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Killer is Dead

Lune de miel

Il faut bien reconnaitre qu’on sort rarement indemne d’un jeu de Goichi Suda, que ce soit d’ailleurs en bien ou en mal. Et ce n’est pas Killer is Dead qui va faire exception à la règle. Exit les délires de cheerleader psychopathe à la Lollipop Chainsaw, exit aussi la traversée folle des enfers dans Shadow of the Damned. Suda 51, pseudonyme incontournable de l’industrie du jeu japonaise, revient ici à une esthétique qu’il ne nous avait plus servie depuis son dérangé Killer 7, parut en 2005. Un nouveau cru qui assume sans détour une maturité certaine, mais surtout un gout sacrément prononcé pour la violence. Ultrastylisée de préférence.

THE JOB… KILLER IS DEAD

Ce qui marque d’emblée, en plus de cette esthétique de manga noir ravageuse, c’est l’univers scénaristique bourré de doubles sens particulièrement marqué dans cette dernière galette. Mondo Zappa, tueur à gages de profession, met ses talents morbides au service de Bryan Execution Firm. Katana dans une main, bras cybernétique vissé sur l‘autre épaule, et smoking de circonstance: le garçon ne fait pas dans la dentelle, et prend son job très au sérieux. On penserait presque à une autre figure de la galaxie Suda en la personne de Travis Touchdown, tête d’affiche de l’excellent No more Heroes. Le côté cyberpunk déjanté en moins… La comparaison n’est pas si lointaine, puisqu’on y retrouve cette même jouabilité démente. Du slash, des morts, du slash, des morts… bref, un sacré défouloir qui gagne en efficacité au fil des coups supplémentaires débloqués au fil des niveaux. Bien que très simpliste (une seule touche pour taper, une touche de parade, une touche pour briser les gardes), manette en main Killer is Dead reste plutôt grisant. Pas de quoi rivaliser avec les grands maîtres du beat’em all, ni même se donner trop de sueurs froides pour peu que vous jouiez autrement qu’en difficile. Et puis il y aura toujours ses séances de drague typiquement japonaises, ainsi que de nombreux défis pour décompresser entre deux niveaux. De quoi rallonger les 7-8h de l’aventure pricipale.

DARK SIDE OF THE MOON

Concrètement, vous enchainez contrat après contrat, toujours en gardant cette même maxime presque religieuse avant chaque kill: « The Job… Killer is Dead ! ». Le tout fait très cérémonial, presque de l’ordre de l’incantation, accentuant de manière assez prodigieuse l’aura de mystère qui entoure le protagoniste principal. Certes tout cela peut paraitre bien artificiel, un peu à l’image de ce scénario sans véritables surprises. Le talent ne réside pourtant pas là, mais bien dans les multiples niveaux de lecture offerts par les nombreuses allégories. Une terre miniature tenue dans le creux d‘une main, un mystérieux mal qui consume notre tueur après chacune de ses exécutions, et cette lune dont on évoque sans arrêt le côté sombre. « The Dark Side of the Moon ». Suda, fan de Pink Floyd? Pas seulement ! Pêle-mêle on pourrait citer une alliée aux fortes ressemblances avec Eva de Metal Gear Solid 3, des références à la Zone 51, ou bien de multiples dialogues qui prouvent que les personnages sont conscients de n’être que les pantins d’un jeu vidéo plus violent que la normale. Les boss sont à ce titre de franches boucheries, qui concluent dans l’hémoglobine des niveaux torturés jusque dans leur construction même.

Sans décrocher la lune, Killer is Dead renoue avec la série assassine du créateur de renom. Pas aussi sombre de Killer 7, pas aussi déjanté que No More Heroes, Killer is Dead est un bon compromis que les fans auront déjà dévoré sans préavis. Pour les autres, Suda reste avant tout le symbole qu’il est encore possible de jouer à autre chose.

Killer is dead - VERDICT

Par Yox le

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