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C’était en 2007. Ubisoft lançait officiellement sa machine à imprimer des billets de toutes les couleurs. Toutes les promesses n’étaient pas tenues, les frustrations étaient à la hauteur des ambitions et pourtant. L’éditeur venait assurément de conquérir le cœur des joueurs. Les épisodes s’enchainent, les bonnes idées confèrent une aura dorée à la licence, les faux pas déchirent les fans, alors même que la marque s’annualise, sans l’ombre d’un fébrilement. Sept ans plus tard, Assassin’s Creed fait ses adieux à ses terres natales avec Rogue, un épisode qui concilie tout ce que la série sait faire de mieux, comme de pire.

Assassin’s Creed Rogue
est un oxymore. Le credo des assassins, ce code de conduite qui guide chaque héros de la saga depuis le premier épisode, est l’objet d’une révolte chez Shay Patrick Cormac. Lui qui semble plus traumatisé par le tremblement de terre de Lisbonne que Victor Hugo ne le fut en son temps. C’est suffisant pour le transformer en mouton noir, celui qui osera remettre en question les quêtes de ses compères le temps d’une aventure. La suite ne mérite pas vraiment d’être racontée. Le charismatique bougre devient templier par la force des choses et accepte de décimer l’intégralité de son ancienne clique. Le postulat est intéressant, pour ne pas dire inédit dans la série. Mais il n’est que trop peu mis en avant. La faute à des commandes et des idées de gameplay qui appartiennent au credo des assassins. Si le jeu avait pour ambition de démontrer que la limite morale et technique des deux factions est très fine (pour ne pas dire invisible), alors le pari est relevé avec brio. Sauf qu’il est malheureusement impossible de ne pas se dire une seule fois que cette limite n’est qu’une excuse à la paresse, au recyclage d’idées qui sont bonnes, mais qui ne donnent jamais la sensation d’incarner un véritable templier. La déception est de taille, car la série s’efforce d’effacer ce dualisme manichéen depuis plusieurs épisodes. Mais par manque de moyens (et par la volonté de capitaliser sur une licence qui doit vendre des millions de galettes chaque année), Assassin’s Creed Rogue n’est qu’un Assassin’s Creed de plus, une redite vendue comme un épisode inédit. En toute somme, une bête à pognon.

Sans surprise à l’horizon, il ne reste plus qu’apprécier les plats réchauffés de la veille. Les batailles navales, c’est cool. L’exploration, c’est cool. Le loot, c’est cool. La campagne solo, c’est cool. De ce fait, tout est cool. Mais c’est aussi sacrément vide. Les missions secondaires n’ont aucune âme, et leur inutilité est poussée au paroxysme. À moins d’être un fan chevronné de la série, les chances que vous vous fassiez royalement chier devant le jeu sont extrêmement élevées. Et ce n’est pas le terrain de jeu glacé de l’atlantique du nord qui justifiera un investissement élevé. Le fan qui est en moi n’a pas hésité une seule seconde à retourner le jeu dans tous les sens, car il faut bien avouer que si vous avez l’âme d’un explorateur, Rogue est des plus réjouissants. Encore faut-il accepter de passer outre une maniabilité capricieuse qui a définitivement fait son temps. En fait, il faut accepter de passer outre tous les défauts de la série pour soutirer un quelconque plaisir à ce nouvel épisode. Tous ces faux pas sont regrettables, il ne se passe pas une seule seconde sans que l’on se dise qu’Ubisoft est passé à côté de quelque chose. Un potentiel d’une grande puissance. Le titre a au moins le mérite d’offrir quelques séquences assez sympathiques dans les locaux d’Abstergo, et surtout de faire le lien avec Unity : l’épisode nouvelle génération que tout le monde attendait.

AC Rogue - VERDICT

Crédit image (modifiée), Hebus.

Par Sholid le

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