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Ça faisait environ une dizaine d’heures qu’on écumait les rues dévastées de Washington post-pandémie. Et tout ça pour quoi ? Des clopinettes. Pas une seule arme correcte trouvée en chemin. Juste quelques flingues obsolètes qui font aussi mal que des airsofts, et une poignée de gilets pare-balles bas de gamme. Sans être rentré bredouille, le butin du jour ne paye pas de mine.

Ce n’est pas avec ce genre de babioles qu’on risque de déloger les raclures qui ont transformé le Capitole en forteresse. Téméraires, on se dit qu’il est temps d’explorer les Dark Zone : ces sections mises sous quarantaine, où on peut dénicher les meilleures pétoires et équipements de Division 2. Et parce qu’un bonheur n’arrive jamais seul, c’est aussi la seule section du jeu où d’autres joueurs (inconnus) peuvent venir vous chercher des noises. Les ennemis sont plus forts, mais la récompense est meilleure : aux grands maux les grands remèdes. Lâché par un coéquipier frileux, je me lance seul dans la terrible zone de non-droit. Au détour d’une rue, je tombe sur un type qui n’en mène pas large. Son armure est basse, il est acculé par un gang. Le bougre est comme moi : seul dans un océan d’hostilité. Bon an mal an, je décide de lui prêter main-forte. Après quelques minutes de survie partagée, on devient les meilleurs amis du monde. Jusqu’au moment où je tombe enfin sur le Graal : ce putain de fusil sniper de haute qualité que je cherche depuis le début.

Les portes de l’enfer… / Crédits : Ubisoft

Soudainement, une petite sacoche jaune apparaît à ma hanche. Le comportement de mon partenaire change. Il prend un air menaçant, fixe ma besace d’un air obsédé. Il sait que j’ai trouvé un truc. Il a beau me faire coucou et multiplier les interactions amicales, je sais pertinemment qu’il sait. Deux solutions : il peut décider de rester réglo, où bien vriller à chaque instant, piller ma dépouille, et s’extraire de la zone avec le sniper de mes rêves. Dans le doute, je décide de prendre la tangente. Le type n’est pas net, et je préfère mon cul loin de sa mitrailleuse lourde. Problème, le gus me suit comme un pot de colle. Il veut faire ami ami, mais je sais exactement ce qui l’intéresse vraiment. Dos au mur, je tente le tout pour le tout : un sprint en bonne et due forme. Alors que mon ex-collègue est à plus de 200 mètres, ce qui devait arriver arriva : le type me colle une balle dans le dos. Je décide de ne pas répliquer, et je continue ma route. Quelques minutes plus tard, devinez qui je retrouve en train de se vider de son sang comme un minable ? Le fameux gus. Solidaire, je décide une nouvelle fois d’intervenir. Je sors le type de la merde, vise la tête d’un de ses opposants. Le duel est hardcore : les ennemis de la zone déconnent zéro, et celui-ci est particulièrement robuste. Touché, je reste à couvert, juste le temps d’ouvrir une trousse de soins. J’ai à peine le temps de voir le canon de mon soi-disant collègue se tourner vers moi : cette espèce d’enflure vient terminer le boulot. Je suis à terre, et le type avec qui je trace ma route depuis une demi-heure vient de m’assassiner froidement. Il m’achève d’une balle dans la gueule, et se tire avec mon fusil.

Un monde sans foi ni loi / Crédits : Ubisoft

J’étais vulnérable, et il en a profité. C’est l’essence même de la Dark Zone, où les couteaux plantés dans le dos sont aussi fréquents que les armes aux statistiques légendaires. C’est moche, c’est violent, et tout le monde y va pour la même chose : du loot. Les Dark Zone représentent parfaitement ce qui peut se passer dans le monde réel : c’est la loi de la jungle, et chaque type croisé est un allié ou une menace potentielle. Ils peuvent vous aider à tirer le meilleur du butin, ou bien vous saigner à quelques mètres de l’arrivée. Ils peuvent se jeter dans la mêlée à vos côtés, ou bien vous regarder crever, planqués au loin comme des lâches. C’était déjà le centre de l’attention dans le premier volet de The Division : ce qui transformait ce classique shooter coopératif en une expérience plus riche, plus vicieuse aussi. Cette fois-ci, il n’y a pas une, mais trois Dark Zones. Plus petites, plus serrées, elles proposent une approche compacte de la survie. Et puisque les créateurs du jeu ne sont pas des monstres, ils ont pensé à ajuster quelques détails. En tête de liste : les statistiques de vos armes sont « normalisées » dès que vous entrez dans ces zones sous quarantaine, afin de rendre le combat équitable avec les autres joueurs. Ça ne se joue plus à celui qui a le plus gros flingue, mais bien celui qui a la plus grosse maîtrise. Dans un sens, c’est effectivement plus réglo. Et si vous n’êtes pas du genre fleur bleue, que vous voulez voir vos statistiques peser dans le game, et que vous n’avez pas peur du friendly fire, les Dark Zones « Occupées » retrouvent toute la saveur, le stress et la cruauté de ce mode emblématique. Le seul où vous êtes ouvertement autorisé à être un cancer ambulant.

