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The Division

Le meilleur ami de l'homme

Si vous aimez la neige, les fusils d’assaut, la coopération et les rues de New York, alors il y a de grandes chances pour que vous ayez déjà cédé aux sirènes de la Division. Plongée dans une réalité alternative où un virus mortel a décimé une partie substantielle de la population au lendemain du Black Friday, c’est une fois de plus à une poignée d’agents de faire à eux seuls le boulot généralement réservé à une armée entière. Et force est de constater que malgré son prologue des plus irréels, immédiatement suivi d’un scénario absolument vide de bout en bout, The Division s’avère être dans l’ensemble généralement satisfaisant, à un détail près : contrairement aux civils, les chiens errants ne profitent pas des bénéfices de l’invincibilité, et se font constamment massacrer par des joueurs lâches en manque de cibles faciles. Une discrimination à peine tolérable vis-à-vis de celui que certains s’entêtent à appeler « le meilleur ami de l’homme ». La vie d’un homme serait-elle plus importante que celle d’un innocent représentant de la race canine ? Pas certain, étant donné que c’est bien l’homme qui a mis à genoux la grosse pomme, avec son goût pour les manipulations génétiques, et sa société d’ultra-consommation destructrice. Pour peu que vous tombiez sur des coéquipiers sans scrupule, The Division peut donc très vite tourner au pugilat totalement gratuit de canidés. Et c’est probablement le plus gros défaut du jeu. Car en dehors de ça, le reste est plutôt cool.

Contre toute attente, le dernier né de la lignée vidéoludique du regretté Tom Clancy tient toutes ses promesses, et même plus encore. Dans la forme, c’est pourtant un shooter des plus classiques. Tir à la troisième personne, système de couverture testé et approuvé par des années de purges sur Gears of Wars et autres Uncharted, sans oublier quelques capacités spéciales qui vont de la grenade autoguidée, aux premiers soins. Les ennemis ne font pas dans l’originalité, tout comme l’arsenal, qui s’épargne la moindre excentricité. Pistolets, SMG, fusils d’assaut, snipers, shotguns, et c’est à peu près tout. Avec son approche très premier degré, certains pourraient dire que The Division manque de ce petit grain de folie, mais c’est sans compter sur le système de progression des plus grisants, qui ramène directement à Borderlands, mais aussi Destiny. À défaut d’être nouvelle, l’idée de mélanger l’univers du shooter avec des éléments RPG persistant est toujours aussi efficace. Elle est génératrice d’un véritable intérêt, et donne sans cesse envie de fouiller plus loin, d’économiser, et pourquoi pas un jour de tomber sur ce shotgun unique qui mettra tout le monde d’accord. Bien qu’elle n’existe pratiquement pas sur le plan scénaristique, il est humainement difficile de renier cette aventure, qui bénéficie à la fois des bienfaits d’un monde ouvert qui fourmille de missions annexes et d’objets à récupérer, ainsi que de missions principales plus scriptées, mais aussi plus spectaculaires. L’une des toutes premières mission donne le ton : plongé en plein Madison Square Garden, on réalise très vite que le boulot des développeurs sur les décors est tout simplement phénoménal. La version en quarantaine de New York est visuellement dingue, et le souci du détail frise l’obsession.

C’est à ce moment-là qu’on réalise que The Division a tout misé sur son ambiance si particulière. C’est un contexte avant d’être un scénario. Et ce contexte atteint sa forme la plus noble, la plus dangereuse, et surtout la plus tendue dans la magnifique Dark Zone. Alors que le reste de New York est basiquement un lieu safe, où rien de grave ne peut vraiment vous arriver, la Dark Zone s’impose comme une zone sans pitié, dans laquelle vous pourrez tomber à tout moment sur un groupe de joueurs hostiles, qui n’auront rien d’autre à faire que de vous finir sur place, pour mieux vous dépouiller de votre équipement récemment acquis. Concrètement, la Dark Zone est un lieu bien plus dangereux. Le moindre ennemi est surpuissant, mais la paye est forcément revue à la hausse. C’est ici que vous trouverez en abondance les meilleurs équipements du jeu, mais c’est aussi là que vous pourrez taper vos plus grosses crises de nerfs. Concrètement, vous pouvez très bien tomber sur le sniper de vos rêves. Mais ce dernier ne sera pas vraiment à vous, tant que vous ne l’aurez pas fait extraire par voie aérienne. Une fois que vous aurez appelé votre hélico pour sécuriser votre machine de guerre récemment trouvée, vous devrez survivre 90 secondes. Une éternité, lorsque vous savez que d’autres joueurs peuvent à tout moment débarquer en embuscade, vous abattre comme un malpropre, et extraire le fameux fusil à lunette à votre place… Cette zone sans pitié crée une paranoïa constante, ainsi qu’un sentiment d’entraide des plus gratifiants. On en viendrait presque à regretter que les développeurs ne soient pas allés au bout de ce concept génial, en intégrant cette zone de non-droit à l’expérience globale. Pour résumer, la Dark Zone manque cruellement de missions, alors que le reste de la carte manque cruellement d’enjeu. Une douce ironie, qui n’enlève rien à la réussite globale du titre. Pensez juste à foutre la paix à ces pauvres clebs.

The Division REVIEW 02

Par Yox le

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