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Remember Me

Chirurgie mentale

Et si la mémoire pouvait être une donnée matérielle comme une autre? Une série de codes informatiques qu’on pourrait extraire, transmettre, effacer et échanger à volonté: le réseau social ultime, ou Sensen pour Sensation Engine. 2084, la ville entière de Néo-Paris croule sous le poids de cet implant cérébral dont elle est tombée accroc, s’agrippant aux souvenirs d’un passé heureux, et à l’espoir d’un futur meilleur. C’est le postulat de départ prometteur de cette dystopie prenante, qui nous lance à la poursuite du passé perdu de la belle Nilin. Et si le voyage est imparfait, il restera à coup sûrs gravé dans les mémoires.

« LA MÉMOIRE EST LA SENTINELLE DE L’ESPRIT »

C’est une héroïne vulnérable que l’on découvre dès le prologue de Remember Me. Abasourdie, le cerveau drainé de tout souvenir, le corps frêle titubant, guidée par Edge: un interlocuteur dont on ne sait rien. Tenu à bout de bras par le romancier SF moult fois récompensé Alain Damasio, le scénario du premier gros jeu des français de DONTNOD sent bon le récit d’anticipation. Mieux, il est servit par un univers futuriste ultra détaillé, dont tous les à-côtés participent à élaborer une société crédible basée sur la découverte de l’échange de données sensorielles. Spécialité de notre héroïne, les (trop rares) séquences de remix de souvenirs sont un point fort du jeu, proposant concrètement de modifier un élément de la mémoire de l’hôte pour provoquer une réaction en chaîne. En 2084, on efface un mauvais souvenir comme on opère une tumeur et on s’injecte dans le cerveau des moments manufacturés (comme un premier baisé sur la plage), directement depuis des bornes qui jonchent les rues. Lien de cause à effet, nombreux sont ceux qui en sont tombés dépendant, donnant au rêve doré de la société Memorize des airs de carte postale post-apocalyptique, servi par une direction artistique savoureuse entremêlant monuments historiques et architecture cyberpunk. D’un bidonville au pied de l’Arc de Triomphe, jusqu’à une prison futuriste aux faux airs de Portal 2: le voyage dans Néo-Paris s’annonce aussi passionnant que dépaysant. Dommage que le contexte s’avère fatalement plus intéressant que la trame scénaristique en elle-même…

« LA MÉMOIRE, CE FLÉAU DES MALHEUREUX »

Il faut dire que les à-côtés sont très peu nombreux: le jeu est un long couloir étriqué, alternant plateforme automatisée, exploration et énigmes faussement originale,s puisque le tout utilise des mécanismes sempiternels du jeux vidéo, dont on a simplement changé l‘intitulé: « Utilise le souvenir de ce mec pour ouvrir une porte ». Mouais. Le tout en devient tellement prévisible, qu’on en arrive inévitablement à brandir nos poings dès que les murs s’élargissent un peu, signalant à l’audience avertie l‘arrivée imminente d‘un affrontement. L’occasion de voir la belle Nilin virevolter gracieusement sous des clappements électroniques psychédéliques, dans une danse percutante à la Catwoman qui alterne acrobaties et uppercuts, toutefois dans l’ensemble un peu molassons. Originalité: le Combo Lab permet d’attribuer des propriétés spéciales (puissance, gain de santé, recharge de pouvoir) à chaques touches d’un enchaînement. Résultat, on se retrouve à devoir apprendre ses combos par cœur pour s’adapter à toutes les situations. Comme contre ces ennemis électrifiés qu’on est obligé d’abattre avec un combo de soin, sous peine de griller sur place ! Histoire de varier les plaisirs, 5 pouvoirs spéciaux (invisibilité, bombe, enchaînement éclair…) viennent également renforcer les attributs offensifs de la belle. Problème: on aurait encore une fois aimé que le tout aille un peu plus loin. En l’état, l’idée est intéressante, offrant des joutes musclées ou la tactique paye bien plus souvent que le bourrinage massif.

Dystopie prenante, level-design à tomber à la renverse, sujet infiniment passionnant, système de combat novateur: tous les ingrédients étaient réunis pour faire de Remember Me une expérience inoubliable. Pourtant, difficile de ne pas rester sur sa faim tant le potentiel gargantuesque du titre semble sous-exploité. Qu’importe, le bébé de DONTNOD s’impose comme une expérience diablement prenante. On s’en tiendra au slogan de Memorize: ça ne s’oublie pas.

Remember Me - VERDICT

Par Yox le

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