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Fallout 4

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Personne ne pourra nier que le quatrième Fallout est avant tout une énorme ouverture dans le domaine aussi lisse que controversé du grand public. Pour certains, c’est un titre qui a mariné dans une énorme bassine de javel. Décoloré, chiant et sans saveur. Bien loin de l’aspect corrosif, et du cynisme ambiant des premiers épisodes à la fin des années 90. Bien loin également du scénario manichéen à crever de Fallout 3, ou des coups d’éclat de New Vegas. Ce serait une bêtise de le nier, Fallout 4 n’est pas aussi noir et rentre-dedans que ses prédécesseurs. Alors que la série brillait par son attrait pour les extrêmes, l’écriture de ce nouvel épisode est plus nuancée, et certainement plus subtile. Il n’y a pas de bien, de mal, de noir ni de blanc. Jusqu’à la dernière seconde du jeu, il est véritablement impossible de mettre un visage sur la vraie source du mal qui hante les terres désolées et radioactives du Commonwealth. La menace n’est jamais frontale. Elle est plus indirecte, vicieuse, et jamais où on ne l’attend. En ce sens, s’il est difficile d’affirmer qu’il s’agit du meilleur Fallout de la saga, c’est sans conteste celui qui se rapproche le plus des problématiques de notre monde actuel. Et c’est précisément ce qui en fait un jeu passionnant.

Le parti-pris initial du scénario n’est pas innocent. En choisissant d’incarner un héros de notre monde, plongé par les miracles de la cryogénisation dans les tréfonds d’une civilisation qui se déchire dans un paysage post-nucléaire, Bethesda pose d’entrée les bases de ce qui sera le fil rouge de Fallout 4 : la mise en abîme avec notre réalité. Un monde brisé, rempli de désespoir, dominé par différents leaders qui s’opposent et se déchirent, quitte à mettre en péril le bien commun. Au-delà du chaos qui règne de manière évidente, les tenants et les aboutissants de cet univers complexe ne se livrent pas du premier coup d’œil. Il faut creuser, fouiller, lire, écouter ce que les gens ont à dire, tirer le vrai du faux, et construire peu à peu votre opinion, qui ne sera certainement pas la même après 20 heures de jeu, 50, puis 100 et au-delà. Le jeu se compose de trois factions principales. Chacune d’elles a son mot à dire, sa vision de la vie, de l’avenir du Commonwealth et de l’humanité. Toutes ont de véritables arguments valables à défendre, et malgré le fait qu’on veuille pointer du doigt un grand méchant, vous ne tarderez pas à vous rendre compte qu’il n’y en a pas vraiment. Il y a de la haine, de l’incompréhension, et surtout de la peur dans tous les camps. Et c’est cette peur qui les pousse à commettre certains actes, qui engendrent inévitablement plus de chaos. Car chacune des factions est prête à prendre les armes, défendre ses idéaux, quitte à écraser l’adversité sans vergogne, et renier certains principes moraux sur le compte de la guerre. En tant que héros, il vous est possible d’influencer tous ces groupuscules, d’orienter la machine jusqu’à un certain point. Et c’est justement ce qui fâche. Fallout 4 aurait clairement pu aller plus loin. Par le passé, si vous vous amusiez à buter un personnage clé, c’est potentiellement toute une partie du jeu qui s’effondrait, et une dizaine de quêtes que vous ne verriez jamais. Aujourd’hui, la majorité des personnages importants sont tout simplement increvables, afin de ne surtout pas frustrer. Il n’y a rien de pire qu’un jeu qui veut prendre des pincettes avec son public. Depuis le début de la saga, Fallout est une histoire de choix, qui s’assument généralement jusqu’au bout. Abattre quelqu’un n’est pas une chose qui se prend à la légère, et en amputant cet aspect du jeu, même en partie, Bethesda renie l’un des aspects les plus jubilatoires de la série : un monde sans pitié où vous devez réfléchir à vos actes.

Néanmoins, Fallout 4 posera beaucoup de cas de conscience. Pas aussi directs que la cultissime mission de Megaton dans le troisième épisode, ou le droit de vie ou de mort sur la légion de Ceasar dans New Vegas, mais tout aussi passionnants. Le choix final est pessimiste au possible, à la limite du fataliste, et s’achève avec un sale goût dans la bouche, quoiqu’il arrive. Vous n’aurez pas une seule seconde l’impression de faire le bien, car malgré le fait qu’il y ait différentes conclusions, il n’y a pas de bonne fin, ni de mauvaise. Le concept de bien et de mal ne s’applique pas autant à Fallout 4 qu’avec ses prédécesseurs, et c’est ce qui a vallu au jeu la diatribe de certains par rapport à son écriture soi-disant sous naphtaline. Bien conscient que cette direction ne plairait pas à tous, Bethesda fait le choix de lisser les angles, d’être moins catégorique. Bien que très souvent acteur, le héros est aussi témoin. Très vite, il vient à intégrer les Miliciens, qui se révèlent être la quatrième faction du jeu. Mais à la différence des autres, ils n’ont ni aprioris moraux, ni idéaux extrémistes. Ils sont absolument neutres, et ont accepté l’idée que ce monde délabré était le leur, et qu’il était encore possible de le rendre meilleur. Tout au long de l’aventure, ils n’ont pour volonté que de réparer ce qui est brisé, en aidant ses survivants à tenir un jour de plus. Ce qui nous mène à la grosse nouveauté de ce Fallout : le craft. Une option facultative, mais qui participe pourtant tellement à l’immersion globale du titre, et l’attachement que vous vous faites de vos colonies, des gens que vous avez aidé, et du nouveau foyer que vous vous êtes construit. Après avoir passé des dizaines et des dizaines d’heures à l’améliorer, votre base pourrait presque rivaliser avec la plus grande ville du jeu. Un havre de paix que vous aurez plaisir à retrouver entre deux sessions d’exploration intense, car il y a de quoi faire. Après plus de 200 heures, je n’ai pas encore tout découvert. Mais j’ai été transporté dans des lieux fantastiques, sur une carte qui fourmille de détails, de récits, et de personnalités uniques. Jamais un gameplay n’avait été aussi nerveux, varié et jouissif dans l’histoire de la série. Le craft d’armes et d’armures assistées est monumental, et permet toutes les folies. Le bestiaire est effroyable, et le sentiment d’exploration perpétuel est galvanisant. Fallout 4 offre un monde ouvert fantastique, à la direction artistique totalement maîtrisée, qui verse largement dans le rétro-futuriste. La bande-son est géniale de bout en bout, et comme prévu, ce jeu avale les heures comme le pire des monstres chronophages, déterminé à flinguer votre vie sociale. Non seulement c’est un bon RPG, mais aussi, et surtout, c’est un Fallout plus qu’honorable.

Fallout 4 REVIEW 02

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Par Yox le

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