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« Même si leurs corps sont depuis longtemps retournés à la poussière, leurs sacrifices continuent de vivre en nous. Nous devons chérir leur mémoire. Nous n’avons pas le droit d’oublier ». Les derniers mots du narrateur de Soldats Inconnus nous ramènent à une réalité certaine. Celle d’un conflit mondial qui reste avant tout un drame pour l’humanité, ayant emporté plus de 10 millions de vies sur son passage. C’est dans ce contexte rarement exploité de la Première Guerre Mondiale, qu’une poignée de développeurs chez Ubisoft Montpellier font s’entrecroiser les destins de 4 inconnus et d’un chien de sauvetage. Le tout au sein d’un titre qui entremêle assez habillement poésie, divertissement, et devoir de mémoire.

Soldats Inconnus fait clairement parti des jeux qui tirent leur média vers le haut. Allez montrer ça aux ignorants qui assimilent les consoles de jeux à des catalyseurs de violence, ça devrait les faire réfléchir 30 secondes. Il est pourtant bel et bien question de violence dans le dernier jeu d’Ubisoft mais, pour une fois, celle-ci n’est pas gratuite, ni même plaisante. Elle est nécessaire, et le plus souvent psychologique. Elle est dans la séparation d’un père et de sa fille, dans des amitiés qui se font emporter par le front, et dans des échanges épistolaires qui ne sont jamais sûrs de trouver l’être aimé en bonne santé, pour ne pas dire bien vivant. Ça peut paraître lourd comme ça, mais Soldats Inconnus ne sort les violons qu’à de très rares occasions. C’est un récit équilibré, pas manichéen pour un sou, qui n’en fait jamais trop. La dureté de l’histoire avec un grand H est d’ailleurs en contraste perpétuel avec la candeur des dessins de livres pour enfants, qui constituent le parti pris artistique du jeu. Pris dans un tourment de pianos mélancoliques et de détonations de bombardements féroces, on se plonge sans grande difficulté dans ce récit qui va couvrir une large partie des événements marquants de la guerre de 14-18. De l’enrôlement des hommes, aux taxis de la Marne, Verdun, le gaz moutarde et le tristement célèbre massacre du Chemin des Dames.

Il n’y a pourtant jamais de tueries directes dans Soldats Inconnus : « la guerre s’en charge déjà » annonce Ubisoft, assez pompeusement il faut le reconnaitre. On passe ainsi généralement notre temps à esquiver les tirs, résoudre des casse-têtes, aider des survivants, et explorer les sublimes zones du jeu. Rien de bien compliqué en somme, tant la jouabilité épurée s’avère simpliste à souhait. Peut-être même un peu trop pour certains. Le jeu ne manque pourtant pas de variété et se permet des parenthèses plus barrées dans le déroulement de sa trame, comme des séquences en tank, des combats de boss déjantés, ou bien une phase assez surréaliste en taxi sur les Champs Élysées, rythmée par la musique du french cancan. On apprend également pas mal de choses tout au long de l’aventure via une multitude d’articles, d’objets à trouver, et de documentations diverses et variées. De quoi nous faire dire qu’en plus d’une très belle composition artistique et scénaristique qui s’étale sur une petite dizaine d’heures, les gars d’Ubisoft Montpellier se sont livrés à un travail qui relève pratiquement de l’historien. C’est un testament avant tout humain d’un morceau de l’histoire que l’on a tendance à banaliser, et dont on ne retient au final que les commémorations austères. Une belle manière de rendre hommage au centenaire du conflit, et de prendre du recul sur ceux qui font rage encore aujourd’hui sur le globe.

Soldats Inconnus - VERDICT

Par Yox le

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