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Ma toute première run sur Resident Evil 4 était cauchemardesque. Sincèrement, en y repensant des années plus tard, je me rends compte que ce jeu m’a littéralement victimisé durant mon adolescence. Rien que le prologue annonçait déjà la couleur : perdu dans un village poisseux aux confins de l’Espagne, aux commandes d’un Léon traqué par une bande de rebuts avec des fourches qui semblent ne pas avoir quitté la maison familiale depuis 6 générations, où on fornique copieusement avec la voisine, la cousine, la mère et la sœur parce qu’il n’y a que ça en stock. Je me demandais où j’avais bien pu foutre les pieds, et surtout ce qui avait bien pu arriver au jeu d’horreur le plus prisé de cette bonne vielle PSone.

Après réflexion, j’ai réalisé que la saga Resident Evil n’est en réalité qu’une succession d’accidents, de remises en question et de posages de couilles monumentaux. Dans le domaine de l’art, on dit souvent que la destruction fait partie de la création. Qu’il faut savoir de temps à autres faire table rase. Éclater à grands coups de masse des années de travaux, de succès et de certitudes. Tout remettre en question, quitte à mettre sur les rotules des millions de fans qui ne demandaient que l’opportunité de se plonger à nouveau dans les mécaniques qui ont fait le succès de trois épisodes mémorables. En presque 20 ans d’existence, on peut dire que la saga horrifique de Capcom a multiplié les coups d’éclat, mais aussi les épisodes moins inspirés, voire carrément médiocres. Alors qu’est-ce qui fait que l’on se rappelle de Resident Evil 4 comme l’une de ces grandes fulgurances, près de 10 ans après sa sortie européenne ? Certains diront que c’est l’épisode du début de la fin. La première pierre qui a menée au décevant Resident Evil 6. Ce qui est certain, c’est que Resident Evil 4 est aujourd’hui encore un monstre d’horreur. Un titre né presque par accident, qui a tout simplement engendré un nouveau modèle.

Un jeu qui n’aurait jamais dû exister


On ne fera pas l’apologie du développement chaotique du jeu, qui s’est étalé sur plus de 5 ans, et qui a été plusieurs fois repris de zéro. On ne parlera pas non plus des déboires entre Capcom et Shinji Mikami, le créateur de la série trahi par le géant japonnait lorsque Capcom prit la décision de casser l’exclusivité Gamecube. Mikami est un véritable génie du mal. On aura beau dire, la réussite de la saga tient avant tout sur ses épaules. Et plus particulièrement sur son imagination morbide sans limites. Il suffit de prendre The Evil Within : ce jeu est un condensé de toutes les idées les plus atroces qu’un seul homme puisse avoir. À vrai dire, il y a tellement de trucs tordus, que le jeu en perd toute cohérence. Heureusement, la cohérence n’est pas vraiment la qualité première recherchée dans un jeu d’horreur. Elle est néanmoins bien présente dans ce Resident Evil 4, qui offre un scénario dans le fond assez terre-à-terre.

Exit les zombies


Un simple récit de la propagation d’un nouveau virus. Un parasite pour être plus préçis, qui utilise enveloppe humaine comme hôte. Ce qui là encore, constitue une énorme révolution dans la série, qui met clairement de côté les zombies. Des créatures que l’on pensait alors indissociables de Resident Evil. Je me rappelle encore du choc initial. Les Plagas sont plus rapides, plus fourbes, ils communiquent entre eux et balancent des insultes en espagnol. En plus, ils savent ouvrir les portes. Et si ce n’est pas la porte, c’est la fenêtre. Ils vous traquent jusqu’à ce que mort s’ensuive. Je me revois encore courir comme un poulet sans tête avec mon 9mm dégueulasse, traqué par un type avec un sac sur la gueule et une tronçonneuse. Le traumatisme. D’autant plus que je ne connaissais rien du jeu. Comme aujourd’hui, j’essaye de m’épargner un maximum d’infos sur les titres que je vais me faire. J’aime bien débarquer vierge de toutes connaissances. Innocent, dénué du moindre savoir concret sur ce qui va m’attendre. Et j’ai été servi.

Une nouvelle maniabilité


Tout ce que je savais, c’était que la maniabilité avait changé pour une vue à l’épaule plus orientée action, et que le jeu était une tuerie. Et comme il y avait écrit Resident Evil sur la boite, j’ai allongé les thunes. Normal. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu que le jeu se passait majoritairement à l’extérieur. Pourtant, les équipes du jeu ont réussi à faire d’un environnement dégagé une atmosphère encore plus claustrophobiques qu’avant, comme plombé par un épais voile de brume qui pue la mort. Les décors suintaient le mal ambiant. C’était franchement glaçant, tout comme ces boss complètement surréalistes que l’on n’aurait jamais pu soupçonner. Del Lago le monstre du lac, El Gigante… on pourrait continuer comme ça longtemps. Repartir dans une branlette nostalgique sur le château lugubre, sur la secte des Illuminados, sur la rencontre avec Ada ou bien sur l’horreur de la troisième partie du jeu. Mais le mieux, c’est encore de remettre le CD dans la console. Dix ans plus tard, on attend encore désespérément un nouveau coup d’éclat de Capcom. Plus que jamais, la saga Resident Evil a besoin de se réinventer.

RE4 - NEWS01

Par Yox le

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