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Curiosité vidéoludique de cette fin d’année, Concrete Genie vient se loger entre les traditionnels blockbusters attendus de pied ferme, comme une promesse de fraicheur et d’évasion. Suffisamment à la marge pour apparaitre comme indispensable, on a pris le temps de s’évader dans les rues de Denska aux cotés de Ash, histoire de voir si le jeu de PixelOpus avait assez d’arguments pour apporter sa touche personnelle à un tableau déjà bien rempli.

Concrete Genie nous place aux côtés du jeune Ash, artiste au coup de pinceau remarquable, qui contemple avec tristesse et nostalgie les rues de Denska. Autrefois plein de vie, ce petit port de pêche a fait face à une catastrophe écologique majeure, finissant de plonger ses artères dans un mal se nourrissant des pensées négatives qui le rongeaient déjà. Si la population a déserté Denska, un groupe d’ados désemparés s’en sert comme terrain de jeu. En croisant le chemin de Ash, le groupe s’en prend violemment à notre héros, lui arrachant des mains le carnet de croquis contenant toutes ses œuvres, qui vont se retrouver dispersées un peu partout dans la ville. De cette mésaventure, notre histoire peut réellement commencer.

« L’art sauvera le monde ». Concrete Genie est la promesse de chasser le laid par le beau, de faire appel à votre imagination pour redonner vie à un monde en perdition. Une fois son scénario exposé, le jeu place entre vos mains votre arme de création. Un pinceau magique qui répond brillamment aux mouvements de votre manette, vous permettant de réaliser votre première fresque mais surtout de donner vie à votre tout premier génie. D’un seul trait, vous pouvez juger de la forme et de la taille de votre nouveau meilleur ami. Vous pourrez même lui ajouter quelques attributs, histoire de le rendre plus spécial et attachant. Après tout, la créature sera amenée à vous suivre le long des murs que vous vous apprêtez à couvrir de peinture, et même à interagir avec vos œuvres. Avec quelques motifs en poche et votre génie, les rues de Denska défilent et s’embellissent sous vos yeux, au rythme des coups de pinceaux que vous choisissez d’y appliquer. Une chose est sûre, le résultat sera difficilement décevant. Le jeu emploie suffisamment d’artifices pour que vous vous extasiez devant votre œuvre en quasi toutes circonstances.

Quand bien même votre seule action aura été de barbouiller trois lignes, une boucle et d’y ajouter un soleil, tout a suffisamment été travaillé pour que le résultat de l’ensemble soit convaincant. On s’amuse à planter une forêt de sapins, ajouter un ciel étoilé, quelques herbes hautes au sol et un feu de camp en plein centre et ni une ni deux : les subtiles animations au sein de votre œuvre finissent de vous transporter dans une autre dimension. Ces moments de création sont rarement solitaires. Vous serez régulièrement amenés à devoir répondre aux sollicitation de votre génie, afin qu’il vous aide à progresser dans le jeu, ou tout simplement pour le rendre heureux.

Concrete Genie parvient donc brillamment à remplir son postulat de départ: faire de vous un artiste hors pair avec trois fois rien. Malgré cela, pendant les six heures de jeu que l’aventure propose, vous serez amenés à faire bien plus qu’un travail de peintre en bâtiment. Alternant séquences de plate-forme, quelques puzzles oubliables et même des combats dans son dernier chapitre, Concrete Genie boucle son scenario et son concept dans la foulée. Une fois les 48 motifs de peinture en votre possession (et que la plupart des murs de Denska vous ont déjà servi de toile) les raisons de retourner sur le jeu sont quasiment nulles. Reste alors le mode peinture libre, si vous tenez véritablement à continuer à créer de œuvres que vous pourrez capturer et partager avec le reste du monde. Mais bien malheureusement, revoir éternellement les mêmes motifs prendre vie sous nos yeux finit par créer ce manque d’intérêt. Concrete Genie est en définitive une prise de risque honorable pour son développeur PixelOpus. Si la (courte) aventure est d’une esthétique remarquable et que sa prise en main est largement satisfaisante, on regrettera un léger manque d’ambition qui aurait rapproché le jeu du statut d’incontournable. Mais qu’importe, pour moitié moins cher qu’un jeu AAA, Sony offre là aux possesseurs de PlayStation 4 l’occasion de s’évader, le temps de quelques sessions. Gageons que la licence Concrete Genie a un avenir, et que son concept nous réserve encore bien des émerveillements.

Par Tombe-Stone le

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