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Ratchet & Clank

Une réussite totale

Il y a quelque chose de foncièrement rabaissant dans la mention « tous publics ». Dans l’idée générale, le tout public est souvent l’appellation déguisée d’un film, d’un jeu vidéo, ou de n’importe quel autre produit supposément culturel, qui n’intéressera probablement plus personne au-delà du CM2. Un phénomène qui relève de la contre-indication pure et simple : pourquoi qualifier un truc de tout public, alors que tout le monde sait pertinemment que ça s’adresse uniquement à des individus dont la plus grande préoccupation sera de savoir comment déchiffrer la notice du Kinder Surprise ingurgité lors du goûter de 16 heures ? Dans le meilleur des cas, c’est déjà une mauvaise presse pour les produits culturels qui sont véritablement tous publics, dans le sens le plus littéral du terme, c’est-à-dire un truc plus ou moins susceptible de satisfaire un spectrum qui part de l’innocence d’un mioche, aux exigences liées à un divertissement d’adultes. Ratchet & Clank s’inscrit parfaitement dans cette logique. C’est un jeu tout public, qui procurera des hectolitres de fun à n’importe quel réfractaire, quel que soit son sexe, et quel que soit son âge.

C’est la définition du divertissement universel par excellence, dans sa forme la plus simple, la plus pure, mais aussi la plus noble. Ratchet & Clank est exigeant sans être difficile, drôle sans être niais, accessible sans être stupide. Mais au-delà de tout ça, il est surtout diablement fun, incroyablement varié, et parfaitement mené, de la première à la toute dernière seconde de jeu. En 2002, le studio Insomniac Games créait déjà l’exploit. Le cocktail d’action / plateforme du tout premier Ratchet & Clank était déjà parfaitement dosé. Historiquement, la saga fait partie des rares licences de plateforme 3D à n’avoir jamais déçu. Pourtant, il y a 15 ans, la concurrence était déjà rude. L’excellent Jak & Daxter venait de sortir un an plus tôt, et le genre était en pleine explosion. Pourtant, le tout premier épisode de Ratchet & Clank reste dans les mémoires. Ceux qui étaient suffisamment formés pour tenir une manette se souviennent encore des premiers niveaux, de la rencontre entre le Lombax et son acolyte robotique sur Veldin, sans oublier les premiers émois de cette saga intergalactique charnière. Si l’idée d’en faire un énième remake peut donner envie de régurgiter le contenu de votre estomac, il faut bien admettre que le tout premier Ratchet est véritablement magique en haute définition. Toute l’aventure a été remise à plat, redessinée, et finalement intégralement recréée comme un véritable nouveau jeu. La première pierre d’un nouveau départ pour la franchise, qui sort également un long-métrage pour l’occasion.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la progression enchante à tous les niveaux. C’est un petit peu comme redécouvrir la version sous stéroïdes d’un truc que vous aviez déjà idéalisé dans votre mémoire depuis plus d’une décennie. Visuellement, le jeu est une claque de tous les instants. On en arrive au stade autrefois fantasmagorique, où l’on peut désormais prononcer de manière crédible la phrase suivante : on a vraiment l’impression de jouer le film. Le gouffre a été définitivement franchi, et il n’y a désormais plus qu’une infime différence, quasiment indétectable, entre ce qui nous est proposé sur consoles, et ce que vous aurez tout le loisir de découvrir dans le confort d’une salle obscure. Les gadgets emblématiques de la saga répondent tous présents, dans des niveaux réadaptés pour l’occasion. Même constat pour les armes mythiques de la série, auxquelles viennent s’ajouter de petites nouvelles comme le Pixeliseur, qui freeze n’importe quel ennemi dans un monde en 8-bits. L’arsenal du jeu est à la fois loufoque, et diablement dévastateur. Chaque situation vous laisse l’embarras du choix. Si une horde de chiens mécaniques enragés vous agresse, libre à vous de les carboniser au lance-flammes, de les envoyer valser à coup de Super Clé, ou bien de les obliger à danser avec une grenade Groovitron, avant de les transformer en innocents moutons d’un grand coup de laser. C’est probablement l’un des trucs les plus fascinants du jeu : son univers cartoonesque et chatoyant n’empêche pas les pires moments de sadisme, et les fusillades les plus folles. C’est un jeu nostalgique, jubilatoire, vendu à un prix dérisoire, et surtout profondément fun. Tout simplement.

Ratchet 2016 REVIEW 03

Par Yox le

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