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Call of Duty, Black Ops 3

De l'amour à la haine

On sait tous pertinemment que 95% des joueurs de Call of Duty se battent éperdument les reins du mode campagne. Mais Black Ops 3 partait tout de même avec une bonne idée de départ. Rien que le fait de proposer pour la première fois une campagne jouable en coopération à 4 faisait grimper le niveau d’attente d’un cran substantiel. Après plus de huit années intensives de bons et loyaux services, Activision s’est enfin décidé à faire entrer sa poule aux oeufs d’or dans la dimension 100% multijoueur. Quoi que vous fassiez sur Black Ops 3, il est possible de le faire avec un ou plusieurs de vos supers copains, oreillette en place, manette en main, prêt à en découdre dans la plus grande des fraternités. Ce qui est à n’en pas douter le véritable point fort de cette nouvelle purge annuelle. Partant du principe que vous passerez l’écrasante majorité du temps sur son mode compétitif en ligne, le Call of Duty nouveau est une franche réussite. Sincèrement. Mais son mode campagne, pourtant si plein d’espoir est véritablement la plus mauvaise blague de l’année.

On espérait secrètement une réflexion subtile sur le transhumanisme, le contrôle cérébral et les technologies invasives, savamment liée au sein d’une aventure blockbuster dystopique, qui n’oublie pas de casser des gueules et enfoncer des crânes. Hélas, tout ce qu’il reste de l’infâme campagne de Black Ops 3, c’est le sentiment amer d’avoir véritablement perdu six heures de votre vie. On se plaint souvent de la faible durée de vie des solos de Call of Duty. La vérité, c’est que celui de Black Ops 3 était déjà trop long au bout de 30 minutes de jeu. Ce ne sont pas tant les niveaux banals au possible, ou bien le gameplay ultra basique (mais efficace) qui ne prend pas une seule fois la peine de vraiment mettre en avant les nouvelles capacités futuristes du jeu. C’est bien le scénario surréaliste qui donne véritablement envie de se tirer une balle. Ce qui est d’autant plus frustrant, puisqu’il y avait énormément de choses à faire avec ce sujet passionnant, déjà si bien exploité dans un Deus Ex, ou bien dans le quatrième Metal Gear Solid. La vérité, c’est que le délire de Black Ops 3 va loin, très loin. Beaucoup trop loin. Loin au point de voir les scénaristes eux-mêmes se faire dépasser par les événements. Constamment perdu entre le virtuel et le réel, Black Ops 3 ne dépasse jamais le stade d’un Christopher Nolan vraiment, mais alors vraiment discount. Une vaste blague à la naphtaline, truffée de temps morts et qui cache son vide intersidéral sous des twists totalement improbables, et des explications interminables, faussement complexes, mais surtout chiantes à mourir. On passera sur les séquences en véhicule absolument immondes, qui perpétuent une grande tradition dans la saga. À croire que les mecs n’apprennent jamais vraiment de leurs erreurs. Alors que l’on boucle le pire solo de l’histoire des Call of Duty, on se dit qu’il est vraiment temps que les mecs de Treyarch reviennent aux fondamentaux.

Les bases, la fureur d’un vrai champ de bataille, sans lunettes hi-tech qui font apparaitre les ennemis en surbrillance. Revenir à une époque où Infinity Ward était capable de nous accoucher de missions comme celle à Tchernobyl dans Call of Duty 4. Absolument mythique. Plus que jamais, le trop est l’ennemi du mieux. Heureusement, la partie multijoueur n’est pas en reste. On est certes en territoire conquis, mais ce Black Ops 3 est (paradoxalement avec le solo), dans le haut du panier de tous les multijoueurs de l’histoire de la saga. Un titre furax, sans pitié, aux cartes visuelles géniales et superbement construites, qui (contrairement au solo) exploitent les nouvelles capacités de super-soldats. Courses murales, supers sauts et kills sous-marins sont légions, et promettent des moments d’anthologie. Le gameplay est diablement précis, nerveux au possible, et surtout, il est juste. Là où un Ghost bouffait allègrement la poussière, l’équilibrage de Black Ops 3 fait mouche, et tape dans le mille. Chacune des armes a ses avantages, ses inconvénients, ses sensations et sa propre marge de progression. Le niveau de personnalisation est d’ailleurs plus fou que jamais, que ce soit sur le plan visuel ou matériel. Tout ceci est au service d’un ascenseur émotionnel incroyable, qui vous propulse au rang de véritable héros l’espace de quelques instants, pour mieux vous ramener irrémédiablement à la grosse merde que vous avez toujours été, en vous trainant dans la boue de la pire des manières. Ce jeu est un exutoire de grande envergure, un défouloir brutal qui nous ramène tout droit à l’époque Romaine, excepté que les fiers gladiateurs sont désormais des minots de 13 piges, qui vous lamine allègrement la gueule en ponçant le jeu des week-ends entiers, jusqu’à devenir de véritables machines de guerres. C’est surtout ça, Call of Duty. Une belle histoire d’amour, et de haine.

BO3 REVIEW 02

Par Yox le

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