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Bloodborne

Du sang, de l'acier et des os

Il y a des jeux qui ruinent votre vie sociale, d’autres qui foutent votre dignité en miettes. Il y a aussi ceux qui s’attaquent à votre matériel, que ce soit une manette, un clavier, où un stick arcade à 200 balles. Et puis il y a ceux qui déglinguent les trois à la fois. En commençant Bloodborne, je savais qu’il y aurait de la casse. Le descendant des Souls, qui troque la direction artistique médiévale au contraste bloquée sur « sombre » contre un univers tout aussi flippant : celui d’une ville gothique pseudo-victorienne qui pue la crasse, infestée de cadavres et rongée de l’intérieur par l’hospitalité déplorable de ses habitants. Un lieu damné où la mort est à tous les coins de rue, et dans lequel on trouve naturellement plus d’églises que d’habitations. Le nouvel instrument de torture de From Software possède pourtant une aura étrange, qui vous pousse d’abord à mater un screen, puis une vidéo. Et voilà comment 70 euros plus tard vous vous retrouvez à vous faire saccager par ce que l’on retiendra probablement comme le délire le plus punitif, mais aussi le plus malsain de la Playstation 4.

Le truc avec Bloodborne, c’est que vous allez en redemander. Constamment. Ce jeu est une véritable pépite noire, maculée des éclaboussures rouge carmin d’un bon gros coup de poing dans un mur. C’est le genre de titre capable de stopper votre humble serviteur en pleine partie de Witcher 3, en me disant : tiens, ça fait longtemps que je ne me suis pas fait saccager par ce gros jeu d’enculé, et si j’allais m’en prendre plein la gueule une heure ou deux ? Parce que trop de choses vous sont dues dans la vie. Vous avez la dalle ? Allez au supermarché, ces enfoirés ont des viandes d’animaux que vous n’avez jamais vu en vrai. Vous vous êtes pété une jambe : pas de soucis, c’est l’hosto qui régale. Vous voulez finir le dernier Assassin’s Creed ? Pas de problème, vous n’avez qu’à appuyer sur X et regarder le perso escalader Notre-Dame tout seul, sereinement. Bloodborne n’est peut-être pas le jeu parfait, mais il a au moins l’intérêt de vous forcer à poser vos couilles sur cette maudite table, et à aller chercher par vous-même le mérite et le respect qui vous ai du. En commençant ce jeu, vous n’êtes plus rien. Une sombre merde qui se fait bouffer par un loup miteux, dans une infirmerie à l’hygiène plus que douteuse. Puis vous vous relevez, vous vous retrouvez face à ce même loup, et vous lui cassez la gueule comme il se doit. Et c’est là que tout commence. On pourrait aisément vous parler de cette direction artistique folle, de cette patte graphique franchement honorable, et de cet écrin à la fois malsain et fascinant qui vous pousse à en découvrir toujours plus.

Mais très honnêtement, ce qui va vraiment vous donner envie de saigner Bloodborne, c’est l’instinct de survie. Ce jeu n’est pas là pour vous serrer la pince et vous mettre une bonne tape dans le dos. Vous allez vous y reprendre, très souvent. Jusqu’à connaitre tous les niveaux par cœur. Vous allez prendre votre courage à deux mains en ouvrant cette porte douteuse, quitte à vous faire dépecer par un monstre sur-puissant qui n’attendez que de vous déchiqueter la carcasse, sagement tapis dans la pénombre. Vous le saurez pour la prochaine fois. Néanmoins, le nouveau bébé de From Software est plus intelligent que ses prédécesseurs. Le jeu ne vous tend pas la main, mais il ne vous décourage pas pour autant. Si les checkpoint se comptent sur les doigts d’une main, le level-design du jeu est suffisamment bien pensé pour que vous puissiez trouver des raccourcis, et de multiples embranchements qui vous forcent à ne pas constamment prendre le même chemin. La progression n’est plus aussi bête et méchante, et l’effet rébarbatif s’estompe suffisamment pour ne garder plus que le côté addictif. La substantifique moelle. Le gameplay ultra nerveux n’arrange d’ailleurs pas les choses. Là où les Souls privilégiaient la défense autant que l’esquive, Bloodborne s’est affranchi du bouclier au profit de la bonne vieille roulade. Il vous est également possible d’étourdir les ennemis au bon moment avec une arme. Et autant dire que vous allez en avoir besoin face au bestiaire démesurément fou de ce titre. En y réfléchissant bien, si vous avez une PS4, il vous est interdit de passer à côté de ce jeu.

Bloodborne - VERDICT

Par Yox le

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