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« Reculer pour mieux sauter ». C’était, en substance, notre pensée lorsqu’en 2019 PlayStation avait annoncé que, pour la première fois de son histoire (soit 24 ans tout de même), aucune conférence ne serait donnée lors de cet E3. Manqué, PlayStation a officiellement annoncé qu’il ne participerait pas à la grande fête du jeu vidéo cette année non plus.

« Après une évaluation approfondie, Sony Interactive Entertainment a décidé de ne pas participer à l’E3 2020 ». Sony a connu ses heures de gloire comme les plus sombres à l’E3. Présent depuis la toute première édition du salon, la firme a marqué son histoire comme personne. De ses débuts révolutionnaires, avec la présentation bluffante de la première PlayStation, au triste souvenir des débuts de la PS3 et sa manette en croissant argentée a.k.a « le boomerang » en 2005 : PlayStation a tout vécu dans les allées du plus grand salon du jeu vidéo à Los Angeles. Et si ces dernières années sont pleines de réussites (surtout après une conférence à l’E3 2013 qui avait mis la Xbox One et son système douteux de DRM à genoux) Sony quitte un navire dont il était l’un des capitaines.

Une stratégie de recul

Un navire qui semble prendre l’eau depuis quelques éditions. Même si l’événement génère toujours plus de bruit, il faut reconnaître que tout le monde prend ses distances. Emboîtant le pas à Nintendo qui a depuis longtemps troqué ses conférences contre des Nintendo directs devenus la norme, PlayStation change radicalement de mode de communication. Il ne reste que Xbox qui s’accroche à l’événement en nous présentant de belles choses devant un parterre de journalistes/influenceurs, offrant par la même occasion les seuls instants vraiment « breathtaking » de l’E3. Ajoutons à cela un PC Gaming show passable, une conférence Bethesda qui nous rappelle seulement la triste existence de Fallout 76, Yves Guillemot qui exhibe avec fierté le patrimoine breton d’Ubisoft et l’indescriptible conférence de Devolver. L’un dans l’autre, l’E3 n’a définitivement plus la même saveur qu’il y a 5 ans. Noyé dans un flot incessant de news, il n’est pas difficile de suivre l’événement, mais impossible de l’apprécier correctement, tant les annonces chocs se cannibalisent les unes les autres sur une poignées de jours. Voilà pourquoi le retrait de Sony est une bonne nouvelle : en étalant les annonces dans le temps, il sera plus facile d’apprécier l’ampleur des révélations et des jeux présentés.

Vers une présentation dédiée


Sony semble donc s’extirper de la fosse de ce grand festival où les corps s’écrasent dans un joyeux wall of death dont personne ne ressort plus vivant qu’avant. La firme maîtrise plus que jamais sa communication. Un logo pour la PlayStation 5 ? Pas de problème, il est dévoilé lors du CES, en marge de tout, et devient la photo gaming la plus liké de l’histoire d’Instagram. Sony distille l’information, les différents leaks alimentent déjà son succès, et les petites miettes font toutes grand bruit. Une chose est sûre : la PlayStation 5 aura droit à sa grande présentation, le tout est de savoir quand, mais surtout comment. Un événement dédié à la presse ? Un PlayStation Meeting colossal pour chauffer les milliers de fans à blanc ? Un direct vidéo convenu, mais tellement dans l’air du temps ? Définitivement, tout est possible. On se rappelle qu’en 2013, Sony avait présenté dans un premier temps la manette de la PlayStation 4, suscitant pas mal de réactions, avant de montrer quatre mois plus tard la console sur scène, en direct de l’E3. Là encore, impossible de cerner la stratégie du constructeur, qui (comme Microsoft) n’aura donc pas non plus de stand à l’E3. Définitivement désacralisé depuis 2016 (et son ouverture partielle au public), l’E3 rentre dans un modèle qui le rapproche inéluctablement de la Gamescom ou de la Paris Games Week, se tournant vers les consommateurs plutôt que les professionnels, en détruisant peu à peu ce qui faisait de lui l’événement incontournable de l’industrie. En ce qui concerne la révélation de la PlayStation 5, le mystère reste donc entier.

Par Tombe-Stone le

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