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Gravity Rush, Remastered

329 ans après Isaac Newton

C’est bien connu, les succès d’estime ne riment pas forcément avec succès commercial. En attendant la sortie d’un second épisode conçu exclusivement pour la PS4, Gravity Rush se paie un lifting en bonne et due forme sur la console de salon de Sony. L’occasion de se rappeler que la plupart des meilleures idées de gameplay ne naissent pas en occident, mais au pays du soleil levant, là où la créativité a longtemps été étouffée par des bruits de couloirs malsains qui annonçaient la chute des terres natales du jeu vidéo. Non sans défaut, Gravity Rush est tout de même une petite leçon de concept et de level design pour tous ceux qui n’auraient pas compris que les jeux les plus efficaces reposent très souvent sur les idées les plus simples.

Comme toute histoire qui se respecte, celle de Gravity Rush s’ouvre sur l’apparition d’un chat. Il s’appellera Poussière, en référence au pelage spatial qu’il porte avec mystère et intérêt. Poussière n’est pas très bavard, et comme tous les animaux de son espèce il ne se laissera que très difficilement approcher. Néanmoins, pour une raison qui vous échappe, Poussière vous sera fidèle, Poussière vous suivra partout, Poussière sera le pilier de votre aventure. Poussière est unique en son genre : grâce à lui, Kat, l’héroïne de l’aventure, ersatz de Jason Bourne à la recherche de son identité, sera capable de contrôler la gravité et de voguer dans tous les sens possibles. Cette trouvaille de jouabilité est justifiée par un scénario apocalyptique : une tempête de gravité menace Hekseville, une cité flottante au creux des nuages où les inégalités sociales n’ont fait que prendre de la hauteur. Prophétesse malgré elle, Kat mettra ses compétences au service de la veuve et de l’orphelin, en plus de tout mettre en œuvre pour empêcher la fin de leur monde. Un récit à la construction en toute somme classique, mais qui offre son lot de révélations et surprises pour qui parviendra à adhérer à sa légèreté apparente. Là où Gravity Rush excelle, c’est dans la mise en place d’un gameplay qui ne fait écho à aucun autre et qui lui confère cette saveur unique : celle de ne pas avoir l’impression de jouer à quelque chose qui a déjà était fait auparavant.

Pour autant, si Gravity Rush est un exemple d’ingéniosité, c’est aussi un non-sens d’y jouer sur console de salon. Dans sa conception, dans sa narration sous forme de bande dessinée, dans la découverte de son monde ouvert, le titre de Sony invite le joueur à effectuer de courtes sessions, sur console portable, le temps d’un trajet par exemple. Sur PS Vita, le jeu était épanouissant puisqu’il s’imposait comme une prouesse technique, en plus d’un titre parfaitement adapté à la console nomade. Ôtez-lui cette dimension strictement pratique et Gravity Rush perd quelque peu de son intérêt. C’est le même problème qui touchait l’excellent Metal Gear Solid : Peace Walker. Les missions sont conçues de telle façon que le joueur est invité à les boucler en quelques dizaines de minutes. Cette édition Remastered s’adresse donc à ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de poser leur main sur une Playstation Vita ou ceux qui souhaiteraient redécouvrir un très bon jeu portable qui tutoie désormais les sacro-saints 60 frames par seconde. Le reste demeure inchangé : Gravity Rush profite toujours d’une direction artistique à couper le souffle, quand bien même sa réalisation a été conçue dans les limites techniques d’une console portable. L’efficacité du gameplay souffre des mêmes approximations que la version d’origine, et sous son accessibilité immédiate se cache un jeu qui nécessite plusieurs heures d’acharnement avant d’en maîtriser toutes les subtilités. En somme, Gravity Rush Remastered est surtout une bonne séance de rattrapage en attendant Gravity Rush 2, conçu exclusivement pour console de salon.

Gravity Rush REVIEW 02

Par Sholid le

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