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Le téléphone sonne. À l’autre bout du fil, l’étrange requête d’un inconnu interpelle. Le lieu de rendez-vous est fixé à l’autre bout de Miami. Arrivé sur place, les portes s’ouvrent : ce n’était pas un énième booty call. 5 minutes plus tard, l’hémoglobine jonche les murs du sol au plafond. Notre héros masqué remonte dans sa voiture. On ne vous dira jamais qui étaient ces types. Encore moins pourquoi vous venez de les mettre en pièce. Plus de deux ans après sa sortie, on ne se remet toujours pas du premier Hotline Miami. Une décharge d’agressivité sous les néons, qui prônait une fascination pour l’ultraviolence poussée à son paroxysme. Si on y réfléchit bien, ce jeu doit très certainement constituer le divertissement le plus bestial qui soit. Et c’est exactement ce qui en fait une véritable drogue dure.

Parfois, on en vient à se demander où un titre aussi modeste a bien pu trouver la force de décrocher une telle claque vidéoludique. Hotline Miami est le parfait contrexemple, qui nous rappelle que l’on n’est pas obligé de déborder de thunes pour proposer un divertissement de qualité. Qu’importe le nombre de pixels. Il est donc inutile de dire que l’on attendait énormément de ce Hotline Miami 2, notamment en terme de scénario. D’où proviennent ces mystérieux coups de fil ? Qui sont ces monstres masqués qui rôdent dans les rues de Miami à la tombée de la nuit ? Contrairement au premier jeu qui s’étalait largement sur la violente escalade de Jacket, Hotline Miami 2 place le joueur dans la peau d’un nombre assez conséquent de protagonistes, qui viennent amener plus d’épaisseur à la trame principale. Une trame qui n’est d’ailleurs pas dénuée de références cinématographiques, qui vont de la série Miami Vice au récent Drive. Conscients de leurs bases solides, les concepteurs du jeu en ont profité pour livrer une aventure plus longue, plus aboutie, mais aussi plus exténuante. Une tuerie dans son expression la plus dépouillée, qui ferait presque passer les premiers GTA pour des titres tout publics. Une bonne dizaine d’heures plus tard, on en ressort les yeux injectés de sang, les mains dégoulinantes de sueur, et le cerveau sens dessus dessous. Oui, Hotline Miami 2 est une épreuve à la fois physique et mentale, qui a vraiment pour ambition de vous pousser dans vos derniers retranchements. Tout particulièrement en hard mode. Mais il s’agit surtout de l’un des trucs les plus gratifiants qu’il soit.

Chose dont on ne se rend pas forcément compte immédiatement. La vraie magie de Hotline Miami opère au bout de quelques heures, lorsque vous vous rendez compte à 3h du mat que vous vous faites malmener depuis le début de la nuit, prit dans une transe folle qui pousse tous vos sens à saturation. Tu rentres, tu meurs, tu recommences. La mort est partout. Elle guette, tapie dans l’ombre, attendant patiemment à la pointe d’un couteau, au bout d’une barre de fer, ou bien cachée dans une cartouche qui n’attend que de traverser la pièce pour mettre fin à votre enchainement morbide. Après tout, plus le niveau est infaisable, plus la jouissance finale est grande. La musique s’intensifie, des synthés raclent dans tous les sens, les vocodeurs sont à bout de souffle, et sous un déferlement de basses, vous vous réveillez. De la victime, vous prenez les traits du bourreau. Vous défoncez la première porte, éclatez les dents du premier type contre le carrelage. Vous vous équipez de son couteau, et les carotides se mettent à virevolter, laissant s’exprimer vos démons intérieurs dans une grande symphonie rouge carmin. La violence est majestueuse, salvatrice, jubilatoire. Sous-fifres, gardes, chiens, blindés : ils y passeront tous, guidé par votre grande connaissance des niveaux appris à la dure, et la folie de la soundtrack signée Perturbator, Scattle, MOON ou encore Carpenter Brut. Le jeu est néanmoins loin d’être parfait, et on ne compte plus le nombre de fois où vous allez mourir à cause d’un bug, d’une visée foireuse, ou bien d’une balle sortie de nulle part. Mais au bout du compte, c’est aussi peut-être ce qui fait le charme de Hotline Miami. Un titre imprévisible et sacrément punitif, qui laisse toujours place à l’improvisation. Après réflexion, Jonatan Söderström et Dennis Wedin n’ont pas juste donné vie à l’une des plus grosses tueries numériques du moment. Ils ont créé un monstre.

Hotline Miami 2 - VERDICT

Par Yox le

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