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Strider

Une lâme d'enfant

C’est toujours surréaliste de voir un héros de la grande époque arcade faire son entrée dans le 21ème siècle. On se rappelle encore avec effrois de la renaissance de Flashback, qui prouve que parfois certains souvenirs ne sont pas forcément bons à déterrer. On aurait pu penser la même chose du reboot de Strider. On aurait aussi pu l’enterrer vivant avant même d’y avoir touché, surtout compte tenu de l’état chaotique du projet. Mais ce serait faire une croix sur l’essentiel. Ce serait chier nos tripes à la face de notre âme d’enfant, et au passage, endiguer toute notion d’espoir qui nous reste dans ce bas monde. Car s’il y a bien une leçon dont on peut tirer de ce Strider, c’est que tous les types qui ont eu des étoiles dans les yeux en entendant le nom de Hiryu, ont eu raison d’y croire.

Tout ou presque transpire 1989 chez notre ninja-cyborg, qui affiche encore cette dégaine 2D charismatique un brin kitsch. La pose est déterminée, les bras fermement croisés, le foulard rouge écarlate flottant dans le vent… À croire que le Strider n’était jamais parti. Dans les faits, il s’agit toujours de courir partout dans des environnements futuristes semi-ouverts, interconnectés et un brin cyberpunk, tout en découpant dans le tas sans trop se poser de questions. La sensation est grisante, les combats frénétiques, et le carnage notoire rime bien souvent avec jubilatoire. Du moins dans un premier temps, tant la difficulté se corse rapidement. Nouveau millénaire oblige, vous obtiendrez au fil du jeu de nouveaux équipements qui vous serviront logiquement à tabasser de nouveaux ennemis, ouvrir des passages que vous ne pouviez pas ouvrir avant… Bref, le genre de trucs que l’on s’attend à voir chez un honnête descendant de Castlevania, Symphony of the Night. On se doit pourtant de reconnaitre que ce nouveau volet du titre culte de Capcom peine à vraiment se hisser au niveau de ce qui se fait actuellement dans le genre. À commencer par un certain Guacamelee. Vingt-cinq ans plus tard les standards ne sont plus les même, et si la copie proposée n’a pas à rougir, on ne peut s’empêcher d’émettre toute une farandole de regrets. Des regrets qui dans un monde idéal, n’auraient rien à foutre là.

On pourrait par exemple évoquer toutes ces imprécisions de gameplay qui vont rendre fou la poignée de courageux qui décideront de tenter l’aventure en difficile. Tout comme les checkpoint finis à la pisse, ou encore les environnements qui alternent entre le sublime et le générique absolu. Même constat pour l’ambiance sonore pratiquement inexistante, qui nous rappelle que c’est lorsque l’on nous enlève un truc qu’on se rend compte de sa réelle importance. Et on se doit de reconnaitre qu’une furieuse bande-son peut largement plaider en la faveur d’un jeu vidéo. Quoi qu’il en soit, on aurait dans le fond aisément pu passer outre, si la jouabilité derrière avait été en béton armé. Or ce n’est pas le cas non plus. Pour faire simple, vous allez passer l’intégralité du jeu à appuyer sur le même bouton de frappe. Il y a bien un uppercut, ou une attaque sautée, mais ils ne servent strictement à rien. Là où Guacamelee jouissait d’un bestiaire aux points faibles divers et variés, obligeant le joueur à utiliser toute sa panoplie d’attaque, Strider se révèle être infiniment trop simpliste. Il y a bien quelques subtilités çà et là, mais pas suffisamment pour être vraiment pertinentes. Alors ont s’ennuie, un peu. Et lorsque l’on ne s’endort pas, c’est la difficulté du jeu qui nous fait péter un câble, notamment sur les nombreux boss qui jalonnent l’aventure. Un périple tout droit sorti d’un autre temps.

Strider - VERDICT

Par Yox le

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