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Another World

20 ans plus tard

Quand Another World a vu le jour pour la première fois, l’humanité venait à peine de rentrer dans les 90’s. Le tout premier jeu Sonic sortait des cartons, et la scène vidéoludique n’avait strictement rien à voir avec ce que l’on connait aujourd’hui. Pourtant, beaucoup se souviennent encore du jeu d’Éric Chahi. Peut-être à cause de son aura cinématographique, de ses nombreux mystères, ou bien de son ambiance si particulière. Brumeuse, nocturne et étrangère. Quoi qu’il en soit, Another World fait résolument parti des noms auquel ont peut apposer les mots « Chef-d’œuvre » sans qu’il y ait besoin de discuter derrière. Ce qui constitue un prétexte plus que valable pour au moins considérer une virée dans ce monde aussi fascinant qu’impitoyable.

Un soir d’orage tumultueux, le jeune chercheur Lester Chaykin se rend dans son laboratoire souterrain au volant de sa Testarossa noire. Sereinement, il initialise une expérience sur son accélérateur de particules. Mais les événements tournent mal, la foudre frappe, et le physicien est propulsé dans un nouveau monde. Un lieu méconnu où le danger guette, gardé par des humanoïdes hostiles et des créatures mortelles. Voilà une introduction qui fait résolument partie des plus mythiques du jeu vidéo. Mieux, elle est intemporelle. Vingt-trois ans plus tard, le charme demeure intact, et l’expérience plus que jamais d’actualité. Si le produit d’origine reste l’œuvre d’un seul homme, les actualisations techniques et graphiques qui ont été faites au fil des années sont le fruit de différents artistes, dont les travaux restent remarquables à plus d’un titre. À l’image de beaucoup de remakes HD (comme celui du récent shooter R-type Dimensions par exemple), il est donc possible de repasser sur la version originale de Another World à tout moment. On prend d’ailleurs un malin plaisir à se jouer de l’épreuve du temps d’une simple touche, en switchant entre les versions de 1991 et de 2014. Rassurez-vous, dans les deux cas l’immersion est au rendez-vous, pour ne pas dire totale. Car c’est bien là l’immense point fort du titre, au-delà de son côté vintage et de son scénario dépouillé qui laisse libre court à toute forme d’interprétation.

Accompagné par une bande-son discrète qui sait se faire entendre quand il le faut, le joueur arpente librement les méandres de ce monde inconnu où l’on doit tout réapprendre, et qui possède ses propres règles. Il n’y a d’ailleurs pas de tutoriel, ni d’indications à l’écran qui viendraient nous rappeler que l’on est dans un jeu vidéo. Tout s’apprend en essayant. Au-delà de la difficulté d’usage pour l’époque, le jeu fait également appel à un principe de die’n’retry assez précurseur. Tout ceux qui ont déjà joué à Another World ont déjà périt dès le début du jeu, noyé au fond du lac dans lequel on apparait. Puis tout le monde a réussi à sortir, pour ensuite mourir honteusement sur une petite chenille minuscule qui empoisonne le héros instantanément. La marge de progression : voilà ce qui rend très vite accroc à Another World. À regarder de plus près, il aurait très bien pu faire partie de la vague de jeux indépendants qui frappe en ce moment, souvent minimalistes aux ambiances très personnelles (comme Thomas Was Alone ou le récent Transistor par exemple). D’où le fait qu’il soit dans l’aire du temps, encore plus que lors du premier remake pour le quinzième anniversaire. Concrètement, on ne retrouve ici pas grand-chose de plus que lors de la réédition précédente : la durée de vie est un peu ridicule, et le prix un peu élevé. Mais à côté de ça, l’expérience fait office d’incontournable, artistiquement très cohérente, dégageant une aura indescriptible à la fois fascinante et vénéneuse. Comme son nom l’indique, c’est un autre monde. Tout simplement.

Another World - VERDICT

Par Yox le

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