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Une période orbitale plus tard, les mêmes sont au rendez-vous. C’est l’histoire de l’éternel recommencement, celle qui récolte toutes les critiques et toutes les méfiances. C’est l’histoire de la capitalisation d’une bonne idée, de son étirement et de sa rupture annoncée. C’est l’histoire d’Assassin’s Creed, licence qui a tutoyé l’excellence au terme de son second épisode et qui n’a cessé de fournir des jeux honnêtes qui ont troqué leur âme sur un autel de billets lisses. Le plus énervant, c’est qu’en mettant de côté toutes ces considérations économiques et politiques, Syndicate s’avère être un bon jeu, piqué de défauts et de redites en tout genre, mais un titre sympathique qui est aussi difficile à défendre qu’à conseiller.

Imaginons un instant que Syndicate soit un jeu à part entière, expié de tous les crimes de lassitude et d’opportunisme perpétrés par ses prédécesseurs. En tant que simple œuvre culturelle, le titre d’Ubisoft avance des qualités indéniables. L’immersion proposée à travers la reconstruction du Londres de la fin du 19e siècle est absolument réjouissante. Certes, ce travail titanesque paie les frais de délais de production réduits, avec une réalisation qui souffle le chaud et le froid. Mais force est de constater qu’année après année, les équipes en charge de développer la licence Assassin’s Creed réussissent le tour de force de changer de période, de ville et d’insuffler un sentiment de vie constant à ce nouvel environnement. La principale nouveauté de cette année, honteusement dissimulée sur la jaquette du jeu, c’est la possibilité d’incarner deux personnages : Jacob et Evie Frye, deux frères et sœurs donc. Jacob Frye est un nouvel aveu d’échec de la part des scénaristes en charge de concevoir les personnages principaux, puisqu’il ne fait que recycler les traits de caractère du célèbre Ezio, exactement comme l’insipide Arno de l’épisode Unity. Ironie du sort, c’est lui qui est mis en avant dans la campagne marketing du jeu. Pourtant, le personnage qui transcende toutes les attentes est placardé en tant qu’élément secondaire, agissant dans l’ombre de son frère. Evie Frye est la véritable réussite de cet épisode. Une réussite qui passe par la formation d’un protagoniste relativement classique, ce qui en fait justement dans ce contexte culturel un succès. Aucune volonté d’hypersexualisation, aucune démarche romantico-tragique, tout juste le titre sème les graines d’une romance banale. Le résultat, c’est une héroïne brutale, intelligente et déterminée qui vole la vedette au héros mis en avant.

Maintenant, si on considère Syndicate comme la nouvelle itération d’une licence qui en est déjà à son neuvième épisode, les choses se compliquent. À bout de souffle, en bout de courses, les scénaristes semblent ne plus avoir grand-chose à dire si ce n’est recycler les mêmes ingrédients. Assassins contre Templiers : la formule est tellement usée qu’elle ne parvient plus à surprendre. Le pire reste le traitement accordé à notre dimension contemporaine, avec des bribes de péripéties qui n’ont plus grand intérêt. Depuis la fin de l’arc consacré à Desmond dans Assassin’s Creed 3, la licence semble se répéter indéfiniment, à l’image de ses mécaniques de gameplay qui offrent toujours les mêmes frustrations. L’ajout d’un grappin n’apporte pas grand-chose, si ce n’est une réponse logique aux problématiques d’agrandissements des rues, puisqu’il est désormais possible de conduire des voitures. Toutes ces nouveautés ne permettent pas d’effacer ces automatismes de grimpes qui n’obéissent définitivement pas au doigt et à l’œil. En règle général, si une mission échoue, si infiltration ratée il y a, vous pouvez vous en prendre au jeu et vous laver de tout soupçon : ce n’est pas votre faute ! Reste, et il faut bien l’avouer, des missions d’assassinats bien ficelés, qui renouent avec l’esprit du premier épisode. Le contenu gargantuesque du jeu ne ravira que les ogres, adeptes des complétions à 100%. Le commun des mortels se contentera du plus intéressant, à savoir les missions principales, secondaires ou encore les Penny Dreadfuls, ces meurtres à résoudre en activant quelques neurones. Dans ses grandes lignes, Syndicate corrige une grande partie des éléments négatifs de Unity, sans pour autant parvenir à renouveler une formule qui ne passionne définitivement plus. Reste un jeu qui ne vole ni votre temps, ni votre argent, encore moins l’intérêt que vous pourrez y consacrer dans un futur où Assassin’s Creed ne serait plus qu’un lointain souvenir.

AC Syndicate - REVIEW 02

Par Sholid le

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