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Brothers, A Tale of Two Sons

Epopée Fraternelle

On entend souvent parler des facultés du jeu vidéo à se tourner de plus en plus vers le moyen de narration pur et dur. Un formidable vecteur qui a le pouvoir de distiller émotions, poésie et féerie aussi bien qu’un bon bouquin, voire un film ou un animé. Ce discours vous le connaissez, tout le monde vous a soulé avec, en évoquant notamment des jeux comme ICO, Journey, ou encore Okami. Poussés par le marché des jeux indés, de nombreux concepts très personnels fleurissent sur les plateformes de téléchargement. C’est le cas de Brothers, une épopée fraternelle et fantastique qui narre le périple de deux frères qui vont faire face aux dangers du monde.

BROMANCE

Dès les premières secondes, le décor est posé. Brothers n’est pas le genre de jeu qu’il est conseillé de mettre entre les mains d’un dépressif. Son univers fantastique aux traits simplistes tranche avec une histoire tout sauf joyeuse: celle de deux frères qui vont devoir franchir monts et vallées pour dénicher un remède qui sauvera la vie de leur père. Le premier enfant est frêle, la crinière blonde, le regard innocent, traumatisé par l’eau après avoir vu sa mère se noyer sous ses yeux. Le grand frère, lui, est plus fort, déterminé, et protecteur. Ensemble ils devront affronter tous les dangers d’un monde dépeint de manière tantôt positive, tantôt cruelle. La grosse particularité étant que c’est le joueur lui-même qui contrôle simultanément les deux frangins, chacun d’eux ne nécessitant pas plus qu’un joystick pour se déplacer, et une touche pour les interactions. En sommes de la coopération, mais tout seul, qui alterne entre exploration contemplative, plateforme synchronisée, et de nombreuses énigmes et autre puzzle dont la vraie (seule) difficulté réside dans une cohésion de mouvements à toute épreuve. Pas de combats, ni même d’action superflue: Brothers nous embarque un peu à l’instar d’un Journey, dans un périple 100% initiatique et diablement accrocheur.

CONTE DE FAITS

Accompagné par une bande-son immersive, le titre de Starbreeze réalisé avec le cinéaste Josef Fares ne s’embarrasse même pas de vrais dialogues. Et étrangement, le langage inconnu des différents protagonistes s’avère diablement universel. Résultat, on comprend instantanément les joies et les peines de ce duo qui semble tout droit venu d’un autre monde. Un monde féerique, où trolls, géants, hommes et créatures néfastes cohabitent dans une harmonie d’apparence passive. Loin de la corruption de notre monde de tous les jours, on se prend donc fatalement à s’attacher comme des gosses à ces êtres venus d’ailleurs, qui portent en leurs cœurs des fardeaux pourtant désespérément humains. L’immersion est à son comble lorsqu’on se retrouve à multiplier les interactions au premier abord futiles, comme jouer au ballon, taquiner un vieillard, ou aider des animaux en détresse. Des moments de répit, qui ponctuent avec brio une histoire aussi belle que triste, dont le dénouement bourré de sens peut-être comparé à une autre métaphore filée déguisée en jeu vidéo: celle de Papo & Yo, qui parlait de l’alcoolisme d’un père sous les traits d’un monstre attachant.

Si les 3 heures de jeux pour les 15 euros demandés peuvent s’avérer frêles, Brothers: A Tale of Two Sons reste un moment vidéoludique tout en délicatesse comme on en vois pas si souvent. Une expérience loin d’être parfaite, mais qui propose une démarche initiatique qui nous laisse après son final, absolument sans voix.

Brothers TOTS - VERDICT

Par Yox le

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