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Resident Evil, HD Remaster

La beauté de l’horreur

Une version haute définition d’un remake acclamé sorti il y a plus de dix ans, il n’y avait qu’un éditeur comme Capcom pour oser le faire. L’opportunisme commercial de la firme japonaise n’est plus à prouver, d’autant plus quand il s’agit de l’une de ses licences les plus lucratives. Seulement, voilà : peut-on vraiment se plaindre de la réédition d’un des meilleurs jeux d’horreur de l’histoire du jeu vidéo, accessible désormais au plus grand nombre ? Certes, les nouveautés se comptent sur les doigts de la main, mais le matériel original est tellement bon que la claque fait toujours aussi mal.

Pendez-moi, menacez-moi, insultez-moi, jetez-moi vos plus beaux crachats : je n’ai jamais, au grand jamais, bouclé le premier Resident Evil. Mon expérience s’est limitée à la prise en main vomitive de la version PS1 et au traumatisme de quelques chiens enragés au détour d’un couloir fenêtré. Fin de partie, le CD a regagné sa fragile boîte et a laissé sa place aux rues déjantées de Silent Hill. En ce début d’année bien calme vidéoludiquement parlant, il était temps de rectifier le tir et d’arpenter de long en large les couloirs lugubres et ironiquement chaleureux du manoir Spencer. Treize ans plus tard, j’allais découvrir un monument du jeu vidéo. Et si j’utilise la première personne du singulier, c’est que mon égo surdimensionné estime que mon expérience tardive du jeu reflète parfaitement ses qualités intemporelles. Dans sa version remaniée sortie sur Gamecube, Resident Evil dispose encore aujourd’hui d’une direction artistique à en crever. Peu importe que vous choisissiez Jill Valentine ou Chris Redfield, le manoir Spencer est le véritable personnage du jeu, mis en valeur par des angles de caméra judicieusement choisis. À mon humble avis, ce sens de la mise en scène est la plus grande claque qu’inflige le titre de Shinji Mikami. Certains y verront aujourd’hui une barrière à la prise en main, alors que la quasi-totalité des nouveaux jeux adopte une caméra libre. Personnellement, j’y vois la personnalité d’un titre qui fait toujours mouche une décennie après sa sortie. L’évidence est peut-être étonnante face au poids des années, mais Resident Evil est une œuvre effroyable. À titre de comparaison, The Evil Within (le dernier titre de Shinji Mikami) ne parvient pas une seule fois à égaler son aîné sur le baromètre de la frousse.

Ils sont nombreux à reprocher au jeu son interface lourdingue et ses nombreux allers-retours. Il serait difficile de contredire le premier point tant le dépôt et la prise d’objet dans les différents points de sauvegarde sont une calamité. Quant aux nombreux détours forcés par l’aventure, ils participent directement à l’aspect survie du titre. Une poignée qui se casse, c’est une porte qui refuse de s’ouvrir. Une porte qui refuse de s’ouvrir, c’est un nouveau chemin qu’il faut anticiper, en espérant ne pas croiser l’une des ignobles créatures d’Umbrella. Mon plus grand traumatisme a été balayé d’une traite par cette version Remaster. Non, Resident Evil premier du nom n’est plus un viol pour les doigts, grâce à la jouabilité moderne que Capcom a pris soin d’incorporer à son jeu. Certes, il réside encore quelques problèmes, principalement liés à ces angles de caméras qui peuvent se révéler capricieux lorsqu’il s’agit de passer d’un plan à un autre. D’ailleurs, s’orienter dans le manoir et ses alentours peut vite devenir un supplice pour celui qui découvrirait le titre pour la première fois. Cette version Remaster est assez paresseuse et n’offre que très peu de nouveautés, si ce n’est des costumes alternatifs, les dossiers de Wesker, un affichage 16/9 et un polissage en haute définition. Resident Evil demeure une monstruosité attachante, une démonstration de force qui a donné, et qui donne encore, toutes ses lettres de noblesse au genre. Le titre est la preuve vivante que l’horreur n’est pas contrainte à se conjuguer avec de multiples jump scare pour provoquer l’effroi. Il suffit parfois d’un silence un peu trop long, d’une caméra placée sous un meuble pour imaginer (ou vivre) les pires atrocités.

Resident Evil - VERDICT

Crédit image, ZGRY.

Par Sholid le

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