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Mad Max (The Game)

Apocalypse Now

L’enfer des uns est le paradis des autres. Bien qu’il représente un vaste océan de libertés où tout est permis, un El Dorado aride où l’Homme évolué revient à son état le plus primitif, pour Max Rockatansky, le Wasteland est un lieu à fuir. Un purgatoire qui s’étend à perte de vue, dominé par d’infâmes monstres mécaniques, qui broient progressivement le peu d’humanité qu’il nous reste. Dans l’enfer du chacun-pour-soi, le dieu de la post-combustion fait régner sa loi tyrannique. On ne compte plus les ambassadeurs du monde vidéoludique a avoir largement pioché dans l’univers apocalyptique de George Miller. Rage, Borderlands, Fallout, si on y réfléchi bien, le jeu Mad Max existe déjà. Mais aucun des précités n’a eu l’audace d’aller au bout du bout. D’enfoncer véritablement le clou. De transmettre avec justesse toute la furie des affrontements sur roues, du profond désespoir ambiant, et des luttes territoriales dignes du monde animal. Un postulat de départ que l’on aurait aimé pouvoir retrouver dans ce jeu Mad Max, qui se contente hélas d’user les poncifs les plus éculés du genre.

Que l’on s’entende bien, le jeu Mad Max est loin d’être dégueulasse. Par moment, c’est même tout le contraire. Le genre de passages où tout s’accorde, où vous vivez une poursuite à tombeaux ouverts sur un rythme luciférien, carbonisé par la surchauffe des V8, les effusions de métaux, les hurlements diaboliques et les paysages de carte postale post-nucléaire. Ces moments orgasmiques où plus rien n’a de sens, et où vous vous nourrissez allègrement du chaos ambiant. Comme une perfusion d’adrénaline qui vous pousse constamment vers les extrêmes. Plus d’explosions, plus de morts, plus de destruction. On ne pourra au moins jamais lui enlever ça : le jeu Mad Max est l’un des défouloirs les plus redoutables du moment. Que ce soit à pied ou derrière un volant, Mad Max est une purge de tous les instants, qui confirme que les voies de la destruction sont impénétrables. Ce qui en soit reste une énorme victoire. Mais à l’issu de toutes ces heures passées à écumer les terres désolées, on ne peut toujours pas se détacher de cette impression d’avoir comme un grain de sable dans la machine. Tout est bien fichu, mais rien n’est transcendant. Le système de combat est efficace, mais il n’est que le squelette de celui de Batman, dépouillé de toutes ses nuances et subtilités. La conduite est sympa, mais les affrontements motorisés laissent un sale goùt d’inachevé. Quant au système de progression par avant-postes à débloquer, il est vu et revu.

Dans le fond, les résidus de la claque monumentale laissée par Fury Road n’ont pas fait que rendre service au jeu Mad Max. Lorsque vous partez à l’assaut d’un convoi, il est humainement difficile de ne pas penser à l’intro démentielle du chef-d’œuvre de George Miller. Il suffit d’imaginer tout ce qui aurait pu être fait (ce qui aurait dû être fait) pour comprendre que le jeu d’Avalanche ne gratte pas plus loin que la surface. Rien que le bestiaire mécanique manque cruellement de variété. Où sont passés les gangs de moto-cross, les Monster Trucks contre nature, les infamies sur roues, les immenses cortèges et les semi-remorques boostés au N20 ? Les poursuites elles-mêmes sont d’un classicisme monstre. Un comble pour ceux qui ont accouché de la série des Just Cause, dans laquelle le héros peut sauter d’une voiture à l’autre à pleine vitesse, se battre sur le toit d’une carcasse à la dérive, et prendre le contrôle d’un véhicule adverse. Voilà typiquement le genre de savoir-faire que l’on aurait aimé trouver dans un jeu Mad Max, qui n’aurait pas manqué de rendre justice à la folie démentielle de l’œuvre originale. Oui, la customisation ultra poussée est jubilatoire, tout comme le monde ouvert s’étend à perte de vue. Les quêtes annexes sont légions, mais le contenu gargantuesque devient inexorablement répétitif. Au final, il aurait peut-être été judicieux d’en faire moins, mais mieux.

Mad Max Game - REVIEW NOTE

Par Yox le

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