temps qu’il ne lui en faut pour nous donner envie de voir la suite.

Vous lirez partout que le nouveau jeu de Mikami est la suite spirituelle de Resident Evil 4. Et sur ce point, nous n’aurons rien à ajouter si ce n’est que la célèbre série de Capcom n’est jamais meilleure que lorsqu’elle remet ses propres codes en question. The Evil Within se contente hélas de s’approprier ces codes, sans ne jamais les transcender, sans ne jamais oser sortir des sentiers battus. Malheureusement, ce qui a fait le succès d’un titre sorti il y a neuf ans n’est plus forcement à l’ordre du jour. Il suffit d’une séquence d’action pour se rendre compte à quel point la prise en main du titre est datée. C’est bien simple, tout ce que The Evil Within instaure mécaniquement parlant (meurtres furtifs, diversions, phases de tirs, infiltration), The Last Of Us le fait mieux. Certes les titres ne partagent peut-être pas la même dimension horrifique, mais ils abordent tous deux le même thème : la survie dans un milieu hostile. Les carences techniques du jeu, entre ralentissement et caméra (très) capricieuse, ne permettent de livrer une expérience convaincante. Ces défauts presque impardonnables en 2014 plombent immédiatement ce qui s’annonçait comme un excellent jeu. Sans parler du fait que le titre donne très souvent la sensation d’être un assemblage de bonnes idées, plus qu’un hommage aux classiques du genre. L’ensemble manque clairement de subtilité (en ligne de mire, le chapitre 9). En se prenant pour un vieux con, The Evil Within oublie d’agir en tant que jeune provocateur. Au lieu d’adresser des clins d’œil à des productions vieilles de bientôt une décennie, le titre aurait mieux fait de lever ses majeurs en l’air et de venir chambouler les acquis d’un genre, pourtant en plein renouvellement.

Evil Within - VERDICT

Par Sholid le

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