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Le genre post-apocalyptique n’est pas de nature à s’épuiser. La pop-culture n’en finit plus de mettre en scène la fin de la civilisation. Elle prend un malin plaisir d’utiliser la coquille dévastée de notre présent, donnant vie à des univers perchés quelque part entre le provocateur, le dépressif et le totalement nihiliste. Comme beaucoup de jeux/films/séries/comics avant lui, Rage 2 nous pose une question essentielle : quoi de plus fascinant que l’échec cuisant de notre ordre mondial ?

Où se trouve la ligne entre le fictif et le prémonitoire ? Notre société fonce droit dans le mur. C’est un fait. Je le sais, vous le savez, et on ne peut pas y faire grand-chose. Face à ce constat délétère, la culture semble (encore et toujours) faire office de catharsis. Jouer à Rage 2, c’est aussi une manière se s’approprier un phénomène qui nous échappe. Une façon détournée d’anticiper le pire, tout en démembrant une bande de punk renégats à grands coups de fusil à pompe.

La subtilité avant tout / Crédits : Bethesda

Face au déclin évident, Rage 2 prend le parti de la dérision. L’humanité est flinguée depuis bien longtemps, alors autant se marrer un bon coup en perpétrant un génocide dans ses décombres. Notre glorieuse civilisation s’est écoulée sous son propre poids, dévorée de l’intérieur par des politiciens corrompus et des entrepreneurs avides. Et histoire d’enfoncer le clou, le jeu commence par la destruction pure et simple de votre colonie : le dernier bastion de liberté, dévasté par une oppression redoutable. Vous vous réveillez dans une base en ruines, au milieu d’un monde en ruines, à la tête d’une armée en ruines. Plus de manipulation, plus de langue de bois, tout ce qu’il reste du genre humain s’étripe sauvagement dans les étendues désertiques du Wasteland. Il ne vous reste rien, sauf le goût de la vengeance. Soutenus par le studio précurseur d’ID Software (créateurs de Quake et Doom), les talents d’Avalanche Studios ont su injecter à Rage 2 toute l’expérience et la folie qu’ils avaient déjà déployées sur l’adaptation (plutôt cool) de Mad Max en 2015. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les dégâts sont au rendez-vous. Porté par un scénario volontairement nanaresque, Rage 2 semble assumer chaque seconde son statut de défouloir revendiqué.

Killing machine / Crédits : Bethesda

Tout est là pour vous permettre d’optimiser votre carnage dans les meilleures conditions. Les têtes explosent à l’unisson, les déplacements sont vifs, et les exécutions sont d’un rare niveau de sauvagerie. Dans l’architecture de son aventure, comme dans son bestiaire, Rage 2 ne mise clairement pas sur sa diversité. Mais après quelques dizaines d’heures passées dans son univers, ce n’est finalement jamais un problème. Ce jeu n’a peut-être pas les qualités d’un indispensable, mais il a l’honnêteté de ses prétentions. Il ne cherche pas à vous dépayser ni à vous faire vivre une aventure hors norme. Ces personnages sont pathétiques, son scénario est rachitique, mais voilà le truc : sa prise en main est redoutable. Son corps à corps est expéditif. Son fusil à pompe est d’une atrocité sans nom. Question de rapidité : vous avez déjà vu la dépouille d’un type décapité se propulser à l’autre bout d’une pièce après un coup de feu ? Dans Rage 2, vous risquez de voir ça toutes les 45 secondes. Mieux, vous risquez de FAIRE ça toutes les 45 secondes. On vous le disait en préambule, le monde est à l’article de la mort. Il n’y a plus rien à sauver. Alors, autant en finir avec lui sous une pluie de viscères.

La conduite façon Motorstorm a pris un sale coup… / Crédits : Bethesda

Par Yox le

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