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Après une poignée d’épisodes décevants sensés tenir le planning impossible d’un volet par an, on commençait sérieusement à se demander quels stratagèmes ou autre twist temporel les équipes d’Ubisoft allaient bien pouvoir nous sortir pour justifier un épisode de plus. La réponse sonne comme une évidence, presque trop facile: la société Abstergo peut désormais explorer sans distinctions l’ADN de n’importe quel sujet donné, et revivre la vie de ses ancêtres. En gros, les développeurs annoncent clairement qu’ils feront autant de jeux qu’ils le veulent, au rythme qu’ils veulent, à la période qu’ils veulent, et avec le héros qu’ils veulent. Et cette année, les assassins hissent le drapeau noir. Direction les caraïbes, le rhum, la poudre à canon et les joies de la piraterie.

MARIN D’EAU DOUCE

On en était presque venu à oublier la formule magique d’un bon Assassin’s Creed. Pourtant il y a un an, AC3 se chargeait de nous rafraichir la mémoire de la plus belle des manières: un monde gigantesque, un scénario initiatique prenant, des batailles navales surpuissantes et la guerre d’indépendance en toile de fond. Clairement de quoi renouer une histoire d’amour déchue avec la série. C’est sur cette base que Black Flag décide de jeter l’ancre, dans les pas du grand-père paternel du héros précédant. Edward Kenway est un pirate pur et dur, il a un bateau, un équipage, et il traine avec Barbe Noire lui-même. En somme un type plutôt badass, mais pas plus sanguinaire que ça, dont la volonté de fer est dédiée aux coffres d’or… et c’est à peu près tout. En clair, on ne parle pas du gars le plus passionnant de l’histoire. À ce titre, il suffit de voir la scène finale pour comprendre que le scénario est loin d’être la préoccupation principale du jeu. Un peu à l’image de ces passages dans le présent, aussi sympathiques qu’anecdotiques. Concrètement, on sent que ça va partir en couille, on attend que ça parte en couille, on les supplie pour que ça parte en couille, on a même cette constante impression que le jeu peu à tout moment basculer dans une sorte de trip portal-bis. Mais rien. On en ressort la queue entre les jambes, sans pour autant être dégouté de cette soupe qui manque de manière assez paradoxale, cruellement de sel.

HOT SHIP

Si on en vient souvent à se questionner sur la qualité scénaristique du titre, c’est la quantité gargantuesque de Black Flag qui se charge d’ensevelir nos doutes, avec un raz de marée de quêtes annexes et autres missions secrètes. Il est loin le temps ou la grimpette et l’espionnage constituaient la grande partie du temps libre d’un assassin. Si on continue à se plaindre de ces commandes semi-automatiques dans l’ensemble assez abusives, le choix entre plus d’une quinzaine d’activités différentes dissipe rapidement cette déconvenue. Assassinats, grimpette, prise de forts, recherche de trésors, exploration de La Havane, pêche au gros, et surtout: batailles navales sont au programme ! Perdu en pleine mer, les mains vissées à la barre du Jackdaw, l’impression de liberté est grisante. Elle est même envahissante, déconcertante, et ne laisse qu’une seule question à la bouche: par où commencer ? Et c’est bien là que réside le point essentiel qui fait le succès de Black Flag. Vous êtes enfin libre. Libre de mener une vie de pirate comme bon vous semble. Libre de couler toute une frégate à l’aide de votre ligne de 25 canons, libre d’écumer les sept mers et d’en piller tous les navires pour renforcer le vôtre. Libre de voguer ou bon vous semble, accompagnés du bruit des vagues qui s’écrasent sur la coque, du vent qui gonfle vos toiles, et de quelques chants pirates entamés par votre équipage. À ce stade nous ne sommes plus dans le simple jeu, c’est carrément un rêve de gosse.

On a beau leur en vouloir d’avoir ringardisé le scénario science-fiction autrefois brillant, d’avoir abandonné un temps les histoires de conspirations et de guerre intergénérationnelle, ou bien d’avoir réduit les villes autrefois grandioses à l’état de simples camps pirates, Black Flag parle de lui-même: c’est un sacré bon jeu. Ni plus, ni moins.

AC4 - VERDICT

Par Yox le

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