Une balle dans le dos n’est jamais bien loin / Crédits : Ubisoft

Il y a du temps à tuer sur The Division. Des dizaines d’heures à cramer, le fusil à la main, y compris en dehors des Dark Zone. Disons que le jeu condense plus ou moins tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un shooter coopératif à l’heure actuelle. La gestion des niveaux, du butin et de l’équipement est parfaite. Les missions sont diablement fun, et même les défis annexes ne donnent pas l’impression d’être des objectifs facultatifs. Tout est rythmé, peaufiné, travaillé, et dieu sait qu’on aurait rêvé de pouvoir en dire autant sur Anthem (voir S!CK #009 / P54). Même une fois terminé, The Division prend une envergure folle. Les derniers raids envoient du lourd, une nouvelle faction de brutasse vient gangrener les rues de la ville, et un système de classes fait même son apparition. Un minimum pour vous farcir des ennemis toujours plus retors, qui finissent presque toujours par vous contourner. Ils se planquent, s’organisent, se soignent entre eux. On a du blindé, du kamikaze, du lance-flamme ou même du grenadier. Il y a en suffisamment pour que vous n’ayez pas envie de lâcher l’affaire. Le pire c’est que manette en main, on est pourtant sur un shoot and cover ultra lambda, à la limite du rigide. Mis à part l’utilisation originale des gadgets (drones mitrailleurs, mines à têtes chercheuses, boucliers…) le jeu de Massive Entertainment prône le classicisme extrême. Mais voilà le truc : ça fonctionne.

La contemplation du chaos… / Crédits : Ubisoft

Même la direction artistique de Washington part pourtant d’une extrapolation très simple : plus de 6 mois auparavant, une épidémie a explosé à New York. Une sale histoire de billets contaminés mis en circulation le jour du Black Friday. Comme une traînée de poudre, le virus s’est répandu sur toute la côte Est. Et si le scénario (presque inexistant) de cette suite peine à rendre justice au cadre, les ruines de la capitale américaine sont quant à elles un testament parfait des événements traumatiques vécus. On parle d’inondations, de routes éventrées, d’animaux de compagnie abandonnés qui traînent dans les rues, de cadavres empilés et brûlés dans des cimetières de fortune, avion écrasé, sans oublier les panoramas classiques de nature qui reprend ses droits. Même la Maison-Blanche s’est transformée en avant-poste géant. C’est ce qu’on appelle du storytelling contextuel, c’est inspiré du cinéma, et d’autres sagas comme Fallout (voir S!CK #007 / P62) le font déjà très bien. Alors ok, personne n’est venu ici pour voir le paysage, mais il est ici chargé de significations. Bien plus que le scénario, qui se contente à peine de gratter la surface. C’est triste à dire, mais les meilleurs éléments de l’univers de Division 2 ne se trouvent pas dans Division 2, ou alors planqués dans des enregistrements que personne n’écoute (on pense à ces différentes factions aux motivations très différentes). Sur ce plan, les comics qui accompagnent la sortie sont plus riches que le jeu lui-même. C’est dommage, car il y a clairement un truc à creuser, notamment sur la vitesse ahurissante à laquelle toute notre civilisation peut basculer. Mais ce n’est pas le coeur de Division 2. Le coeur de Division 2, ce sont les interaction entre humains, perdues quelque-part entre l’entraide et la cruauté. Sur ce, on retourne en Dark Zone. Il y a un sniper de haute qualité avec mon nom dessus.

EXTRAIT DE S!CK #009 – Le numéro Jackie Chan
Vous pouvez découvrir le sommaire complet de ce numéro. Et pour recevoir la bête directement chez vous, c’est par ici.

Par Yox le

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