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Murasaki Baby

Donne moi ta main

On n’attendait pas grand-chose de ce petit jeu au look malsain, qui ne paye en apparence pas de mine. Murazaki Baby est pourtant une curiosité, qui dégage un charme aussi poisseux qu’éphémère. Que l’on s’entende bien : vous n’êtes clairement pas face à l’exclusivité PSVita dont vous parlerez encore dans 10 ans. Plutôt 10 jours, tout au mieux. Mais ce qu’il y a de bien avec ce genre de titres sans prétention, c’est que vous ne pouvez qu’être agréablement surpris. Vous n’allez pas vous sentir roulé, ni floué, ni volé sur la marchandise. Au pire vous aurez perdu 10 balles, et fin de l’histoire. La bonne nouvelle : c’est que dans le cas présent, le jeu en vaut la chandelle. Pour peu que vous ne soyez pas allergique à l’overdose de tactile.

Aider une petite fille désespérée à retrouver le chemin vers sa mère : on se croirait dans l’une des toutes premières scènes du jeu Silent Hill. Alessa Gillespie, une mystérieuse fillette de 7 ans était alors piégée dans les flammes de son domicile en feu. Quoi de mieux qu’une figure de l’innocence incarnée pour réveiller les instincts les plus héroïques ? C’est peut-être de la triche, mais notre nature humaine de mâles protecteurs emplis de compassion, nous poussent instantanément créer un attachement avec la monstruosité sans défense de Murasaki Baby. Perdue, seule dans le noir, elle aussi semble désespérément chercher sa maman. C’est alors à nous, joueur, de lui prendre la main en effleurant le pavé tactile pour la guider dans les limbes d’un monde aussi sombre qu’étrange. Tout droit sorti de l’Étrange Noël de Mr Jack. Le spectre de Tim Burton n’est jamais bien loin, contaminant la direction artistique de la patte de ses œuvres les plus sombres. Dans un sens, c’est un peu le même feeling qu’on avait eu dans l’excellent Ico, lorsque l’on guidait la princesse par la main, faisant fuir les ombres maléfiques. Un contact physique au symbole fort. Elle est sous votre protection, à vous et à personne d’autre. Alors rapidement on se prend au jeu. On guide du bout des doigts notre hideuse protégée dans un monde de cauchemars, où n’importe quelle figure peut s’avérer hostile, dévoiler un nouveau visage.

D’apparence innocent, un autre enfant croisé en route peut lui aussi révéler une lourde menace. Tenez la console à l’endroit, et il vous suivra tout joyeux. Retournez la console et il deviendra fou, tentant désespérément de crever votre ballon en forme de cœur, symbole de la vie. Le jeu regorge en effet de bonnes idées, utilisant avec brio les fonctionnalités de la portable de Sony, comme l’avait fait l’excellent Tearaway. L’une des meilleures idées consiste à débloquer des nouveaux backgrounds, que vous pourrez faire défiler avec le pavé tactile arrière. Par exemple, le background bleu pourra faire tomber des éclairs et activer des portes, alors que le background orange crée d’énormes bourrasques qui peuvent éventuellement faire avancer un bateau. Tout l’intérêt du jeu repose donc dans la bonne utilisation de ces fonds. Le résultat ludique n’en reste pas moins tordu lors de certaines séquences, où vous allez devoir faire une véritable gymnastique de la main. Faire avancer la petite fille d’un doigt, éclater des petits ennemis de l’autre, puis retourner la Vita pour faire basculer le décor. Vous avez dit complexe ? Pas tant que ça, mais tout de même. Il est vrai que ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de jouer différemment. Dommage que l’aventure se termine avant que l’on ait réellement eu le temps de se plonger dedans. On aurait aimé voir plus de cette épopée mystique, rythmée par les musiques perdues d’un certain Akira Yamaoka, le génie derrière la soundtrack de la saga Silent Hill. La boucle est bouclée.

Murasaki Baby - VERDICT

Par Yox le

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