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Assassin’s Creed, Unity

Paris libérée, Paris divisée

Officiellement, Assassin’s Creed Unity est sorti le 13 novembre dernier. Officieusement, il aura fallu attendre jusqu’au 16 décembre pour mettre la main sur la version définitive du jeu, grâce à un patch corrigeant plusieurs faux pas techniques indigestes. Au-delà de ce ratage complet, Unity amorce un nouveau virage dans la série : celui de la nouvelle génération, celui de l’immaturité, celui d’une certaine jouissance mêlée à de l’incompréhension. Ce qui devient la norme pour la franchise d’Ubisoft commence à s’imposer comme un sérieux argument pour ne plus y succomber.

C’était l’épisode le plus attendu dans nos vertes contrées chauvines, et c’est sûrement celui qui aura suscité les commentaires les plus négatifs. Sans revenir sur les nombreuses débâcles du jeu, il est évident que Unity a été précipité, afin de satisfaire les calendriers fiscaux d’Ubisoft. Cependant, certaines erreur relèvent plus d’un manque de lucidité évident que d’une mauvaise maîtrise des consoles de nouvelle génération. Quand les studios d’Ubisoft choisissent de faire du jeu un titre cross plateforme à coup de Companion App et autres réseaux sociaux propres à l’éditeur français qui plantent une fois sur deux, le résultat est catastrophique. Quand ils choisissent de tout miser sur la réalisation du jeu, plutôt que sur la prise en main, la frustration accumulée par des épisodes rébarbatifs ne peut qu’exploser. La plus grande incohérence du jeu faisait partie des promesses initiales de Unity. Assassin’s Creed allait enfin devenir un véritable jeu d’infiltration. Fini les phases d’espionnage à la mords-moi le nœud, planqué derrière un poteau de trois centimètres de largeur à deux mètres d’une cible qui ne vous remarque pas une seule fois. Unity se devait d’être fluide, d’offrir les armes nécessaires pour agir dans l’ombre. Après tout, c’est la promesse du premier épisode qu’il s’agissait de tenir. Pourtant, une fois la manette en main, force est de constater qu’on est en présence d’une ébauche d’un système d’infiltration qui aurait pu (et dû) balayer d’une traite toutes les redites de la série. C’est sûr, il est désormais possible de s’accroupir, d’effectuer un assassinat tout en étant caché derrière un obstacle. Le problème, c’est que ces idées de gameplay ont une génération de retard, et qu’elles se paient en plus le luxe d’être mal exécutée.

Malgré tout, j’ai retourné Unity dans tous les sens du terme. Allant jusqu’à ouvrir le moindre coffre que le jeu mettait à ma disposition. Pourquoi ? Parce qu’Assassin’s Creed Unity offre des sensations de liberté et de découvertes totalement grisantes. Parce qu’il est agréable de vagabonder au gré des rues de Paris, parsemées d’incohérences historiques en tout genre. Parce qu’à défaut d’être parfait, le free-run sur les toits de la capitale française est l’une des plus grandes réussites du jeu. Parce que les missions secondaires ne se contentaient plus seulement de m’ordonner d’aller égorger un PNJ insignifiant. Parce que le jeu foisonne d’activités diverses et variées. Parce que la sensation de progresser au fur et à mesure est bel et bien présente. Parce que la coopération est plus jouissive que le PVP d’antan. Tout simplement parce que Unity n’est pas si mauvais que ce que la polémique tente de nous faire croire. En choisissant de se recentrer sur l’essence de la série (à savoir les assassinats) le titre d’Ubisoft effectue un premier pas vers la rédemption. Il ne leur reste plus qu’à créer un héros qui ne soit pas qu’un ersatz d’Ezio Auditore, une intelligence artificielle plus maline qu’un mollusque, une histoire plus palpitante qu’un téléfilm allemand et un scénario contemporain qui progresse, au lieu d’offrir une scène finale qui se paie la tête du joueur. Si vous faites partie de ceux qui n’attendent plus rien de la licence, ce nouvel épisode ne sera pas celui de la réconciliation. A contrario, si vous faites partie de ceux chez qui la flamme est bel et bien toujours présente, Unity dispose encore de quelques arguments pour que vous y succombiez. On doute cependant être aussi clément avec le prochain épisode. Du moins, si il ne se remet pas sérieusement en question.

ACU TEST - VERDICT

Crédit image (modifiée), Prerak Rawat. Retrouvez l’originale et toutes les créations de l’artiste indiens sur sa page perso.

Par Sholid le

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