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Never Alone

La parenthèse inattendue

Il est impossible de nier l’évidence. Depuis quelques années, le jeu vidéo s’exporte de plus en plus hors des clichés du divertissement pur, prenant doucement la direction d’un média omniscient qui cristallise des notions ludiques, mais aussi artistiques, voire éducatives, à des degrés plus ou moins prononcés. C’est d’ailleurs ce qui rend le média passionnant : il n’a toujours pas de limites ni de frontières dans ce qu’il est capable de proposer à son public grandissant, qui s’affranchit de plus en plus des clichés ridicules et archaïques véhiculés par les médias de masse il y a encore quelques années. Un sentiment qui s’est d’ailleurs largement confirmé le jour où tous les JT de France se sont mis à parler de Soldat Inconnu, un testament poignant sur la Grande Guerre, qui montrait une facette plus humaine de cette période terrible.

On comprend clairement que la démarche de Never Alone est assez similaire, bien que le sujet soit d’apparence moins meurtrier. Le message du jeu est culturel, et pose la question de la relation qu’entretient l’homme avec la nature. Bien loin des poncifs Rousseauistes « L’homme nait bon, c’est la société qui le corrompt », ou bien de l’idée d’affrontement entre la Nature et la Culture, Never Alone est une proposition saine, qui ne cherchera jamais à vous faire la leçon. L’approche n’est pas moralisatrice une seule seconde. Elle n’a dans le fond qu’une seule ambition : celle de vous faire voyager, découvrir une autre culture, un autre mode de vie. Plus précisément celui du peuple Iñupiat, un groupe nomade qui vit au fin fond de l’Alaska, et qui jouit d’une culture et d’une philosophie de vie qui tranche radicalement avec le monde moderne. En nous faisant le récit d’une histoire traditionnelle, qui narre le périple glacial d’un jeune garçon (ici transformé en jeune fille) et d’un renard des neiges, Never Alone fait avant tout la peinture monochrome d’un monde lointain. Exactement comme aurait pu le faire un documentaire. Le choix du support du jeu vidéo est d’ailleurs très intéressant, et on ne peut d’ailleurs que saluer cette démarche qui dynamite encore un peu plus les préjugés indigestes.

Concrètement, il s’agit donc de prendre la manette, et de progresser dans les plaines glaciales, à la rencontre des animaux dangereux, ou bien des petits hommes. Au fil de la progression, des documentaires vidéos se débloquent, et viennent apporter un peu de savoir concret à la poésie abstraite du jeu vidéo. Entre réalités et légendes urbaines, le jeu s’appuie sur les croyances du peuple Iñupiat, et les transforme ingénieusement en idée de gameplay. Il n’est donc pas rare de se faire aider de divinités pour effectuer des phases de plateformes. L’idéal étant bien entendu d’y jouer à deux en coopération. Le premier contrôle Numa, l’autre le renard. Néanmoins, et ça nous brise vraiment le cœur de le reconnaitre, il ne suffit pas d’une cargaison de bonnes intentions pour faire un bon jeu vidéo. Il manque quelque chose de primordial à Never Alone pour faire de lui une réussite. Un jeu que l’on aurait sans mal pu vous recommander chaudement. Et cette chose-là, c’est la jouabilité. La composante essentielle de tout jeu vidéo qui se respecte. Le gameplay est anémique, proposant non sans peine un léger florilège de mécaniques vues et revues dans le monde de la plateforme. À trop se concentrer sur l’aspect culturel franchement passionnant, les développeurs ont délaissé un autre aspect d’égale importance : le plaisir de jouer.

Never Alone - VERDICT

Par Yox le

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