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Metal Gear Solid V

A story with no ending

On attendait le chainon manquant. L’ultime chapitre, cadeau d’adieu de l’un des plus grands pontes de l’ère vidéoludique. Hideo Kojima qui quitte Konami, c’est avant tout le récit du plus grand divorce de l’histoire du jeu vidéo. Difficile de ne pas déborder de louanges pour la saga Metal Gear Solid, dont le scénario tentaculaire et passionnant tient des millions de joueurs en haleine depuis maintenant plusieurs décennies. Il l’annonçait depuis le début du développement : Metal Gear Solid V sera le dernier. Le véritable point final de l’histoire de Big Boss, père biologique du légendaire Solid Snake. Mais au terme d’un épisode haletant, véritablement révolutionnaire pour la série, force est de constater que les choses ne se sont pas vraiment passées comme prévu. Le résultat est une œuvre imparfaite, incomplète, bourrée de paradoxes. Un ascenseur émotionnel entre exaltation et profonde frustration, que l’on retiendra avant tout comme un chef-d’œuvre inachevé.

Lorsqu’il a sorti Metal Gear Solid 4, on disait Hideo Kojima vidé de toute sa substance. Bien qu’il reste un épisode incontournable, le quatrième volet de la franchise culte s’est laissé dépasser par les ambitions scénaristiques démesurées de son créateur. Si on y réfléchit bien, MGS4 excelle plus dans l’art de la compilation d’idées éculées resservies sous forme d’hommage, que dans la construction d’un vrai jeu novateur. Bien que le titre conserve une extrême popularité, il n’était pas exempt de tout reproche. Après tout, la saga des Metal Gear reste dans son ADN une œuvre basée sur la capacité d’adaptation et la constante remise en question. Lorsqu’il a sorti le premier Metal Gear sur MSX en 1987, Hideo Kojima était parti dans l’idée d’offrir un jeu de guerre pur jus. Ce sont les capacités limitées de la console qui ont poussé le jeune créateur à revoir sa copie. Difficile de faire un shooter lorsqu’on ne peut pas afficher plus de trois ennemis à l’écran. Voilà comment est venue l’idée de l’infiltration. Aujourd’hui, les capacités techniques de nos consoles sont bien plus vastes, et offrent un éventail de possibilités qui n’existaient pas à l’époque d’un Metal Gear Solid 3. Qu’il veuille bien l’admettre ou non, les critiques sur MGS4 ont eu un impact sur le nouvel épisode. Comme un électrochoc, Kojima est revenu avec ce que tout le monde attendait : de nouvelles idées. En transformant la saga Metal Gear en un monde ouvert, nombreux étaient les sceptiques chez les fans de la première heure. Mais cette décision lourde de sens a véritablement révolutionné la manière de jouer.

Il y a désormais autant de façons d’appréhender une situation, qu’il y a de joueurs sur Terre. En terme de jouabilité pure, Metal Gear Solid V est sans conteste le meilleur volet de la saga. Le feeling est parfait. La customisation d’arme est ultra poussée, tout comme le système de compagnons véritablement novateur dans la saga. Que vous soyez accompagné de votre fidèle canidé, ou de la pulpeuse tireuse d’élite Quiet, les parties ne ressemblent en rien à ce qui a été fait par le passé. Cette remise en question radicale ne s’arrête (hélas) pas qu’au gameplay. Le mode de narration a lui aussi entièrement été revu. Les longues cinématiques laissent désormais place à des cassettes que vous pouvez écouter quand bon vous semble. Le scénario volontairement dépouillé fera un choc aux habitués de la série. Tout comme la durée de vie du jeu. En faisant les missions secondaires, vous en aurez pour facilement 80 heures. Autant dire que vous en aurez pour votre argent. Du jamais vu dans la saga, mais qui intervient au prix de la durée de vie artificielle et des missions recyclées. Et c’est là que le bât blesse véritablement : le jeu n’est pas terminé. Il suffit de voir la fin expéditive pour comprendre les raisons du départ de Kojima. Lui qui voyait un monument gargantuesque, s’est fait rattraper par la réalité économique du marché. Le prologue Ground Zeroes, The Phantom Pain et un chapitre final qu’on ne verra probablement jamais auraient dû parachever ce qui aurait pu être le meilleur Metal Gear Solid jamais créé. Le plus fou, le plus grandiose. Hélas, la grande conclusion que la saga méritait n’était qu’une illusion.

MGSV - REVIEW 01

Par Yox le

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