Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Parfois, un échec est nécessaire pour accoucher du meilleur. Avec Remember Me, les développeurs de Dontnod ont payé les frais d’une concurrence à toute épreuve et de moyens qui n’étaient peut-être pas à la hauteur de leurs ambitions. De ce titre, il fallait en retenir deux choses : son ambiance et le travail effectué sur sa narration. Deux éléments sur lesquels le studio a choisi de s’appuyer pour leur nouvelle licence : Life Is Strange. Plus modeste, plus honnête, le jeu épisodique du studio français a marqué l’année vidéoludique passée, et à juste titre.

Balancer un jeu épisodique à choix multiples semble être la solution de facilité pour tous les studios en peine. Il faut dire que le succès des jeux Telltale fait des émules. Entre la conjoncture économique qui n’incite pas à prendre des risques et l’avantage de pouvoir dégager des revenus avant même d’avoir livré la suite de son jeu, Dontnod avait tout intérêt à remonter la pente du succès en cédant aux sirènes du genre à la mode. Pourtant, aucune de ces considérations ne pourrait ternir le tableau proposé par Life Is Strange. Comme si, après les frustrations cumulées sur Remember Me, les développeurs de Dontnod était parvenus à lâcher la bride, à se concentrer sur l’essentiel, sur ce qu’ils savent faire de mieux : instaurer une ambiance, raconter une histoire, soit l’essentiel pour n’importe quel jeu épisodique qui se réclame d’une quelconque ambition narrative. Les mauvaises langues diront que Life Is Strange n’est qu’un patchwork, à peine dissimulé pour ne pas dire pas du tout, d’idées puisées à droite et à gauche. Twin Peaks est une influence majeure pour le cadre de l’aventure, L’Effet Papillon et Donnie Darko pour le développement de l’histoire : il y a pire que ces œuvres en matière de référence. Derrière ce qui semble être parfois plus un manque d’inspiration qu’un réel hommage, Dontnod est tout de même parvenu à imposer une histoire originale, portée par des protagonistes pour lesquels il est impossible de ne pas avoir un semblant d’empathie. Parce que c’est à travers une forte implication émotionnelle que Life Is Strange tente de marquer les esprits, moins par les mécaniques du genre qui ne dupent définitivement plus personne.

Il faut désormais effectuer un pacte avec ce type de titres, à l’image d’un pacte de lecture : il faut accepter que les possibilités du jeu soient limitées, que la plupart des choix soient un voile de fumée, une illusion, pour mieux entrer dans l’histoire. Max, personnage principal du jeu, peut remonter le temps, afin de modifier les décisions entreprises par le joueur. Un subterfuge qui fonctionne, pour peu qu’on accepte le cadre limité du scénario instauré par les développeurs. Très vite on se prend au jeu, on façonne les relations avec les autres protagonistes, on enquête sur la disparition d’une jeune étudiante, on vibre en attendant l’apocalypse annoncée par une vision prémonitoire. Contrairement aux dernières productions Telltale, Life Is Strange ne s’impose pas comme une simple longue joute verbale, mais offre quelques moments de prise en main. L’occasion d’explorer les moindres recoins d’Arcadia Bay, la ville fictive qui sert de terrain de jeu. Encore faut-il considérer Life Is Strange moins comme un jeu, et plus comme une expérience narrative sans prétention, si ce n’est celle de vous faire passer un bon moment. La difficulté est inexistante, et toute l’histoire tend à faire vibrer vos cordes sensibles en vous arrachant quelques cris de surprise et quelques larmes. On pourrait lui reprocher une certaine naïveté et des ressorts scénaristiques prévisibles, pour celui qui maîtrise les codes du surnaturel. Au final, le titre soigne tellement chacun de ses aspects qu’il est difficile de lui en vouloir. Encore faut-il parvenir à adhérer à son univers qui pourrait en laisser plus d’un sur le côté de la route. Pour les autres, la décharge émotionnelle est à prévoir.

Life is Strange REVIEW 01

Par Sholid le

Plus de lecture